Tinder : l’application qui rend barjo

Moi à l’assaut de la populace tinderienne

D’après les chiffres de l’INSEE, environ 7 personnes sur 10 sont sur taindé. Ok, je viens de l’inventer, mais t’y a cru. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu connais plus de potes qui ont l’appli d’installée sur leur smartphone (en première page souvent) que le contraire. C’est coolos, c’est funny, bref c’est la boîte de chocolats parfois périmés de Forrest Gump : tu sais jamais sur quoi tu vas tomber.

Moi et mes potes quand on compare nos plus belles prises

Tinder, ce monde merveilleux (lolilol)
D’abord, tu ris beaucoup. Que ça soit quand tu reçois le superlike de Pierre-André-qui-fait-peur-dans-sa salle-de-bain sous lumière jaunâtre avec sa chaîne en argent (et gros plan sur ses cheveux plein de gel si tu es chanceuse) aux screenshots que tu partages allègrement avec tes potes façon contrebande de cartes Panini à la récré. Mais Tinder, c’est surtout des chouettes rencontres que tu n’aurais jamais pu faire autrement. Grâce à la petite flamme j’ai ainsi pu, entre autres : prendre un bain de minuit avec un Espagnol, faire une session peinture avec un neuropsychiatre, me balader à Madrid avec un Vénézuelien, découvrir le Kansas avec un Palestinien (???), rencontrer Bastien et Charles (devenus d’excellents potes), faire un dîner Erasmus avec un Syrien, etc (liste non exhaustive). Bref, autant dire que Tinder, question roulette russe, ça se pose là.

Tellement moi (et toi aussi)

Tinder, je t’aime moi non plus
Non mais Tinder je l’ai désinstallé, ça m’a soulé. Ça prend trop de temps, faut faire la discussion et tout, et puis il n’y a que des cassos. J’ai laissé tomber, j’ai pas la tête à ça en ce moment. J’ai pas besoin d’une appli pour rencontrer des gens. Je préfère sortir. 100% des gens qui ont déclaré ces propos m’ont envoyé une semaine plus tard « j’ai un rencard avec ce mec Tinder samedi prochain, mais je sais pas trop… t’en pense quoi ? ». Ce que j’en pense ? Que tu es comme tout le monde. Tantôt tu t’auto-saoule avec ta détermination à trouver une pépite d’or à force de remuer la vase, tantôt tu te dandine les pupilles dilatées devant ce mec digne d’une publicité Invictus. Finalement, le résultat est le même : tu finiras toujours par swiper machinalement en matant Netflix, à lever les yeux au ciel à chaque « hey ! » et à glousser quand, au bout du compte, quelqu’un arrive à te sortir une blague pas trop dégueu. Parce que c’est plus fort que toi, tu jetteras toujours un oeil à l’appli lorsque tu es dans une nouvelle ville (pour une étude sociologique officiellement, pour jauger le potentiel de la faune officieusement).

Ma vision de Tinder

Tinder, champion du monde de la frustration géographique
Juillet et août, ces mois formidables où tout le monde se balade à droite à gauche avec sa puce son GPS Tinder allumé. Et vas-y que je flashe sur le sublime Thibault-à-3km un jour, Thibault-à-300km le lendemain (RTT expirés, retour à l’open-space parisien obligé). De même, entre les touristes de passage (coucou Paris et Nice), les trop beaux partis (coucou les business traveller) et les bagpackers (coucou les pics de randonnées en Amérique du Sud), pas facile de cibler le bon gibier. Si en plus de cela on souligne le fait que Tinder c’est 87% de matière grasse (traduction : les mecs qui veulent que des plans fesses), autant dire que tu as tout intérêt à avoir la patience d’un moine bouddhiste. C’est ainsi qu’en toute innocence je me suis rendue jeudi dernier à un Tinder date à Nantes. J’avais pourtant pris soin de passer le terrain au peigne fin : Alphonse, prof d’histoire sans histoires, mais surtout sans photos de voyages. Début de soirée : Alphonse m’apprend qu’il vit à Dunkerque et qu’il rêve d’être prof à l’étranger. Fin de soirée : on est scotché façon vieux couple qui se connaît depuis toujours. FAIL.

Le stalking et moi (si j’avais une moustache)

Tinder, ce nouvel outil pour stalker
Après un week-end main dans la main à Nantes, Alphonse part en Écosse, prochaine étape de ses vacances avant la rentrée. Les « au revoir » sont dignes d’un film romantique. J’ai le coeur gros, lui aussi. Le début d’une belle histoire ? Les jours passent et monsieur le prof m’envoie des sms. Joie et espoir : même à 900 km il pense à moi. Du coup, je vais sur son profil Tinder pour zieuter sa frimousse. Mais mais… il a modifié sa bio ? Ok il a rajouté trois pauvres mots mais… qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu’il a modifié ses photos aussi ? Pourquoi prend-il la peine de garder contact avec moi si c’est pour chasser en terre de Mel Gibson ? Bien sûr je me suis bien gardé de partager cette info gênante sur l’homme-de-ma-vie-qui-s’ignore (traduction : j’ai envoyé un message groupé à tous mes potes pour comprendre le pourquoi du comment). Résultats des courses, la moitié d’entre eux me conseille de l’oublier quand l’autre moitié m’incite à mettre les pieds dans le plat et lui demander ce qu’on est. Quelque chose me dit que pour le stalking ou pour la chasse, ma liaison est Tinder n’est pas finie. Affaire à suivre…

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… d’accepter son âge

Non non aucune identification, je ne sais pas de quoi vous parlez

« De 20 ans à 30 ans. C’est la période où toute ta vie se décide ». Je me rappelle encore ce jour où un ami m’a dit ça. Sur le coup, cette petite phrase m’avait fait pas mal réfléchir. Même si en soi, elle résume le même discours qu’on nous martèle depuis qu’on est venu au monde : « Arrête de te plaindre, tu es dans la meilleure période de ta vie (la jeunesse), profite ! ». Consciente de ça, j’en ai profité (j’en profite ?).

Une définition de la « jeunesse »
Question chiffres, c’est pourtant bien vague. À partir de quand, dans les faits divers par exemple, faut-il écrire « une femme victime de… » et non pas « une jeune femme victime de… » ? Jusqu’à quel âge peut-on parler de « jeune maman » ? Passe-t-on directement au stade « vieillesse » une fois passée « la jeunesse » ? Et puis d’un point de vue beaucoup plus philosophique, jusqu’à quand pourrais-je porter des crop top et des jupes (un poil) trop courtes sans qu’on ricane sur mon passage ?

Moi quand je regarde mes grosses cernes de vioque dans le miroir

Le choc des 27 ans
20 ans. Le seul et vrai cap dans la vie qui marque le début des festivités (les 18 ans sont un leurre). Je papillonne joyeusement entre mes histoires de coeur et un avenir professionnel bordé de rêves. 25 ans. Fraîchement diplômée, j’évolue à Paris. J’encaisse mes premières désillusions, et ce, à tous les niveaux de ma vie. Pourtant, la fameuse crise du quart de siècle ne me frappe pas : j’en ai sous le capot. 27 ans. Je suis submergé. Pour la première fois de mon existence, je ressens la vitesse vertigineuse des 7 années qui se sont écoulées. J’ai l’angoisse au ventre devant tous mes échecs. Ma vie va de mal en pis : pas de boulot (je suis retournée vivre chez mes parents), plus d’appart, pas de mec. Bref, je suis en PLS. J’ai qu’une envie : m’ouvrir les veines et les badigeonner de javel. Je me sens comme un sachet de gruyère à peine ouvert et verdoyant avant l’heure (de péremption).

L’angoisse de l’âge
Je développe des névroses digne d’un film de Shyamalan. Je checke systématiquement (ou presque) l’âge des nouveaux acteurs/actrices à succès ou des gens en croisant les doigts mentalement pour qu’ils soient plus jeunes que moi (ou du même âge). La panacée ? Quand je découvre qu’une actrice carrément swag est un peu plus vieille. Et puis il y a tous ces films où les protagonistes, dans la trentaine, un peu looser mais attachants, s’épanouissent malgré leur grand âge. La preuve que ma vie n’est pas finie et qu’il suffit de LA rencontre, quelques secondes, pour ne pas finir vieille-folle-aux-chats-jusqu’à-crevaison. En attendant, j’évite de demander l’âge des gens en soirée comme avant. Par crainte d’un « et toi ? », vous l’aurez compris (réconfort ceci dit, je ne suis pas tombée dans le mortifère « tu me donnes quel âge hi hi ? »). Quant à sortir avec un mec plus jeune, inutile d’y penser, même s’il n’est question que de quelques mois (raisonnement de vieille conne t’as vu). Reste que rien n’est plus rassurant qu’une discussion avec un collègue de galère du même âge, essayant, lui aussi bien péniblement, de trouver les bonnes pièces au puzzle de sa vie. Un peu comme lorsqu’à l’école on te distribue une sale note mais que ouf, tu n’as pas la pire note de la classe.

L’horloge biologique : tic… tac… tic…
Chacun son choc. Perso, c’est quand j’ai su que j’allais être marraine du premier enfant de mon frère (30 ans), fiancé à une nana plus jeune que moi (bon d’accord de 7 mois). Un bombe qui m’a rappelé l’épisode des 30 ans de Rachel dans Friends. Déprimée, Rachel réalise que niveau timing elle a interêt à rencontrer l’homme de sa vie maintenant là tout de suite si elle veut concrétiser ses plans de vie : se marier avant d’avoir ses trois enfants. Ironie du sort, me voilà en 2017 à me poser la même question. Car oui, moi aussi je veux me marier et avoir trois mouflets. Problème : si on additionne ma situation géographique instable (en lien avec une reconversion professionnelle en zigzag) à la phobie viscérale des hommes à vouloir s’engager, autant dire que j’ai encore beaucoup de nuits à regarder le plafond devant moi.

Quand je réfléchis à la dimension inexorable du temps qui passe (grosse ambiance)

Oublier les échecs, valoriser les expériences
Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dis que j’avais le choix : ruminer sur mes regrets, mes échecs, m’écrouler sous le poids des « et si… ? » (« Et si j’avais choisi ces études-ci plutôt que celles-là ? » ; « Et si je n’avais pas perdu autant de temps avec ce type ? »). Ou accepter quelque chose que je ne peux de toute façon pas changer : mon âge. Ok, je ne suis pas là ou j’aurai aimé être dans ma vie. Mais est-ce que j’ai perdu mon temps pour autant ? Certes, j’ai passé 3 ans et demi dans une relation toxique. Mais je n’ai jamais autant appris sur moi-même que durant cette période-là. Certes, j’ai vécu la pire expérience de ma vie professionnelle sur la Côte d’Azur. Mais j’ai aussi réalisé un rêve : participer au Festival de Cannes. J’ai vécu dans 3 villes, j’ai réalisé 3 merveilleux voyages en solo aux USA, je me suis fais des nouveaux amis. Mieux que ça : j’ai relevé des challenges et je me suis étonnée moi-même.

Quand j’essaye de faire taire mes angoisses intérieures (manière douce)

Accepter le temps qui passe
Bref, ça va beaucoup mieux et je suis très heureuse, allez, bonne journée ! évitons les bullshit, accepter le temps qui passe, ménager ses frustrations, ses échecs et le chou est un travail personnel de tous les jours. Certains jours j’y arrive, d’autres pas. Dans tous les cas, je reste 7 jours sur 7 convaincue d’une chose : lutter contre une angoisse (son âge) mobilise négativement une énergie qui pourrait être utiliser dans quelque chose de plus constructif (comme apprendre le point de croix PTDR). Reste cette prière de la Sérénité de Marc-Aurèle (utilisée chez les Alcooliques Anonymes soit dit en passant) qui m’inspire au jour le jour : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence. » Amen.

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… de gérer son appétit

« Peinture morte de ma vie sexuelle », huile sur toile, 2017. France.

Si tu as ouvert cet article dans l’espoir d’y trouver des astuces bikini et autres tips coupe-faim, rassures-toi, tu as bien fait. Puisqu’on va parler gestion d’appétit sexuel (déso pas déso), ou comment ne pas devenir zinzin qu’on tu as une fourmilière qui te chatouille le bas des reins (prix de la poésie contemporaine 2017).

État des lieux (image non contractuelle)

La Honte et la Faim (prix Goncourt)
La Prude que je suis (et oui faut pas croire) se dandine toujours un peu, mal à l’aise, quand mes hormones commencent à crier famine. Et quand je réalise que ça fait « seulement » 1 mois que je n’ai pas ravitailler la bête du Gévaudan (qui a décrété que ça devait être un petit animal mignon ?), j’ai littéralement eu envie de cacher mon visage dans mes mains. C’est plus fort que moi : je me sens sluty, horny, voire carrément sale d’avoir de telles envies, surtout quand mon projet sentimental (trouver l’homme de ma vie – je suis une fille modeste) ne colle pas forcément avec le dessein de la Bête, qui, elle, a juste envie de frotti-frotta, de danser collé-serré avec un petit camarade sur du Francky Vincent.

Un Tinder guy avec des potatoes et un McFlurry SVP
Pour beaucoup, le période de « vaches maigres » n’existe pas. Ma foi, si toutes ces appli de fast food sexuel (poke Tinder) existent, c’est bien pour remédier à la faim (sexuelle) dans le monde non ? Certes. Sauf que l’idée d’échanger ses fluides corporels avec le premier venu (plaisir d’offrir), de coller ses muqueuses à celles d’un parfait inconnu ne m’émoustille pas des masses, désir volcanique ou pas. Parader en tenue d’Eve, exposer ses petits boutons d’épilation foireuse, faire gigoter sa peau d’orange ou encore s’asseoir sur le visage de « Manu-32 ans-à-3-km-de-vous » ne m’excite pas davantage. En clair, je fais partie de ces femmes qui ont besoin de confiance pour faire crac-crac mais surtout pour s’accrocher aux rideaux.

Me: I want to wait my soul mate, to make love with my person
Also me: fuck a Tinder guy

Le conflits d’intérêts de la zone génito-cérébral (selon Bernard-Henri Lévy)
Cerveau VS hormones. La guerre ouverte. »On commence toujours par convoiter ce qu’on a sous les yeux » dit Hannibal Lecteur dans le Silence des Agneaux. Vrai. C’est fou comme ce cher Charles (que j’ai friendzoné il y a quelques mois alors que j’étais repus) me parait attirant ce soir. Mmmh… j’en ferais bien mon quatre heures. Non. Oui. NON. Et son torse ? Tu as vu son torse ? Est-ce qu’il est vraiment attirant ou est-ce que ce sont les hormones qui parlent ? Le manque, c’est comme l’alcool. Ça rend tout le monde plus beau, plus désirable, ça file des parasites à mon radar. Du coup, tous les individus masculins semblent naturellement parés d’un beau filtre Instagram, même si en réalité on est plus proche du filtre Snapchat un peu dégueu.

Ne me juge pas Oprah stp

La tentation de reprendre un vieux sex friend
Il est là, tout chaud, tout près, il n’attend que ça. C’est confortable comme le vieux pyjama en pilou-pilou de chez Papa et Maman. Problème : tu as travaillé des semaines et des semaines à « revirginiser » votre relation branlante, convaincue de pouvoir transformer en pote un sexfriend qui n’attend qu’une chose : être en couple avec toi (relation malsaine bonjour). Cerveau VS hormones, round 2. Que faire ? Utiliser ce « bon copain » pour assouvir un besoin physique (mais faire taire sa conscience être une lady et le prévenir avant) ou jouer la carte de l’élégance, soit renoncer à cette « main » tendue par peur d’entretenir l’espoir chez le pauvre garçon ?

Moi quand j’essaye de distraire la bête du Gévaudan

Se faire l’amour à soi
Pour l’instant je n’ai pas céder aux hurlements déchirants de la Bête. En prude effarouchée que je suis, je m’auto-médique, ou plutôt je mise sur la solution placebo : l’amour propre (au littéral comme au figuré). C’est beau comme du Romantisme du XVIIIème siècle, même si en vrai, je rêve plus de Saderies en bonne et dû forme. De nature généreuse, je (me) donne sans attendre en retour, 7 jours sur 7, certaine de ne pas être déçue de la marchandise, et ça vaut le coup : orgasme garanti en moins de 10 minutes (pour 9 femmes sur 10, test clinique). Qui dis mieux ?

Love,

Une fille perchée

J’ai testé pour vous… se faire ghoster

PTDR tu l’as ?

Je ne me suis jamais fais ghoster. Du moins, à ma connaissance. Jamais un garçon (peut-on encore employer le mot « homme » à notre époque, avec toutes les exigences qu’implique un tel mot ? NON) ne m’a volontairement ignoré, se faisant passer pour complètement mort, rayé de la Terre. Non, jamais un être à trois jambes ne s’est mis, du jour au lendemain, à ne plus répondre à mes textos, mails, feignant délibérément à l’autre bout de la chaîne virtuelle de ne pas voir mes tentatives d’établir un contact. Jusqu’aujourd’hui.

Je ne parle pas du ghost mineur. Celui qui consiste à rompre assez naturellement le contact avec quelqu’un avec qui on a rien vécu, mis à part peut-être un (voire deux) rencards sans saveur. Je ne parle pas non plus de ce mec Tinder avec qui on a discuté deux-trois jours sur WhatsApp’ (« Quoi de prévu ce week-end ? », « T’as passé une bonne journée ? » ; idée de réponse cadeau : « j’ai eu un chtit incident menstruel, je vais devoir passer la soirée à rattraper le fond de ma petite culotte MDR mais à part ça, ça va, et toi ? »).

Non je parle du ghost, du vrai, du brutal, du méchant, du sec, sans vaseline, celui qui sort de nulle part et qui t’atteris du jour au lendemain sur la tronche sans symptôme. Bref, le ghost qui a remplacé « la rupture », en plus fourbe, plus lâche. Pire que le « faut qu’on parle » envoyé par sms avec un point à la fin, pire que la casse par texto en 50 caractères. Pire.

« On me vois, on ne me vois plus »

Les règles du ghost
Tout est régit par des règles tacites, subtiles ou non. Les relations sex friends (on couche ensemble MAIS…), les rencards Tinder (l’heure de courtoisie n’est-ce pas ?)… Mais le ghosting ? Quels sont les codes ? Peut-on ghoster à égalité partenaire d’une nuit, rencard, copain attitré, copain-sans-étiquette-même-si-on-aimerait ? À quel moment cette façon polie de passer par la porte de derrière sur la pointe des pieds se transforme-t-elle en manque de respect total, manifeste scandaleux d’une mauvaise éducation ?

Moi quand je peaufine mon angle d’attaque

De la passion au ghost
L’Espagnol et moi. 3 mois. Une passion brute. De celle qui laisse des traces de doigts sur les murs blancs et qui teste ton sens de l’orientation à retrouver ton string sale, quand tu ne l’oublies pas CARRÉMENT chez lui (ce moment où tu repasses l’éventail Pantone dans ta tête, toi même tu sais). Mais pas que. Cette relation c’était surtout de l’attachement et beaucoup d’espoirs. Un peu comme un placement financier (pour cause, le monsieur préparait un concours de médecine tu vois quoi). On se voit seulement une fois par semaine. Surtout chez lui. Surtout la nuit (JE SAIS). Mais je fais des pieds et des mains pour transformer le mot »relation » en « couple ». Je m’arme de patience. Je peaufine mon attitude de fille sympatoche, sexy, drôle, souriante, pas chiante (« tu m’envoies un texto tous les deux jours ? Toutafé, aucun problème *insérer un smiley coolos* »). En bonne copine soumise, je joue la fille conciliante. La technique marche. Les semaines s’enquillent. L’homme parait ravi, ne me trouve qu’un seul défaut (« tu n’en as aucun ! » *rire enregistré*) et panique à l’idée que je me lasse. Victoire. Et après un petit-déjeuner préparé par ses soins et un « au revoir » des plus communs, le ghost. Et ouais.

Une idée du ghost

Anticiper le ghost
Se faire ghoster par quelqu’un à qui on est attaché, avec qui on avait des rêves voire des sentiments, c’est comme se faire jeter un sceau de vomi à la face. On ne pensait pas que ça puisse nous arriver à jour. Et puis, passée la période drama queen, on rembobine le film. Sans verser dans l’auto-flagellation, on se dit que « ouais quand même, un mec qui s’arrange pour te voir que le soir et t’envoie des news seulement 3 fois par semaine, c’est pas hyper engageant ». Cette relation, c’était un peu mon film d’horreur à moi. Tu sais – BORDEL – qu’il ne faut pas aller explorer la cave toute seule à 23h59 avec un briquet. Tu sais qu’il ne faut pas charbonner à transformer un plan fesse emballé dans de jolis mots en relation, mais YOLO t’essaies quand même, parce que t’es une ouf dans ta tête. Et que t’es différente des autres filles (NON). Pas pour rien que le ghost est un gimmick de film d’horreur… (tu l’as ?).

Love.

Une fille perchée.

Ces vérités qu’on aurait aimé connaître plus tôt

Non mes pieds ne s’habitueront jamais aux chaussures à talons (et vice-versa) et non la douleur ne partira pas au bout de 10 minutes de promenade. À côté de ces petites vérités artificielles qui rythment notre vie, il y a les vraies, les grandes, celles qui comptent, bref, celles qui concernent ces êtres à trois jambes qui pourrissent pimentent notre vie : les hommes. L’amour… Parce que j’aurai aimé savoir à 20 ans ces vérités dont j’ai conscience à 27 ans.

Non, attendre pour coucher ensemble ne rendra pas la relation plus sérieuse
Un débat vieux comme le monde. Pour beaucoup coucher le premier soir revient à se coller l’étiquette « fille facile qui ne recherche qu’à s’amuser » sur le front. Une attitude, de toute évidence, contre-productive pour qui recherche une relation sérieuse. D’où cette stratégie on ne peut plus connue : faire patienter le mâle pour qu’il s’attache, pour qu’il s’embobine dans la toile des sentiments. Breaking news : ce n’est pas parce que le type patiente qu’il développe de l’affect. La possibilité qu’il te balance à la poubelle comme un sopalin Kleenex usagé une fois qu’il t’a enfin pécho est tout à fait probable.

Quand j’essaie de sauver les meubles

Non, coucher ensemble ne te rapprochera pas de lui
Il y a ce « truc » qui me gêne. Je l’aime bien hein (enfin je crois ?) mais il y a quelque chose qui ne marche pas. Bref, je ne suis pas complètement à l’aise avec lui, avec nous. Pourtant, je suis sûre qu’il y a du potentiel, si si ! A ce stade, coucher ensemble ne peut que nous rapprocher de toute façon (NON). La fausse bonne idée, la solution cache-misère par excellence. Non, après le coït je ne me sentirais pas plus confortable avec le garçon. Et non le garçon n’aura pas gagné de points de son côté. En revanche, oui je vais me sentir frustrée et bécasse d’avoir utilisé le sexe pour m’auto-persuadée.

Évaluer le potentiel du demoiseau : un art discret

Non, il n’y a pas forcément « mieux ailleurs »
La course à la perfection cristallise le pire de la société de consommation actuelle. À croire qu’on voudrait tous choisir son mec comme un créerait un SIMS. C’est vrai que j’aime beaucoup ce mec, mais il est pingre. J’adore ce type, mais son nez n’est-il pas un fort ? Pourrais-je supporter ses défauts 1 an, 10 ans, ou plus ? Ce grand front, ce rire bruyant, cette manie de laisser traîner partout ses fringues, je m’en lasserais sûrement… Je suis encore jeune, je peux trouver mieux. Ou pas. Abandonner un type pour certains défauts qu’on trouve à un moment précis « insoutenables » c’est prendre le risque de rencontrer quelqu’un dépourvu de ces défauts « là » mais doté d’anomalies bien pires. Quitte ou double.

Moi à 22 ans

Non, on « ne s’amuse pas avant et on se case après »
22 ans. Tous ces mecs célibataires et fringuants me font tourner la tête. La liberté de papillonner à droite, à gauche, le plaisir de se faire courtiser les samedis soirs par un, deux, trois garçons, de pouvoir dire « oui » sans réfléchir. Et puis rencontrer l’amour, le vrai, mais prendre la fuite parce que ça fait peur, et que je suis trop jeune pour m’enfermer dans un couple. Je me poserais plus tard. Après tout, j’ai le temps. 27 ans : les 2/3 des mecs célibataires d’antan sont désormais en couple. La concurrence est plus rude. La qualité de l’offre est aussi réduite qu’un dernier jour de soldes. Comme s’il suffisait qu’on s’aime d’interpeller le destin avec un : « C’est bon, ça y est, je suis prête pour une relation sérieuse, vas-y balance !  » pour que l’homme de ta vie tombe du ciel.

Angie n’était pas mieux que toi Jenny, juré.

Non, pas la peine d’être une bombe pour l’empêcher de regarder ailleurs
Longtemps – naïve que je suis – j’ai cru que plus tu étais au top physiquement, moins il y avait de chance pour que le boyfriend mate à côté. Séances à la salle 3 fois par semaine, style vestimentaire étudié, make-up soigné et tout le bordel. Passons sous silence la dimension préhistorique de cette croyance (moi femme avoir besoin homme, donc moi tout faire pour qu’il me garde). Ce travail corporel ne sert strictement à rien. Pourquoi ? Parce qu’un homme (ou une femme) regardera toujours à côté. Non pas parce que la blonde vulgos aux gros seins qui vient de passer est mieux que toi. Non. Mais parce qu’elle n’est PAS TOI justement. C’est comme se voir servir un plat appétissant au resto et voir sa voisine de table recevoir le sien – qui a pas l’air dégueu non plus – en même temps.

Non, sortir avec des mecs trop beaux n’est pas… NON RIEN CHRISTIAN OUBLIE

Non, sortir avec des mecs trop beaux n’est pas une bonne idée
Je n’aime pas donner raison aux clichés, mais j’ai suffisamment roulé ma bosse pour conclure, hélas, que sortir avec des mecs (très) beaux n’est pas chose à faire. Primo, parce que ces animaux là savent à quel point ils sont beaux et à quel point il est aisé de pêcher gros. Pourquoi s’embêteraient-ils à contenter qu’une nana alors qu’ils peuvent rendre service faire plaisir à une miriade de petites chanceuses ? Volubile, insaisissable, charmeur et jamais très disponible, le mec très beau veut rarement un truc sérieux. Deuxio, le BG file des complexes (qu’est-ce que ce mec parfait me trouve ? Qu’est-ce qu’il fout avec une fille comme moi ?). Pire, il engendre un stress permanent (pourvu qu’il ne se rende pas compte que je suis un cran en dessous de lui). Tercio, le mec très (TRÈS) beau est rarement un type bien en général (que celle qui est tombé sur un dieu grec hilarant, intéressant et attentionnée lève la main).

En vrai Anastasia, Christian t’aurait tchipé

Non, le phénomène Cendrillon n’existe pas en vrai
Non un mec très riche ou d’un niveau social bien au dessus de vous ne sortiras jamais (sur le long terme) avec vous. Je sais, c’est dur, mais c’est la triste réalité. On ne mélange pas les torchons et les serviettes qu’on dit.

Oh ça va, on fait toutes des erreurs

Love.

Une fille perchée.

Entre le sex friend et le boyfriend… les limbes

Ça pourrait être nous… si on était en couple

« Aujourd’hui tout le monde commence par être sex friend avant d’être en couple. C’est comme ça que ça se passe ». Sans le savoir, Victor, 30 ans et espagnol, vient de lancer un pavé dans la mare. « T’es sérieux ? Moi j’en suis resté à l’époque où tu prenais le temps de connaître quelqu’un, et ensuite tu passais aux choses sérieuses », Thomas, 34 ans, français, choqué, et visiblement de cette ancienne génération pour qui « les choses sérieuses » paraphrasent « le sexe ».

Le fait est que Victor vient d’énoncer à voix haute la basse réalité du système sentimental actuel. Fini l’époque où un baiser mouillé concluait en beauté la parade de séduction, ce petit manège plus ou moins long constitué d’oeillades, de SMS (sur)interprétés, de chatouillis dans la culotte et d’incertitudes. Fini l’époque où l’acte charnel symbolisait l’apothéose d’une relation, tatouant au fer rouge les mots « en couple » sur la chair des pêcheurs.

Sex friends, friends with benefits, plan cul… Le sexe avant les sentiments, le sexe avant l’engagement. Et puisqu’il faut à un moment ou à un autre caser cette merveilleuse (NON) petite phrase populaire : « bah voui, on n’achète pas une voiture sans l’avoir essayé hein ! » (rire gras). Certes, certes. Mais le problème c’est que c’est devenue une règle générale et donc imposée.

Faire patienter l’autre : une solution…
Tout vient à point à qui sait attendre, plus on attend, mieux c’est, etc. Et oui, pour une poignée d’humains en voie d’extinction, passer sur le grill pour savoir si notre chair est goûteuse n’a rien de très excitant. C’est pourquoi patienter – mais surtout faire patienter l’autre – est une technique aussi stimulante que stratégique. Faire patienter, c’est miser sur le temps, la durée, et donc l’attachement. Passer du temps ensemble avant de glisser sous la couette c’est non seulement faire monter le désir crescendo chez l’autre, mais surtout l’amener insidieusement à s’attacher à sa personnalité, sa personne, plutôt qu’à son fessier (qu’on a quand même pris soin de pimper à coup de squats « au cas où »).

Moi, lui et la stratégie

… ou pas
Fidèle à cette stratégie, j’ai ainsi fait patienter 1 mois (à raison de 2 rendez-vous par semaine) cet espagnol qui me faisait de l’oeil, convaincue que l’attente conférerait une dimension plus « sérieuse » à notre relation. Un plan d’attaque pour éviter d’articuler Le-Mot-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer (« couple »). Erreur. Une fois la relation consommée à plusieurs reprises, pas de changement observé chez l’Espagnol. 2 mois ont passé et l’impatience commençait sérieusement à me monter au nez. Le nuage « sex friend » planait dangereusement au-dessus de nos têtes. Subtilement (ou pas), j’ai questionné l’Espagnol sur ce qu’on était (la fameuse « discussion » n’est-ce pas ?) : sex friends ? Friends ? « Ensemble » ? (l’entourloupe verbale, même pas peur).

Si tu le fais pas pour moi, fais-le pour Emma stp

« Ça va pas ou quoi ?! On n’est pas sex friends ! Mais toi tu veux un novio (cf un copain)… et moi je ne peux pas. »
Qui a-t-il de pire que la « sexfriendzone » ? Réponse : les limbes. On ne parle pas d’amitié car c’est bien trop cordial, on ne parle pas d’amour (trop sérieux !), mais pas de sex friend non plus, car trop… dégradant ? Et voilà comment je me suis retrouvé échoué au pied des trois cases relationnelles tel un déchet tombé par terre faute d’avoir été déposé dans la poubelle jaune, verte ou bleue. Si on part du principe de Victor (soit que tout couple a été sex friends un jour), quel avenir envisagé avec quelqu’un qui ne se voit dans une aucune catégorie connue ?

Mon côté drama queen

Le jeu des étiquettes
Les plus libéraux taperont du poing sur la table vociférant que les étiquettes c’est old school. « Pourquoi faut-il toujours ranger les gens dans des cases ? L’amour c’est tellement grand, complexe, propre à chacun YOLO ». Ouais okay. Sauf que personne n’a envie de s’investir pendant des mois et des mois dans une « relation » (MDR) pour se réveiller un jour cocufié parce que « ben oui, on n’a jamais dit clairement qu’on était en couple hein ». Pour autant, avoir l’autocollant « sex friend » sur le front n’a rien de rassurant. Surtout si on part du principe qu’on n’a rarement qu’un seul « friend » dans la vie. Malgré cela, on a tous entendu parlé de cette amie d’une copine d’un collègue qui est en couple depuis 4 ans avec son copain. Ils se sont rencontrés au boulot dit la légende, à l’ancienne. Il en va de même pour ce pokémon rare qui a réussi à être en couple avec quelqu’un rencontré sur une appli de rencontres. Le mythe raconte même qu’ils se seraient dit « je t’aime », tout naturellement, easy. Bizarrement, quand on entend parler de ces drôles d’histoires, l’expression « sex friend » n’apparaît jamais.

Keep calm and think

Du danger des limbes
Pour certains, ne pas mettre de statut sur la relation est rassurant car gage d’une liberté totale : aucun repère n’est posé donc tout est permis. Multiplier les dates à côté (comparer pour trouver un meilleur prixproduit, partenaire) en attendant de poser une étiquette, voire découcher à droite, à gauche, au milieu, car après tout, rouler jeunesse, pourquoi se limiter ? Une vision des choses pas forcément partagée par Bibi l’autre personne qui puisera dans cette absence de marques, une source d’angoisse gangrenante (as-t-il désinstaller Tinder ? Est-ce que je peux lui demander s’il l’a fait ? Que fait-il VRAIMENT quand on ne se voit pas ? Se projette-t-il avec moi ? Ne suis-je qu’une distraction pour lui ?). Et les limbes se métamorphosent vite en enfer. Deux solutions : s’armer de patience dans l’espoir de voire la lumière d’un statut valorisant (auquel cas il est indispensable de fixer une deadline au risque de s’enfoncer dans l’obscurité) ou décider de remonter sur terre reposer les pieds, seule.

Love.

Une fille perchée.

Où vivre ?

Reese on the road pour trouver la ville parfaite

Qu’est-ce qui fait qu’on se sente bien à un endroit ? Est-ce que l’on doit tout à son job, ses amis, la qualité de vie qu’offre la ville, le taux de pollution, voire la météo ? Combien de nuits suis-je restée les yeux grands ouverts dans mon lit à me poser cette question, convaincue que la réponse m’aiderait (enfin) à fixer ma carcasse de chien errant à un endroit sur Terre.

Un point de départ pour tout le reste
« Il y a six mois, j’ai décidé que je voulais faire ma vie à Nice. Prendre conscience de cette envie – mais surtout prendre cette décision – a été un vrai soulagement » me confie une amie. Je la crois. Le soulagement doit être immense. Car finalement, tout découle de l’endroit, de ce microcosme géographique d’où on va partir à la chasse au travail, à l’Homme, au bonheur. Construire toute sa vie (ou presque) à un endroit précis n’est pas rien. Trouver son nid, son home sweet home, revient à trouver l’interrupteur dans le noir après un cauchemar. Ne plus s’éparpiller partout et nulle part, restreindre son champ d’action pour plus d’efficacité. Logique. Plus la liberté est grande, plus elle engendre du stress, de la confusion, du doute (dixit mon prof de philo). Trop de choix, tue le choix (dixit la plèbe). Mais pourquoi choisir une ville voire un pays plutôt qu’un(e) autre ?

Quand on me demande si j’ai bien fait de tout quitter

Pour le noyau social ? Une réponse évidente et pourtant plus illusoire qu’il n’y paraît. Car s’ancrer à un endroit pour cette (unique) raison c’est refuser l’idée qu’un jour ou l’autre ses principaux amis puissent décider de partir faire le tour du monde, ou pire : s’installer définitivement au Canada ou à Tombouctou (sans nous) comme c’est le cas d’un bon nombres de jeunes chômeurs aujourd’hui.

Toi même tu sais

« Ce qui fait qu’on se sente bien à un endroit ? C’est quand on pousse la porte de sa maison et qu’on se sente juste… bien, tout simplement. Si la vie m’a appris une chose, c’est bien qu’on ne peut pas compter sur ses amis. Le bonheur vient de toi-même car tu seras toujours seule. » Je ne connais pas cette femme. Elle a débarqué chez moi un après-midi pour m’acheter ma table à manger postée sur le Bon Coin. Et voilà qu’elle répond à ma question, accoudée à mon frigo. Elle qui vient de Bordeaux, là ou réside ses amis de longue date, ceux là même qui ne l’ont jamais aidé quand elle était en galère (selon elle). En ce moment elle vit à Cannes, sans amis, sans boulot, mais épanouie juste « parce qu’elle se sent bien quand elle rentre chez elle »Sa réponse me laisse pantoise. La solitude ne serait donc pas un obstacle ? Moi aussi j’ai cru à un moment que le « bonheur géographique » était lié à la faculté de construire son propre cocon, sa tanière sécurisante…. jusqu’à ce que je me retrouve à boucler le déménagement d’un appartement onéreux (6 mois seulement après mon arrivée) que j’avais entièrement meublé à neuf.

Mettre mes meubles au garde-meuble ou les vendre moitié prix sur le Bon Coin ?

Du boulot à la ville ? 
« D’abord tu choisis l’endroit où tu aimerais vivre et ensuite tu trouves du boulot en conséquent » Mon frère. Ceux-qui-ne-savent-pas diront que cette réponse coule de source (non). Et si on est journaliste et que les offres d’emploi se résument à Perosguirec Paris alors qu’on ne rêve que de Biarritz ? Car c’est un fait : beaucoup d’emplois se résument à la Capitale. La ville et le job, le job et la ville. Toujours cette même relation aliénante. Le dilemme cornélien n’est pas loin : vivre à Biarritz mais avoir un job miteux ou être journaliste mais vivre dans une ville qui ne plaît pas ? Bénis sont ceux qui disposent d’un emploi passe-partout valable dans toutes les régions de France et de Navarre. Longtemps, j’ai cru naïvement que je pourrais renoncer à mon ambition professionnelle tant que mon « environnement » me comblait… jusqu’à ce que je me rappelle qu’on passe quoi ? Les 3/4 de sa vie au travail ?

À toi dont le travail te permet de travailler où tu veux

Mais soit, partons du principe que le job détermine la ville. Beaucoup déménagent chaque jour à l’autre bout de la France après avoir décroché une promotion voire un nouveau travail. Et si le travail s’avère être un guet-apens et qu’on démissionne (ou pire qu’on se fasse virer) ? Si le boulot disparaît dans ce cas-là, que reste-t-il puisqu’on a tout quitté pour le seul motif professionnel ? Rester ou partir ?  Le même problème se pose pour les gens qui ont tout quitté par amour.

Quand tes parents te demandent si tout va bien

Naître et rester
De toute façon, pour beaucoup d’entre nous, la question de l' »endroit où vivre » ne se pose même pas. On est né à un endroit, on s’y sent bien, basta. Des souvenirs, des habitudes, des amitiés se sont imbriqués bout à bout pendant 10, 20, 30 ans. Et c’est tout naturellement qu’on prolonge sa vie à l’endroit où « elle » a commencé : socle amical (amis connus depuis l’enfance), affectif (parents enracinés), et éducatif (scolarité suivie). Inné.

Et puis il y a ceux qui « doivent » partir. Parce que les habitudes à répétition, les souvenirs qui confortent certains exècrent d’autres. Le désir de quitter le bonheur acquis, de tourner le dos au connu pour se laisser exciter par l’inconnu. Oui mais… partir où ?

Le perfect match
« Quand tu te sens toi même, apaisé et calme. Quand tu n’as pas envie d’être ailleurs pour tout l’or du monde »Dixit un rencard Tinder (je crois). Et sûrement la réponse la plus simpliste mais la plus juste entendue jusqu’à là. Durant des années, j’ai switché de ville en ville par lunatisme. De Nantes (apaisante, mais pas assez hype, trop pluvieuse) à Paris (hype, mais trop stressante et froide) en passant par Cannes (ensoleillée, mais pas assez dynamique et accueillante), avec mon système de notation bien en tête, frustrée et insatisfaite. Jusqu’au jour où, sans m’en rendre compte, j’ai arrêté de me poser la question « où vivre ? ». J’étais bien là où j’étais. Même si plusieurs pans de ma vie ne me comblaient pas totalement, j’avais arrêté de relier mes échecs à la ville. J’ai compris que trouver son endroit n’avait rien de mathématique (super amis + climat parfait + offres culturelles de la ville = endroit rêvé) ou de cérébral, mais que tout reposait au feeling, au match entre la ville et toi. Les signes ne trompaient pas. Par exemple, les clichés Instagram de voyages de mes potes ne me donnaient plus envie de m’expatrier à mon tour. Les photos charmantes de bistrots hipster à Paris ne détournaient plus mon attention des terrasses bruyantes de la capitale espagnole, là où j’avais choisi de poser mon sac.

Quand j’ai enfin trouvé « ma ville »

Bien sûr chacun à sa réponse. La mienne est la suivante : lorsqu’un secteur de ta vie part en vrille (rupture, problème de boulot) ne te donne plus envie de prendre tes cliques et tes claques pour retrouver une zone de (ré)confort ailleurs c’est que tu as trouvé ton endroit. Celui qui te stimule suffisamment pour te donner envie de te relever, et d’essayer encore et encore, jusqu’à trouver un épanouissement plus durable. Pourvu que ça dure ?

Love.

Une fille Perchée