De la difficulté… de faire face à son ressenti

Evaluer la situation avec bienveillance, toujours.

Qu’est-ce que le couple sinon une stratégie d’évitement visant à éviter à tout prix de se retrouver seul, et donc en cohabitation H24 avec soi-même ? Sympa ce petit moment de solitude avec son verre de vin devant Netflix. Du temps pour soi, rien que pour soi. Alors pourquoi ce besoin d’aller sur les réseaux « sociaux », de discuter avec Untel sur Messenger quand bien même le film est intéressant ? et qu’on apprécie d’être peinard sans coloc qui critique ta série.

Un mec vous plaît. Un mec, actuellement, me plaît. Et je me prends tellement la tête à me poser des questions sur comment il me voit, comment il nous voit, sur ce qu’il pense, ressent, éprouve vis-à-vis de moi, de lui, de l’avenir, que j’en oublie la question la plus importante au monde : est-ce qu’il me plaît vraiment à MOI ? A croire que tomber sur une personne pas trop névrosée, potable (et qui veut de vous) quand on approche la trentaine (tic tac tic tac) est suffisant. Les trois quarts du temps, tout semble évident. Le mec est tellement irrésistible, sympa et drôle, que franchement, aucun doute, on est folle de lui et il nous rend heureuse. Les trois quarts du temps.

Des doutes. Des questions. Des angoisses

Remonter le passé
« Qu’est-ce que Samuel vous apporte ? ». Voilà la question que m’avait posée la psy il y a quelques années, alors que je tentais de sortir la tête de l’eau de la relation la plus destructo-passionnelle que j’ai jamais eue. Une question bête que tout le monde devrait se poser à propos de son conjoint, de ses amis, et même de son boulot. Qu’est-ce que Samuel m’apportait à ce moment là ? Visiblement pas le bonheur, puisque j’étais effondrée chez le psy. Visiblement pas l’estime de moi-même, vu qu’il était dans une stratégie de passif-agressif. Du bon sexe, à la limite, des « petits moments sympa », quelques sorties, mais rien, finalement, qui justifiait les 40 balles que je lâchais chaque semaine chez la psy alors que j’étais au chômage. Qu’est-ce que le mec que je fréquente m’apporte ? Est-ce qu’il me donne confiance en moi ? Est-ce qu’il me rend heureuse ? M’aide à épanouir ? Est-ce qu’il m’apporte du rire, de la joie, m’aide à me connaître, à me construire peut-être… ? Voilà les questions qui devraient nous driver.

J’adore mon mec, il me rend très heureuse ptdr

Miser sur le bon cheval
Of course, on n’est pas dans une stratégie de rendement capitaliste. Et on ne peut pas exiger de la personne que l’on fréquente depuis 3 semaines qu’elle fasse entrer en bourse notre capital bonheur. Mais quand même. Plus on apprend à connaître la personne, plus on doit être en mesure de savoir deux choses : si elle s’investit pleinement dans la relation (si on est juste là pour réchauffer son dimanche soir NEXT) et si elle vous apporte quelque chose d’intéressant que l’on pourra faire fructifier à l’avenir. Si la personne est positive, optimiste, si elle vous encourage pour votre concours ou si elle arrive à vous faire rire quand vous racontez votre sale journée par exemple, alors là bingo. Bref, dans tous les cas on parle d’investissement pour l’avenir. Vous me suivez ?

Quand je m’interroge sur l’investissement-rendement de l’entreprise masculine que je suis

1°) Est-ce qu’il s’investit pleinement dans la relation ?
Dernièrement, je suis obnubilée par la question suivante  : est-ce que ce mec est fidèle ou est-ce qu’il dragouille encore sur Adopte ? J’ai poussé mon obsession jusqu’à créer un faux compte Adopte un Mec (#shameonme). J’ai bien pensé laisser l’affaire entre les mains d’une copine (ce qui aurait été moins malsain) mais d’un point de vue logistique cela aurait été trop complexe. J’ai donc ouvert la boite de Pandore virtuelle. J’ai innocemment visité sa page car je ne voulais pas pousser le vice trop loin. Bien sûr, il m’a charmé. Bien sûr, il m’a abordé (tu m’étonnes vu le profil de bombe que j’ai créé). C’était il y 10 jours. Ecoeurée, je n’ai pas répondu… jusqu’à il y a 5 jours. Et depuis, étrangement, rien. Le Médecin, bien que connecté, n’a pas poursuivit la conversation. Certes, ce n’est pas parce qu’il ne me parle plus à moi, qu’il ne parle pas à d’autres nanas à côté. Mais jusqu’où, dans ce cas, aller dans la paranoïa ? La stratégie ? La folie finalement ?  Parallèlement, le Médecin s’est rapproché de moi. Sans être devenu un grand bavard, des efforts affectifs (et sexuels) ont été mis en place. En grande naïve, je ne peux m’empêcher de relier ce « rapprochement » (cet attachement ?) à son abandon de tout effort de séduction sur la plateforme.

Quand je reçois un message mignon de lui (véridique)

2°) Est-ce qu’il apporte quelque chose d’intéressant ?
A force de me concentrer sur son ressenti, j’en ai oublié le mien. Comme si ce qu’il éprouvait pour moi était finalement plus important que ce que je pouvais ressentir pour lui. Et c’est là où les choses se corsent. La première question réglée (du moins j’en ai l’impression), la deuxième me reste en travers de la gorge. Comme si jusqu’à là j’avais adopté la stratégie de l’autruche. Le Médecin m’apporte des bons moments. Mais est-ce qu’il me fait rire ? Pas vraiment. Est-ce que je me sens totalement à l’aise avec lui ? Est-ce que je suis moi-même ? Est-ce qu’on a de grandes conversations qui me transcendent ? Bof. Je fais partie de ceux qui accordent du temps au temps, persuadée qu’il faut être patient(e) avant de vraiment découvrir quelqu’un et de se laisser aller. Oui, mais au bout de combien de temps ? Est-ce que je ne m’acharnerais pas avec lui juste parce que je n’ai trouvé personne d’autre ? (merci l’angoisse).


Je passe des bons moments avec lui, vraiment

Le renversement des rôles
Le comble du comble. Convaincue du double jeu de Mr le Taiseux je me suis remise à… fréquenter Tinder. Sans vergogne jusqu’à aujourd’hui. Ok, je suis complètement paumée avec Mr le Médecin, reconnaissons-le. Après avoir craché sur son attitude volatile, me voilà moi-même dans le rôle détestable de la nana qui reluque les plats des voisins de table. Alors que le Médecin n’a jamais été aussi proche de moi et qu’il s’ouvre de plus en plus #culpabilité. Quand bien même, je ne me vois pas jusqu’à avoir des rencards avec d’autres mecs. Même s’il n’ont jamais été aussi nombreux à me parler sur l’appli (loi de Murphy bonjour). Alors quoi ? Couper court immédiatement à son éclosion naissance après avoir tant attendu ? Rompre l’attachement déjà créé avant que le doute ne se transforme en évidence et nous fasse mal à tous les deux ? La période qui vient s’annonce compliquée. Parce qu’il part une semaine en Espagne et moi bientôt 1 mois en Asie. HELP.

Love,

Une fille perchée

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De la difficulté… de faire confiance à un mec d’un site de rencontre

(le titre de la chanson. Tu l’as ?)

1 mois avec le médecin. Mais est-ce que je peux vraiment dire « avec » ? Aussi triste que cela puisse paraître, ça fait belle lurette que je n’ai pas fréquenté aussi longtemps un mec. Et quand je dis « sortir », je pense sorties (théâtre, resto, ciné, bar, etc) et non pas uniquement coucheries. Mais à quel moment peut-on aborder la fameuse question « Et sinon, toi et moi, on est quoi ? On est ensemble ou bien… ? ». Un sujet d’autant plus épineux lorsque la rencontre est issue d’un match fortuit entre un homme et une femme sur un catalogue en noir et rose (Adopte un Mec donc).

La claque
Bien évidemment, je ne suis pas retournée sur le site depuis ma rencontre avec Mr le taiseux. Mais ce soir là, je décide de retourner sur son profil Adopte pour vérifier que la relation recherchée par Monsieur est bien « sérieuse ». Et là, c’est le drame. Le Médecin a bloqué mon profil. Découverte rendue possible par l’usage du compte masculin du coloc n°1. Pire que ça, je me rends compte qu’il est en ligne sur le site. En PLS dans le salon, j’ai le mérite d’avoir réponse à ma question : le garçon cherche du sexe. Et vous voulez savoir le meilleur ? Il a renseigné « recherche de CDI amoureux » sur son profil #vomi.

LE DRAME

Mettre les pieds dans le plat : une spécialité de la maison
Je déteste tourner autour du pot. Je suis plutôt du genre à poser tranquillement mes couilles sur la table à aborder le sujet de front, avec diplomatie et tact certes, mais yeux dans les yeux. C’est pourquoi j’attends le bon moment. Il arrivera à point nommé au restaurant, alors que je livre un duel acharné avec un confit de poivrons.

Lui (détaché) : « Au fait, mes potes de la troupe de théâtre que tu as croisés l’autre jour m’ont demandé si t’étais ma copine haha »
Moi (surprise, oscar de la meilleure actrice) : « Ah ? C’est marrant tiens… et tu leur a répondu quoi HAHA ?
Lui (se trémousse sur son siège, en taiseux mal à l’aise) : « Bah oui… enfin… on a pas signé de contrat mais.. je considère qu’on est dans un début de relation oui ».
Moi (étonnée, vaguement contente) : « Oh… d’accord. Oui oui. Mais un début de relation exclusive ? »
Lui (ferme) : « Oui. »

Autant dire que cette nuit-là, je m’endors dans son lit et savoure le sommeil de l’innocent… jusqu’au drame le lendemain matin.

Ce gif est parrainé par Skyblog

La claque, volume 2
Question sexe, je n’ai jamais été du matin. Je le fais gentiment comprendre au Médecin qui me demande, malgré tout, de me coller à lui (nue). Je lui fais donc des câlins pendant que lui reste stoïque. Soit. Il finit par se lever, sortir de la chambre, et aller sur l’ordi dans le salon. Et là, le drame : la sonnerie de notification d’Adopte un Mec retentit, suivie de quelques mots amusés du Médecin que je ne comprends pas. En drama queen assumée, je commence à ramasser mes fringues épars, vénère suite au beau discours de la veille au soir. Je surgis dans le salon pour faire mes adieux en tragédienne grecque :

Lui (en caleçon sur le fauteuil, tombe des nues) : Euuhh, je peux savoir où tu vas comme ça ?
Moi (debout, en colère mais très calme) : Excuse-moi mais tu trouves pas ça abusé ? Tu me sers un beau discours hier soir et dès que tu te lèves tu vas sur Adopte un mec ? Sérieusement ?
Lui (retrouve sa timidité de taiseux maladroit) : Quoi ? Mais n’importe quoi… je comprends pas.. c’est pas sympa ce que tu fais, vraiment. Je faisais juste ça pour t’embêter.
Moi (confuse) : m’embêter ? Je comprends pas là.
Lui (intimidé et mal à l’aise) : bah oui tu m’as énervé. T’as pas arrêté de me chauffer ce matin, pour rien. C’est frustrant pour un mec. Alors je suis allé sur le site pour t’emmerder. Je savais que t’entendrais.

Je raccourcis la discussion. Pour faire bref, je lui ai lancé mon regard suspicieux voire incendiaire. Et puis… j’ai décidé de lui laisser le doute, même si son comportement était plus que discutable. Parce que j’étais déjà attachée à lui. Parce que j’avais pas envie de le perdre bêtement si, vraiment, ce qu’il disait était vrai.

Je suis faible, laissez-moi

{ATTENTION LANGAGE SEXUEL}

The discussion
La relation a suivi son cours. Le problème de communication sexuel aussi. jusqu’à hier soir. On se chauffe, je descends tout en bas, as always, pour jouer du pipeau façon gorge profonde. Ce qu’il préfère (moi pas, je vais finir par lui vomir dessus si ça continue). Et vu que je m’ennuie vite, j’arrête. Les préli c’est bien, mais quand c’est partagé et pas trop long. Et là, Mr Taiseux ne bouge plus et ferme les yeux. IL FERME LES YEUX. Genre JE DORS. Comme à chaque fois que je sens le malaise, j’entame un long monologue (« ça va ? T’es sûr ? Arrête, je vois bien que non. Parle-moi. Je vois bien qu’il  y a un problème. Garde pas tout pour toi, etc ») épuisant. Il finit par m’avouer qu’il adooooore les préli (plus que la pénétration) et que je m’arrête toujours trop tôt. Je monte sur mes grands chevaux : et mes préli à moi ? Ils sont où (BORDEL) ? Et le Médecin de m’avouer, mal à l’aise, qu’il n’arrive pas cerner ce que j’aime (ah la fucking communication!). Je profite des confidences sur l’oreiller, lumière éteinte, pour lui demander très clairement s’il me désire vraiment, car franchement, vu le processus routinier du sexe entre nous, on dirait presque un examen colorectal. J’en profite pour lui demander si, du coup, il ne serait pas bloqué sur une vieille histoire.

Pas nous concrètement.

Dénouement nocturne
« Mais je te désire tout le temps ! Mais avec tes propos de l’autre jour, j’ai tellement peur que tu crois que je te considère comme un plan cul que j’ose pas te sauter dessus ». J’en reste pantoise et un brin émue, je l’avoue. Et si son blocage de la parole, son silence permanent était causé par cette réflexion ? Si cette retenue verbale était la conséquence de cette peur de me décevoir, d’envoyer le mauvais message ? Je me sens perplexe, perdue et pleine de doutes. C’est pourquoi, après concertation avec plusieurs ami(e)s, j’ai décidé de lui tendre un piège. 

(à suivre)

Love,

Une fille perchée

Moi et… le médecin

Franchement ? Presque.

« On s’est rencontrés sur Adopte ». Si je recevais 1 000 euros à chaque fois que quelqu’un évoque ce site aux couleurs dignes d’un sex shop des années 90… Bizarrement, le mot Tinder n’est jamais prononcé lorsqu’il s’agit de revenir sur l’origine de la rencontre. Alors quoi ? Ce site à la signature sonore si crispante serait la clé de l’amour ? Je suis sceptique. Bien sûr, j’y suis allée, comme tout le monde (ah les années fac !) et j’y vais encore parfois, de façon très sporadique (comprendre : un dimanche par mois, quand je commence à traîner sur le site de la SPA, prête à me fondre dans le cliché de la vieille fille à chat).

Un charme, un homme
En grincheuse qui s’assume, j’ai même pas installé l’appli sur mon portable. Il faut dire qu’entre les mecs au faciès bizarre (remarquez ma politesse) et ceux qui ont une fiche triste à pleurer, je ne me bouscule pas pour voir qui m’a charmé. Et puis, un jour, un visage souriant, pas trop mal. Mais je ne sais pas pourquoi, je flaire le gentil niais. De ceux dont on rit un peu trop fort aux mauvaises blagues avant de lever discrètement les yeux au ciel. Mais je suis à deux doigts d’adopter Tarzan, un chat de gouttière de 2 ans, alors j’accepte le charme. S’ensuit une discussion enflammée de 3h22 ! Non bien sûr que non. En bitch blasée, je traînasse, répond une fois sur trois, un peu méchamment même, sans le vouloir. Le garçon n’en démord pas. Il ne prend même pas la mouche.

Bitch attitude. Travail de faciès.

Un jour férié, un café, un coup de coeur
Jeudi de l’ascension. Je m’ennuie comme un rat crevé. J’accepte un date avec Lui. Je ne me rappelle que de son prénom. Et là, c’est le twist. Devant moi un mec so parisian, (trop ?) sûr de lui, plein de charisme, entreprenant, flegmatique. Le coup de coeur opère au moment même où il ôte ses lunettes de soleil, révélant ses beaux cils noirs, recourbés et touffus de métis. Ce type est charmant ! Cette fois, je prête l’oreille. Jeune médecin, il est cultivé, fait du théâtre, du kite surf et semble vif d’esprit. Je mords à l’hameçon. On passera 3h ensemble cet après-midi là.

(j’exagère peut-être un poil)

… 3 semaines plus tard
Un théâtre, des bars, des restos, des soirées film, des musées, une journée plage… On a beau se voir que 2 fois par semaine, les sorties s’enchaînent. Je l’invite même à dormir chez moi (premier chanceux à passer la nuit sous mon toit, imaginez la symbolique). Je plane un peu. Pourtant, le ciel n’est pas entièrement découvert. Pour cause : le médecin est un taiseux. Gros hic. Moi, l’amoureuse des lettres, la gourmande de mots et de psychologie, la pure communicante, je m’entiche d’un autiste de la communication verbale. Du coup, l’appréhende nos tête-à-tête autant que je les attends avec impatience. Je mouline pour trouver des discussions, pour l’inciter à parler. Les blancs s’accumulent. Des fois, je lui rentre dedans, avec douceur certes, mais sans lubrifiant, pour qu’il me parle de ce qu’il ressent, ou de ses émotions, n’importe lesquelles. Et voilà monsieur « 345 amis Facebook » bac+7  qui bredouille des mots épars comme un enfant de 10 ans. Mon coeur s’emballe, ma tête freine. C’est la carambolage interne.

Je le kiffe, mais il parle pas, mais je le kiffe, mais il parle pas

Stratégie d’attaque
La patience n’est pas mon fort. Excepté en amour. Parce que personne n’est tout à fait soi-même au début et parce qu’il faut du temps pour se laisser aller. C’est pourquoi je rappelle régulièrement au Médecin que je suis une nana cool, no judgmental, et que j’adore écouter les gens parler d’eux, de ce qu’ils ressentent (vrai). Je lui dis aussi que même s’il est maladroit et que ses paroles sont confuses, il ne faut pas avoir peur des mots. Bref, je le tartine de miel. Il faut rappeler que plus on avance en âge, plus on traîne des traumas, des casseroles, des échecs (sinon on serait pas célib hein). Difficile de se lancer à corps perdu dans une nouvelle relation, aussi plaisante soit elle. Malgré ma démarche bienveillante, je sens toujours l’énorme carapace du garçon. Une question me taraude : et si c’était sa vraie nature ? Et s’il parlait pas DU TOUT en fait ? Genre JAMAIS ?

PA-TIENCE

{ATTENTION LANGAGE SEXUEL}

Faire l’amour avec un taiseux, ce gros bordel
Vous allez me dire, s’il y a bien un domaine où on peut se passer de mots c’est bien le sexe. Qu’on se le dise : les gens qui proclament ça ne se sont jamais retrouvés au lit avec un taiseux. Les débuts, bien que chaotiques parfois, sont pourtant simples : on brûle de désir pour ce nouveau corps, on se désape vite, on fait l’amour (beaucoup), de façon assez passionnelle (souvent), et tout le monde il est content. Bien évidemment, ça ne s’est pas passé comme ça. Dès nos premiers rapports, une étrange routine s’est mise en place : on dîne, on trainasse un peu sur le canapé, et on se dirige mécaniquement en pantoufles vers la chambre  pour « dormir ». Et là, du « sexe ». Moi qui vibrait d’impatience à l’idée de coucher avec un médecin (il doit bien connaître l’anatomie non ?), je me retrouve à battre le record du monde des plus longues fellations, unique ingrédient des préliminaires. Puis pénétration : une seule position, moi sur le ventre, couchée. FIN. GÉNÉRIQUE. Pourtant, je sais qu’il me trouve belle, pas mal foutue, alors pourquoi est-ce que je me sens aussi peu désirée ? Le rituel se répète une fois, deux fois, trois fois. J’ai beau retourner la situation dans tous les sens (pas de jeu de mots merci), je ne sais pas comment aborder un sujet aussi intime avec quelqu’un qui a déjà du mal à parler de lui.  Est-ce qu’il aime faire l’amour avec moi ? Si oui, pourquoi si peu de positions ? Est-ce qu’il est à l’aise avec moi ? Est-ce qu’il voit d’autres nanas à côté ? Est-ce qu’il aime le beurre de cacahouète ? Trop de doubts.

(à suivre)

Love,

Une fille perchée

J’ai testé pour vous… vivre avec des mecs

Non pas un, mesdames et messieurs, mais deux prototypes de race masculine. Super promo. Car oui, depuis janvier 2018 je vis dans une maison de 112m2 avec deux poteaux, dont un particulièrement délicat lorsqu’il s’agit d’aborder ma vie amoureuse (non). L’occasion de dresser à presque 6 mois de cohabitation l’état des lieux. En féministe bâtarde (je suis très vieille France), j’avoue cracher sur les articles ramassant les clichés à la pelle sur le sexe masculin ou féminin. C’est pourquoi cet article – très objectif – est basé en partie sur une étude fouillée d’une petite université du Maine sur la colocation avec des mecs (arrêtez de croire tout ce que j’écris).

Avantage n°1 : les mecs se foutent de tout (dans la maison)
En maniaque maladive, j’ai tendance a mener ma vie domestique comme si un photographe déco du Times Magazine pouvait débarquer à tout moment pour prendre des photos de mon intérieur. Mais je suis humaine. Ce qui veut dire, PARFOIS, laisser une assiette sale traîner un peu trop longtemps ou égarer quelques cheveux longs sur le carrelage blanc. Et bien, jamais aucune remarque. Pas de « Ramasse ça stp » ou encore de « tu peux pas ranger un peu tes bouquins de concours c’est chiant là ». Jamais. C’est simple : mes colocs s’en balek. La plante que j’ai imposée dans le salon ? OSEF. La table qui était à gauche, à 90°, mais qui maintenant est à droite dans l’angle pour-rendre-la-salle-à-manger-plus-agréable-t’as-vu ? Pas fais gaffe. Et l’énorme vase de fleurs coupées ? Tu l’as vu mon énorme vase de fleurs coupées ? Nope.

Tester leur « je-m’en-foutiste » jusqu’au bout

Désavantage n°1 : les mecs se foutent de tout (dans la maison)
Car se foutre de tout se marie merveilleusement bien avec laisser-aller (sinon ça serait pas drôle). Ce qui se manifeste, par exemple, par laisser un gel douche Ushuaïa vide une semaine entière sur le lavabo (à 80 cm de la poubelle) sans s’en inquiéter le moins du monde. Ou encore ramener la ville à la maison en ne se déchaussant JAMAIS (c’est simple, mon coloc n°1 n’enlève ses sneakers que pour se doucher et dormir).

Quand je vérifie, chaque matin, si le tube de papier toilette vide est toujours à 2 mètres de la poubelle

Avantage n°2 : le plaisir d’avoir la psychologie masculine à domicile
Fini les appels angoissés aux copines et les longues discussions par Whatsapp où on passe au microscope le moindre mot, le moindre geste du type qui me plaît. Now, je rentre de rencard et je vomis directement mes angoisses et mes questions sur mes colocs. Gain de temps évident ! De plus, les deux individus ayant une personnalité opposée, l’analyse est d’autant plus fine. On notera aussi l’énorme avantage que cela représente lorsqu’il s’agit de se préparer pour un rencard (« Elle est bien cette robe ? » – « Elle te fait un gros cul » – « MERCI »).

Quand mes colocs m’écoutent lire son dernier SMS

Désavantage n°2 : les mecs ne cuisinent pas
Vous aussi vous croyiez qu’en 2018 tous les mecs faisaient leurs courses à Bio c’bon (voire au marché) et cuisinaient du quinoa ou au pire des plats en sauce ? Perdu. Mes néandertals de colocs, trentenaires, sont restés au level 1 de la cuisine. Soit une conception purement primitive de l’acte de restauration : estomac vide, moi faim, vite supprimer cette sensation désagréable avec : des pâtes, une escalope de poulet, une pizza surgelée ou une boite de conserve. J’aimerais dire que j’exagère, mais croyez moi, c’est véridique. Quand à mon fantasme de repas conviviales mitonnés avec amour, autant dire qu’il est périmé depuis longtemps (et en plus ils piquent dans ma bouffe).

Pas la peine de remuer le couteau Gordon.

Avantage n°3 : les mecs ne prennent pas de place
Si on ferme les yeux sur le désordre de leur chambre (mais après tout ce sont des espaces privés), force est de constater que mes colocs ne laisse traîner ni vêtements, ni accessoires divers dans les espaces communs. L’exemple le plus éloquent étant bien évidemment la salle de bain. La pièce étant à 80% envahie par mon maquillage et divers produits de soin. En contrepartie ils laissent quelques poils de barbe dans le lavabo, le prix à payer pour asseoir mon Occupation je suppose.

Désavantage n°3 : les mecs sont fâchés avec le ménage
Voir désavantage n°1 (bis). Chez nous, le dimanche a été décrété jour officiel du ménage. A chacun son coin de maison, son éponge, son pschit, son aspi. Du moins, si je lance l’alerte. Sinon, autant dire que les semaines pourraient défiler sans qu’aucun d’eux ne balance un « Hey ! Mais ça fait 3 semaines qu’on a pas fait le ménage ! ». Comme le dit si bien mon coloc n°1, on m’a naturellement attribué le rôle (pas franchement plaisant) de Staline de la propreté. Bah oui, il fallait une figure autoritaire pour mener le navire. Ou pour martyriser les autres. L’histoire de mon sexe faible a tacitement joué en ma défaveur I guess. En attendant, des batailles silencieuses ont lieu chaque jour : qui flanchera en premier et jettera la poubelle pleine à craquer ? Qui videra le lave-vaisselle ? Trop de jeux de pouvoir dans cette baraque.

L’art subtil de faire comprendre qu’il est l’heure du ménage

Avantage n°4 : les mecs sont très faciles à vivre
Je vais pas cracher dans le soupe. Mes colocs sont dans l’ensemble très conciliants et dociles. Jamais de disputes ou de prises de bec. Un profond respect règne dans la maison #momentémotion. Chacun fait attention au volume sonore (à part quand le réveil sonne, là c’est le débarquement de Normandie) et nettoie – la majeur partie du temps – derrière lui. Si on veut la maison pour soi (pour s’envoyer en l’air inviter ses parents par exemple), il n’y a qu’a demander, et les autres s’arrangent. Et puis manger ensemble devant Netflix c’est quand même plus sympa, surtout quand on me laisse toujours choisir le film.

Quand je demande innocement si mes colocs dorment là ce soir

Désavantage n°4 : la charge mentale, ce calvaire véridique
On aurait pu espérer que la diatribe d’Emma, lue par de nombreux hommes (enfin j’espère !), réveillerait les consciences. Mais c’était surestimé la mémoire tampon très limitée de ces êtres à 3 jambes. En témoigne mes multiples tentatives infructueuses concernant la lunette des toilettes (classique), l’éponge imbibée d’eau sale dans l’évier, ou l’aération de la douche. Comment se fait-il que certains automatismes se développent naturellement dans le cerveau de la femme et pas chez l’homme ? Je ne le comprendrais jamais. Cette désolation, ce poids mort, je le vis au quotidien. La seule à faire attention aux jours de la semaine pour sortir les poubelles. La seule qui organise et prévoit mentalement les courses et les différents manques (bicarbonate de soude, liquide vaisselle et caetera). La seule qui anticipe tout court en fait.

Franchement, presque.

Avantage n°5 : les trentenaires, ces mecs sûrs
L’une de mes plus grosses crainte, hormis le ménage of course, c’était les teufs à la maison. En rat de bibliothèque préparant un concours, j’avoue avoir eu peur des soirées arrosées où je me retrouve le lendemain à déguster mon bol de muesli choco yeux dans les yeux avec un énergumène dans le salon (c’est déjà arrivé ceci dit). Et bien, niet. Très peu de soirées intramuros malgré la vastitude de notre pièce à vivre et la présence d’une petite dizaine de fauteuils. Il faut dire que Coloc n°1 est graphiste-geek-casanier et que Coloc n°2 est en couple-posé. Étrangement, ces deux-là préfèrent faire la tournée des bars plutôt que de recevoir (peut-être par flemme d’organisation et de rangement ? Voir plus haut).

Grosse ambiance chez nous.

Désavantage n°5 : et les potes mecs ? Ils sont où les potes mecs ?
Entre nous, on ne va pas se mentir. Le principal avantage à vivre avec des mecs c’est qu’ils ont des potes mecs. Et moi d’imaginer qu’ils allait me présenter à leur buddies et qu’on ferait tous des soirées main dans la main… tu parles Charles. Que nenni. Déjà parce qu’ils ramènent rarement des copains à la maison (voir avantage n°5). Ensuite, parce qu’on a beau très bien s’entendre, ils m’incluent rarement dans leurs sorties extérieures. Ça arrive bien sûr, mais vous l’aurez compris, les mecs sont tellement à côté de leurs pompes, que ça leur vient pas à l’idée de m’inviter quand ils sortent. Et vu que je suis trop conne polie pour me proposer…

Love,

Une fille perchée

Moi et les hommes : ma liste d’exigences

Etudier la bête sous toutes ses coutures

« Non mais toi tu es trop exigeante de toute façon, pas étonnant que tu ne trouves pas de mec » me répond tout en délicatesse Édouard, mon coloc (et célibataire lui aussi AH !)  à une question que je n’ai pas posée. Car oui, en ce dimanche pluvieux, je boude et je râle – entre deux bouchées de beurre de cacahouète – sur ces ingrats de mecs qui ne veulent pas de moi. Trop exigeante ? Peut-être. Il faut dire qu’en maniaque du contrôle assumée, j’emmène à chaque rencard mon cahier des charges très précis. Si l’idée de base c’est de partager sa génétique, autant avoir un inventaire pointu. Voici, ci-après, la liste des choses que je checke en priorité lors d’un rendez-vous galant :

L‘odeur
J’ai le flair d’un épagneul, j’y peux rien. Peut-être parce que j’ai jamais fumé de ma vie. Peut-être parce que j’ai le tarin de Cyrano, va savoir. Ce qui est sûr, c’est que tel un chien de prairie, je lève la truffe au moindre indice olfactif. Si au moment de faire la bise au garçon je renifle une odeur de tabac froid, de parfum rance ou renfermé ou encore de marijuana, le charme est presque définitivement brisé. Et je ne parle même pas de la signature olfactive très intime d’un individu (les phéromones, la testostérone toussa toussa). Il m’est arrivé de monter en voiture à côté d’un garçon et d’être immédiatement repoussée par son odeur naturelle (et il ne sortait pas du sport, déso).

Quand j’essaie de dissocier l’odeur naturelle de la sueur

Les dents
En maniaque de l’hygiène (oui je suis rigide sur plein de trucs, laissez-moi), j’avoue avoir certaines exigences buccales envers l’homme. Soit 1 visite chez le dentiste par an et 2 brossages de dents par jour minimum. Et s’il utilise du fil dentaire, autant dire que je l’emmène à la Mairie DE SUITE.  bizarrement, des dents qui se chevauchent UN PEU ne me dérangent pas. D’ailleurs, un sourire trop bright me fait plus peur qu’autre chose. En revanche, les dents jaunasses ou gris-noir, no thanks, je sors de table. D’où mon blem’ avec les fumeurs (et en particulier les aficionados de roulés). Et puis, il y a le tartre. Tu sais, celui qui s’accumule entre les dents jusqu’à la limite de les fusionner ? Si tu ne sais pas de quoi je parle, alors tu n’as jamais eu à fixer l’intérieur de la bouche d’un rencard comme je l’ai fais hier en rêvant d’utiliser mon couteau de table pour gratter moi-même son sillon gingival.

Il était beau… jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche

Les vêtements
En porte-parole du bon goût, fan démesurée de SATC (vite Google) et connasse superficielle ex-Parisienne, je suis sensible au style vestimentaire. Et je ne parle pas ici du petit pull Celio en soldes ou du gilet C&A déniché en boule dans un tas de fringues. Non. Ce qui me fait craquer ? Le soin porté aux détails, à la silhouette, que je scanne avec mon regard-laser. Des chaussettes originales un peu hipster, des chaussures stylées, une chemise cintrée, une montre minimaliste, ou tout simplement un t-shirt blanc bien porté, pas besoin de faire flamber la CB. Certains basics sont efficaces s’ils sont choisis avec goût et bien assortis. Exit : les baskets Decathlon, les manteaux Quechua, le gros pull à papa avec un zip (celui qui monte dans le cou) et les sacoches en bandoulière (comme une envie de m’asperger les yeux de javel à chaque confrontation).

Déso je peux pas te regarder dans les yeux avec ce pull

La taille (et de la voix)
Ouich, je sais bichette, voilà des paramètres sur lesquels on a aucun pouvoir. De même, impossible de t’en vouloir si tu t’appelles Kévin ou Dylan, tu es né ainsi (#sigh). Sauf que moi, je suis née avec un bon 1m75 garçon, et j’ai pas envie pouvoir m’accouder sur ton épaule. C’est pourquoi renseigner 1m81 sur son profil pour afficher un faiblard 1m76 le jour du rendez-vous me rend furieuse. Mensonge, escroquerie, coup monté, appelez ça comme vous voulez.

1m81  ? Seriously ?

L‘humour
J’avoue être un peu caustique. Je joue beaucoup sur le sarcasme, l’absurde et l’humour noir. J’ai déjà abordé un mec sur Tinder avec une blague de Toto, d’ailleurs c’était Mr Grey, ce sacré gros poisson. L’autre jour, j’ai abordé un mec on lui parlant d’opercule de yaourt. Le lendemain, j’avais rencard avec lui, ce Mr Rock (un prochain article ?). Alors oui, si tu ne déserres pas les fesses du rencard, je vais vite fixer mon regard sur tes dents histoire de m’occuper. Sans attendre un one-man-show (difficile de se lâcher au premier date), j’attends un minimum de flexibilité, de bons mots, de sourires. Si tu oses une blague un peu touchy (Mr Rock m’a fait une blague scabreuse sur les EHPAD au bout de 20 min), c’est presque dans la poche.

Quand un mec réussit à me faire rire

L’art de mener une discussion
Rien n’est plus désagréable et malaisant que quelqu’un qui ne pose pas de questions ou se contente platement de répondre aux tiennes. Mes rencards les plus médiocres sont définitivement ceux où l’homme à tenu le crachoir sur un sujet inintéressant au possible (son métier dans l’informatique par exemple) ou ne relançait pas la discussion. Dédicace à cet Espagnol qui m’a fait remarqué sous le ton du reproche que je posais  trop de questions. Problème : lorsque j’arrêtais, un blanc intersidéral s’imposait entre nous (#angoisse). Savoir mener la discussion mais également la nourrir : un homme vide de culture, de passions ou d’intérêts particuliers me pousse à finir mon verre (beaucoup) plus vite. Et si le mec me lance un regard bovin quand je sors une référence culturelle (poussée ou non, un peu geek ou pas) autant dire que je le finis d’un trait (le verre hein).

Lui : « Je kiffe les mèmes » Moi :

En somme…
Bien entendu, cela ne veut pas dire que je fais l’impasse sur la liste des exigences classiques : un minimum de beauté, de charme, de l’intelligence, etc. Néanmoins, contrairement à ce que cet article peut suggérer, je n’attends pas l’homme parfait, indéfectible, même si tous les critères susmentionnés sont véridiques. La preuve, mon ex, 1m78, m’a promis pendant des mois et des mois qu’il irait chez le dentiste se faire enlever ses pelletées de tartre. Wait. C’est un « ex » non ?

Love,

Une fille perchée

Applications de rencontre : les photos à éviter

Les applications de rencontre.  Métaphore assumée.

Mettons-nous tout de suite d’accord : 85% des gens sur les applications de rencontres ne lisent (malheureusement) pas la description du profil. Il s’agit donc de convaincre la clientèle que tu vaux le détour avec l’aide de seulement 3-4 photos qui te représentent vraiment. Ne pas mentir sur le produit mais vendre du rêve aussi, se mettre en avant mais ne pas se la péter non plus, être naturel tout en se présentant au mieux, offrir de la belle photo, mais ne pas la retoucher… bref. Et surtout garder en tête que le « swipeur » se dit toujours : « ok, donc c’est ÇA ses meilleures photos ». Mec, si tu te demandes pourquoi tu matches si peu, voici les photos A EVITER À TOUT PRIX SUR TON PROFIL.

On s’en fou de vos decors National Geographic bon sang ! on veut voir vos yeux, la forme de vos lèvres, vérifier que vous n’avez pas de strabisme ou les dents jaunâsses BOWDEL

Les photos avec les animaux
« Oh trop cute ce petit singe enchaîné sur ton épaule à qui tu donnes une chips ! » (say no one ever). Chimpanzé, éléphant,tigre, requin blanc, iguane…. A part si vous habitez en autarcie sur l’île de Ré, vous devriez savoir que s’afficher en 2018 avec une bestiole donne la gerbe . Pourquoi ? Parce que cela revient  à participer à l’exploitation des animaux dans le seul but d’amuser des touristes en quête de nouvelles photos de profil.

Je croyais que c’était le futur père de mes enfants… jusqu’à ce que je tombe sur la photo « rigolote ».

La photo soi-disant drôle
Un regard torride, du style, quelques mots bien choisis, bref, je suis sous le charme. Mes pupilles s’agrandissent. Gloussement de volaille. Une photo, deux photos, trois photos, mon pouce effleure l’écran, fébrile. Je suis sur le point de swiper à droite. Quand soudain le dieu grec se transforme en Bozo-le-beauf sur la quatrième photo. Parce qu’une seule grimace faciale suffit pour anéantir la magie. L’humour c’est bien. Encore faut-il en avoir un bon.

Comment j’imagine l’autre moitié de ton visage

Les photos aux angles tordus
A part si vous aimez la spéléologie, une photo en contre-plongée de vos naseaux présente peu d’intéret. De même, une vue d’en haut sur votre calvicie – même assumée- est rarement séduisant. Et ne me lancez pas sur le sujet des photos troncs ou encore des visages coupés en deux.

Quand je vois une énième photo de paysage

Les photos où on ne voit que le décor
Ok t’as bossé comme un esclave pendant 9 mois sous les spots jaune pisse de ton open-space pour te payer 2 semaines de vacances dans le grand Ouest américain. Mais cette photo de toi debout, de dos, levant poétiquement les bras face à l’immensité du vide est-elle vraiment nécessaire ?  Aux dernières nouvelles, les femmes veulent s’accoupler avec un corps et non pas avec un rocher. De même, à part si vous êtes propriétaire de l’île sur laquelle vous bronzez avec casquette et lunettes noires (zuper pour voir les traits du visage), inutile de partager la dite photo. Et on passera sur les gros plans sur vos rotules, votre coude, ou vos jambes allongées à côté de votre tente Quechua (seriously ?).

Quand je vois tes WC sur la photo

La lumière de lavabo
Ce n’est pas parce que tu habites Trentemoult-les-bains que la lumière fâdasse digne d’un service gériatrique est excusée. Si tu as le teint de Charlotte Gainsboug sous perf’, il est fortement conseillé de prendre les photos dehors, en lumière naturelle, et de dégainer ton plus beau sourire (à part problème sérieux de chicot).

Quand Chonchon tombe sur un mec avec une sacoche en bandoulière

Le style vestimentaire
Sont proscrits en 2018 : les cheveux en piques avec du gel, les chaînes en argent autour du cou, les marcels, les bermudas, les t-shirt informes, les sandales, les piercing faciaux et les chapeaux estivaux au goût suspect.

A ne pas reproduire chez vous (danger pour votre virilité).

La virilité exacerbé
« Et mes abdos ? Tu les a vu mes abdos ? Attends, vise un peu mon gros biceps gonflé au milshake proteiné dans le miroir de ma salle de sport. Allez les filles, ils sont beaux, ils sont chauds mes chichis mes abdos, rincez-vous l’oeil, j’enlève le t-shirt, il y en aura pour toutes les petites veinardes » Pitié. Dans le même registre les photos harem où vous posez fièrement entouré. NONNONNONONON.

Un message de la police Tinder

Les selfies de l’angoisse
A part si vous vous appelez Kevin, 15 ans, et que vous habitez le Calvados, évitez les selfies dans le miroir de la salle de bain. Premio, parce que la lumière ne vous flatte pas. Deuxio, parce que ça fait candidat dépressif viré de Confessions Intimes. Tercio, parce qu’on va juger votre salle de bain. A éviter aussi : les selfies dans votre voiture. Plan fixe serré et décor ennuyeux digne d’une photo d’identité. A croire que vous n’avez aucun ami pour vous prendre en photo (une campagne Leetchi pour vous acheter des amis ?).

« Le mec je l’épouse direct, il est trop beau, trop intelligent, trop drôle, ça se voit DE SUITE (non) »

 

 

De la difficulté de… préparer un concours

Le CAPES, une épreuve d’endurance psychique

Peu d’articles sur le blog ces derniers mois et pour cause : je préparais les écrits du CAPES de Lettres Modernes. Ma quête du grand amour (et accessoirement de moi-même) a donc été mise sur pause le temps d’engloutir 5 siècles de littéraire française, d’apprendre l’ancien français  et de me préparer mentalement à deux épreuves de 6h (amen). Une période dense qui m’amène à l’écriture de cet article à destination des kamikazes bûcheurs.

Conseil n°1 : travailler à plusieurs endroits
Si vous arrivez à bosser consciencieusement des heures et des heures attabler à votre bureau enfermez dans votre chambre, tant mieux pour vous. Si, comme moi, votre bureau est peu confortable (mal adapté ou peu lumineux), n’hésitez-pas à changer de pièce plusieurs fois par jour pour casser un peu la routine. Bureau, table à manger, canapé, voire lit (même si je m’endormais une fois sur deux), variez les endroits. Perso, j’ai besoin de silence, c’est pourquoi les endroits animés comme Starbuck (#cry) m’étaient proscrits. Mais si tu as un bon casque…

Ma concentration au bout de 25 minutes de travail

Conseil n°2 : varier les supports de révision
Fiches bristol, livres, polycopiés… De l’encre et du papier, encore et encore. Il est fort à parier qu’à un moment donné votre cerveau vous dise ciao. Résultat : vous avez beau être oklm, impossible de vous concentrer et donc d’apprendre. C’est le moment de dégainer YouTube et de partir à la pêche aux vidéos en lien avec votre concours (voir liens en bas de l’article). Cap également sur les podcasts à écouter en streaming ou à télécharger. Parfaits pour réviser aux toilettes, en se brossant les dents ou en voiture.

Conseil n°4 : s’autoriser des longs break
Tout le monde n’a pas la chance de bénéficier d’une année sabbatique pour préparer son concours pépouze en slip à la maison. Heureusement, il y a les vacances. Ou pas. Consacrer ses 2 semaines de glande officielle au bûchage intensif ou la garanti d’aller droit au surmenage. Un conseil : partez l’esprit tranquille (5-6 jours) les mains dans les poches à Perosguirec ou à Paris voir les copains. Ça oxygénera vos neurones. Et contrairement à ce que vous croyez, vous en serez que plus efficace à votre retour. Par contre, interdiction de ramener des cours à potasser (à part un chti’ livre pour le train, allez).

Quand je me dirige vers mes révisions un lendemain de cuite

Conseil n°5 : arrêter de culpabiliser (bordel)
Dimanche, 11h30, réveil. L’estomac dans les chevilles, les yeux vitreux et l’haleine qui sent encore le mauvais mojito. Ou comment foutre en l’air une matinée précieuse (voire une journée, le temps de s’en remettre) de révision pour avoir – un peu trop – arrosé votre foie de rhum. C’est pas comme si vous aviez pris le temps d’ouvrir un bouquin dans la semaine en plus (c’est pas moi c’est Casa de Papel !). Allez, on respire et on arrête de se ronger les ongles : ce n’est qu’un concours, on joue pas sa vie !

Moi, très stressée, après une journée devant Netflix

Conseil n°6 : ne pas (trop) écouter les autres
« Je connais quelqu’un qui n’avait pas du tout révisé l’ancien français et qu’a eu son concours » ; « Perso je me suis mis à bosser le CAPES un mois avant et je l’ai eu ». Vous vous rappelez de votre voisine de classe qui révisait jamais (et qui se plaignait avec ça !) pour le contrôle et qui se tapait un 18/20 ? Bah voilà. A l’inverse, méfiez vous de ces escrocs qui proclament haut et fort qu’ils potassent 4h par jour. Personne n’est là pour vérifier.

Conseil n°7 : intégrer des groupes de travail
Si, comme moi, vous préparez le concours en externe (candidat libre) seul chez vous, sans aide ni préparation, il est fortement recommandé d’intégrer des groupes Facebook. No problemo, il suffit de taper « CAPES LETTRES 2018 » pour tomber sur un ou deux groupes très actifs. Une vraie bouée de secours pour s’entraider dans ce chemin de croix mais aussi pour poser des questions et dissiper ses angoisses. Et pourquoi pas essayer de voir s’il y a des candidats dans sa ville pour travailler ensemble.

Quand quelqu’un tombe sur mon mur de post-it

Conseil n°8 : penser aux post-it
Si toi aussi tu as une liste de termes techniques à retenir longue comme la distance de la Terre à la Lune, je te conseille fortement l’usage de post-it. Une définition que tu n’arrives pas à retenir, un mot que tu oublies tout le temps, une notion sophistiquée à placer dans une copie, bref : un stylo, un post-it. Seule règle : ne pas écrire des pavés sur le papier. Le post-it doit être aéré et compréhensible au premier coup d’oeil. A positionner au dessus de son bureau, de sa table de chevet ou sur son frigo. Le but étant de scotcher des moyens mnémotechniques aux endroits où ton regard se pose le plus au quotidien.

Quand je pense au vaste océan de mon inculture littéraire

Conseil n°9 : faire un planning de révision et l’afficher
Un concours se prépare sur un peu moins d’un an. Et autant dire que la variété des domaines de révision donne le vertige : morphologie, sémantique, lexicologie, grammaire… autant tout de suite découper son année. Par exemple, de septembre à début janvier j’ai choisi de faire des fiches bristol des grands domaines d’étude en épluchant des ouvrages spécialisés. De janvier à avril, j’ai axé mon travail sur la méthologie des épreuves en étudiant méticuleusement les rapports de jury, les corrigés des éditions précédentes et en m’entraînant le plus possible en temps réel. Bien sûr, à chacun de plancher sur son propre programme.

Conseil n°10 : se fixer des objectifs à la semaine
Primordial pour ceux qui travaillent à plein temps à côté et qui n’ont pas le courage – comme moi – de se mettre à réviser à 19h. Le but n’étant pas de se mettre la pression mais de fixer des micro-objectifs par semaine. Exemple : le lundi, un chapitre d’ancien français ; le mardi, le programme de cycle 4, etc. Evitez d’étudier par « blocs mensuels » un domaine d’étude au risque de sombrer rapidement dans l’ennui. Qui plus est, le CAPES de lettres modernes entremêle souvent les savoirs (Un peu de morphologie un jour, un peu de lexicologie le lendemain, etc).

Je me considère comme une lectrice plutôt rapide

Conseil n°11 : sélectionner ses lectures
Préparer un concours est un combat contre la montre. Et rattraper en quelques mois la centaine de classiques de la littéraire française revient à vouloir aspirer l’océan avec une paille. D’où la nécessité de jouer les fines bouches dans ses choix. Primo, privilégiez les auteurs qui vous attirent, même si vous les connaissez peu (inutile de se taper du Proust si vous êtes allergiques aux longues phrases). Deuxio, privilégiez les formats courts (petits romans, nouvelles, poèmes, fables…). Mon erreur ayant été de perdre des mois dans la lecture du très long (mais formidable) Assommoir d’Emile Zola. Tercio, faites attention à varier les genres (poésie, théâtre, roman, etc), les époques (du XVII au XXeme) et les courants (du romantisme au nouveau roman). Si dans votre panier Amazon il y a quatre pièces de théâtre du XXeme siècle, alerte!

Conseil n°12 : prévoir du matos
Autant le dire tout de suite : vous allez épuiser une tonne astronomique de fluos. De même, pensez trombones (pour rassembler les fiches bristol d’un même thème), feutres noirs et de couleurs (pour pimper vos fiches de révision) et au bloc de feuilles pour les brouillons d’entraînement. Enfin, si comme moi vous habitez dans une coloc parfois brouillante, achetez un casque de chantier anti-bruit en magasin de bricolage (style girly assuré).

Quand je réquisitionne mon coloc overbooké

Conseil n°13 : méthode de révision alternative
La flemme de se coltiner un chef d’oeuvre de la littérature ? Regardez l’adaptation filmique histoire d’avoir en tête les (très) grandes lignes de l’intrigue. A condition, bien sûr, de choisir des adaptations réputées pour leur fidélité. D’une pierre deux coups puisque vous ajoutez une référence cinématographique à placer dans votre dissert. Vous en avez marre de réviser dans votre solitude ? Demandez à un pote de vous interroger sur vos fiches, il sera ravi. Énoncer à l’oral permet par la même de prendre conscience de lacunes que l’on n’avait pas soupçonné jusqu’à là.

Liens utiles

Podcast France Culture sur la littérature :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs
https://www.franceculture.fr/emissions/atelier-litteraire
https://blog-histoire.fr/tag/litterature

Des vidéos YouTube pour réviser ses bases
https://www.youtube.com/watch?v=vvPDZpW7_ws&index=20&list=WL&t=0s
https://www.youtube.com/watch?v=Y527rk_Q15E&index=16&list=WL&t=0s

Sites intéressants
https://www.mediaclasse.fr/ 
http://www.bibliolettres.com/w/pages/page.php?id_page=312

Lettre… aux backpackers

« Regarde Chéri, on voit les paysans là-bas. Téma ces ploucs PTDR »

Chers backpackers,

Je ne vous aime pas. Ou plutôt je ne vous aime plus. Oh bien sûr, comme tout rejeton de la génération Y, j’ai été branchée road trip, expérience Erasmus et voyages à l’autre bout de la Terre. Moi aussi j’ai voulu augmenter mon nombre d’amis sur Facebook en rajoutant à la pelle des Maria Consula Alvarez et des Chan Mai-Yolin (et accessoirement balancer des « Happy birthday James, hope everything is okay for you in NY! »). Moi aussi j’ai voulu rageusement exciter l’envie de mes followers avec des photos 100 fois retouchées d’un trip sauvage à Tambouktouroad assorties de légendes Pinterestienne. Revenir en royaume de France et de Navarre en balançant fièrement du « Mon pull ? Oh je l’ai acheté dans une petite boutique de L.A »et renseigner un touriste perdu dans un parfait english chiné à Brooklyn-t’as-vu.

Coucou, j’ai des vêtements Quechua dégueu mais JE SUIS HEUREUX

Et puis, j’ai arrêté de bouger. A force de trop remuer, j’ai chopé la nausée. Le cocktail à base de jetlag permanent et de mal pays ne m’a pas fait du bien. Le virus du voyage m’a salement possédé, et à l’heure actuelle je tente encore de m’en sevrer. J’ai ôté mes lunettes de soleil et j’ai pris du recul. Et c’est là que mon dégoût des voyageurs a commencé. Je déteste quand vous, voyageurs, YOLO de la vie, monopolisez la discussion en soirée. Quand, le torse bombé, vous énumérez un à un vos voyages comme on dissèque la liste des effets secondaires d’un médicament. Et ce, avec une fausse modestie en plus, genre c’est-mon-quotidien-quoi, galvanisés par ce parfum d’envie libéré par la foule de vos auditeurs, ignorant royalement que dans le lot, il y en a sûrement beaucoup qui ne pourront jamais se permettre ce treck de 8 mois en Asie.

Soirée de retrouvailles. Prise 1.

Parce que oui, derrière votre discours de gauchiste-hippy- sans-le-sou se cache un Picsou en puissance, voire le compte bancaire de François Fillon (avouez). Droits au chômage chipés par-ci par-là, argent de papa et maman, mais surtout économies intouchables travaillées à la sueur de votre front des mois plus tôt. Car le backpacker, même s’il est peut-être votre ami, est surtout un crochu fini. Une pince qui n’hésitera pas à refuser sorties et petits verres pour payer son aller (pas de retour of course, YOLO ou quoi ma gueule ?) à 800 boules pour un voyage qu’il effectuera tout seul, sans personne et surtout sans vous. En attendant vous, vous souriez, faut bien, vous n’allez pas le voir pendant 8 mois votre poto. Alors vous profitez, patient, même quand il dissèque pendant 10 minutes comme chaque samedi soir la carte du bar (« tu te rends compte qu’avec 10 euros tu peux vivre une semaine en Bolivie ? ») et balance du « Un menu à 20 euros ? C’est cher quand même ! ». Son compte en banque affiche 4 chiffres, le tien avoisine les 2 numéros les mauvais jours, mais c’est okay, au pire c’est cadeau. Il part bientôt non ?

Nan nan t’inquiète ce chinois crasseux à 5 balles me va très bien.

Mais là où je vous déteste le plus, c’est quand vous revenez de voyage, vous et vos poignets garnis de bracelets dégueulasses (fait-mains par des paysans for sure) qui dissimulent 6 kilos de crasse en dessous. Car votre retour c’est le moment où vous nous cassez les oreilles avec vos expériences « uniques », vos « c’est tellement différent là-bas, c’est la vraie vie, tu sais pas toi », et vos « attends, je t’ai pas raconté le truc de ouf qui m’est arrivé là-bas ! ». Le pire c’est quand on sait qu’on va se taper plusieurs soirées de retrouvailles avec vous, avec des potes différents, forcément, ce qui signifie se ramasser le même compte-rendu étalé sur 3h15 de soirée encore et encore. Ce qui veut dire, aussi, finir par bouffer toutes les chips de la table basse pendant votre interminable récit, et finalement se dire que les récits de Backpack’ pourraient être utilisés comme torture à Guantánamo.

Quand quelqu’un balance « Alors, ce voyage ? »

Une fois le sachet de chips récuré, c’est souvent le moment où, très en verve, vous vous lancez de toute votre hauteur, weed ou cigarette roulée à la main, sur le sujet de la situation en France, pays de votre coeur. Car faut pas croire, c’est pas parce que vous étiez au fin fond de la Mongolie ou dans un temple en Inde (avec Wifi faut pas déconner non plus) pendant 10 mois, que vous n’avez pas scroller Twitter et lu vos notifs Libération entre deux thés à la menthe. Et vous voilà, citoyen impliqué, mais surtout franchouillard privilégié, à défendre le Smicard et l’orphelin, et à vous lancer dans des diatribes mélanchonistes quand bien même vous naviguez hors du système 6 mois par an en pompant jusqu’il faut pour payer vos piña colada à Cancun. Votre voix compte comme une autre. Oh bien sûr, je ne vous jette pas la pierre. Pour cause, je jubile d’avance à l’idée d’imaginer votre tronche de six pieds de long une fois que vous devrez de nouveau travailler comme « les vrais gens dans la vraie vie ». Quand le souvenir de vos voyages s’accrochera aux trois pauvres photos exposées sur Tinder, mais surtout quand vous redeviendrez… vous-mêmes.

Sans rancune,

Love.

Une fille Perchée

Pourquoi les mecs sont allergiques au sérieux

Homme du XXIème siècle comparant des femm.. euh des bouteilles de lait dans un supermarché (photo non contractuelle)

« j’ai très envie de toi. Quand est-ce que tu viens me voir à Cannes ? C’était bon tous les deux haha mmhh… ». SMS. 7h du matin. Les mains crispées sur le volant, je vais à un entretien d’embauche. Baptiste, lui, suinte l’alcool à l’heure où d’autres sifflent de la Ricoré. Baptiste, 30 ans, mon sexfriend de Cannes parti faire le tour du monde 10 mois avant de revenir au bercail. Baptiste qui n’est jamais tombé amoureux de sa vie. Baptiste qui a la maturité émotionnelle d’un sachet de salade. Visiblement le garçon n’a pas avancé d’un iota en 10 mois : il court toujours après le sexe facile. Consommer, rien construire, swiper. Pourquoi les mecs d’aujourd’hui ne veulent-ils plus rien construire ? Pourquoi cette allergie au sérieux ? Parce que ce n’est pas parce que je fais la grève de l’amour que je ne dois pas continuer mon mémoire mes recherches sur l’homo-sapiens XY du XXIème siècle, j’ai mené mon enquête. Mes victimes ? Des individus à trois jambes triés sur le volet (célibataires, inconnus, amis, en couple, etc).

Moi, évangéliste humble de l’amour

« Je ne veux rien construire car j’ai besoin de temps »
En féministe un peu à cran, on a tendance à oublier que les hommes aussi ont des sentiments (je vous jure). Seulement voilà, notre société est telle, qu’il faut gratter avec vigueur les mots « virilité », « masculinité exacerbée », « queutard » et « regarde-ce-que-je-peux-faire-ma-bite » pour découvrir s’il nul n’est découvert des… émotions. L’excellent docu « The Mask You Live In » (disponible sur Netflix) explore très justement cette pression silencieuse exercée dès l’enfance sur les hommes. Montrer qu’on est fort, ne pas pleurer, taire ses émotions (signes de faiblesse)… Discours martelé aux petits garçons qui font oublier aux nanas que derrière ces vannes sur leur teub, ces discours primates sur le nombre de filles « levées » le week-end dernier, se cachent un petit être à la sensibilité émotionnelle excisée.

Vous avez le droit d’avoir des émotions les mecs. On vous écoute.

« Je voulais rien de sérieux car j’ai été traumatisé par ma dernière relation longue de 3 ans. J’avais besoin de cicatriser. À présent, je suis prêt » me confie Charly, un ami célibataire, beau garçon, intello, et au volant de sa start-up toute neuve. Charly est du genre à avoir la langue bien pendue. À part quand il s’agit de lever un tabou : celui de son ex qui a fait mal à son petit coeur de babtou fragile. Sa période de batifolage a lui aura duré 6 mois. 6 mois entre les jambes de gonzelles pour alléger le trauma. Une durée plutôt modeste quand on a l’impression que 97% des mecs sur internet sont à la recherche d’une relation 0% depuis un quart de siècle.

Deux mecs visiblement traumatisés par leur ex-copine. HASHTAG GROSSE CARAPACE DE BG TASVU

« Je sors d’une relation de 8 ans. J’ai besoin de respirer ! » explique joyeusement Arnaud, un inconnu rencontré sur  Happn. Arnaud, 34 ans, a le profil type du jeune-vieux qui se frotte les mains à l’idée de réintégrer la meute des célibataires (troupe que l’on associe dans l’imaginaire collectif à la vingtaine). Quelle joie de s’éloigner du forfait labrador-Scénic-Picasso ! Pauvre Arnaud. Il ne le sait pas encore, mais son enthousiasme de puceau va se casser les dents : les règles de séduction ont changé en 8 ans. BONCHANCE. Arnaud est l’échantillon représentatif de ces mecs qui ne veulent pas de sérieux après une relation longue. Qui veulent, en résumé, s’envoyer des filles dont ils ignorent le nom (et s’en contrefoutent) à foison, péter sous la couette en toute liberté, laisser trainer des cadavres de bières sur le carrelage et décommander à la dernière minute – et dans le total irrespect – des soirées en homme sans attaches qu’ils sont. Une relation de couple supposant, comme chacun sait, se coltiner une copine fémino-hystérique (surtout quand elle a ses règles) qui met le feu à tes fringues (surtout quand elle a ses règles) si t’oublie sa date d’anniversaire et te harcèle de textos si tu lui as pas souhaité une bonne journée. Être célibataire après une relation longue, c’est faire rugir le tigre trop longtemps domestiqué en eux, c’est libérer le Moi primitif, celui de fertilisateur de femelles en pagaille (#missiondivine).

Les mecs qui sortent de relation longue sur Tinder #letempsdelinnocence

« Le but dans ce monde, c’est la quantité. Construire, c’est quelque chose qui se réussi ou s’échoue. C’est stressant. Baiser sur Tinder c’est comme digérer : c’est journalier, automatique, facile, pas besoin d’y penser, pas besoin d’y travailler. C’est juste au moment d’expulser que c’est un peu pénible. » résume William, mon BFF, 27 ans et en couple. La feignantise, la grosse flemme, le poil dans la main donc. Et si Roméo s’était tapé Juliette avant de dire « allez, on s’appelle, ciao » ? Et si ton grand-père allemand n’avait pas attendu secrètement pendant des mois avant d’épouser ta grand-mère française ? (WAIT) Et si mon 1er grand amour à 300 km ne m’avait pas envoyé des missives pendant 1 an avant qu’on se retrouve ? La vie est déjà tellement dure, alors pourquoi faudrait-il en rajouter hein ? Pourquoi prendre la peine de concocter soi-même un dîner et en être fier quand on peut se faire livrer du graillon dans du papier d’alu collant et se noyer dans sa culpabilité ? Le fait est que les plus belles histoires d’amour naissent dans l’effort, la patience et la persévérance (amen).

Repose en paix, lettre d’amour, vestige des années 2000′
« Je pense que c’est la société qui a changé, évolué dans ce sens. Société de consommation, gestion du temps, on est plus difficile, on tolère moins, on se fait chier plus vite. » conclue Julien, une connaissance de 29 ans célibataire. Ce geek timide, plutôt porté sur le sérieux, m’a transmis sa vision de la chose. Mais peut-on vraiment prendre au sérieux les informaticiens, êtres évoluant dans un aquarium de lumière bleue, le regard fixé à son ordinateur dans sa cuisine dont les murs revendiquent une collection de mangas ?  
Métaphore des relations amoureuses en 2017

« Avant de construire il faut vivre ses expériences, s’amuser, bref, vivre avant de s’engager. Cela permet d’avoir moins de frustrations à ce niveau, d’être plus fidèle et tourné vers l’autre. Être en couple dans tous les cas c’est quand même une vie un peu plus chiante. » Baptiste, 30 ans. Terminer cette étude avec l’énergumène qui m’a donné envie d’écrire cet article me paraissait évident. Sans surprise, c’est avec lui que je me suis le plus disputée quand je lui ai demandé son avis sur la question. Sa vision effrayante de la chose est malheureusement partagée silencieusement par un bon nombres d’hommes. Bien sûr, ces derniers ne le reconnaitront pas de façon aussi flagrante et hideuse. Mais c’est un fait : pour beaucoup de mecs, être officiellement avec une fille signe tout simplement la fin de la liberté. L’instauration d’une routine aliénante (changer la litière du chat, les plateaux/télé, l’achat d’un appart, t’as nettoyé les chiottes ?…). D’où cette jouissance presque maladive de la vie (soirées à foison, voyages, conquêtes féminines, etc).

Cimer les clichés

Être en couple c’est un frein à l’égoïsme, au rêves individuels, à l’égocentrisme à l’épanouissement personnel. Une vision du couple (et plus scandaleusement de la femme) rance, héritée souvent d’un schéma parental dépassé (maman engueule papa quand il rentre tard) ou décanté à partir des clichés dégueulés de la société. Exemple : le cliché de la copine ultra jalouse qui espionne le portable de son mec et lui fait une grosse scène, caricature affligeante que l’on retrouve aussi bien dans les clips qu’au cinéma.
Bien sûr faire changer d’avis Baptiste, quelqu’un qui n’a jamais connu l’amour, est compliqué. Cela revient à vouloir redonner la vue à un aveugle en lui offrant des lunettes. J’aurais quand même essayé de bousculer ses convictions à lui, le grand voyageur qui est rentré à Cannes parce qu’il se sentait… seul.

Love,

Une fille perchée

J’ai testé pour vous… le coup de foudre

Coup de foudre. 6 jours plus tard.

« Le coup de foudre est un phénomène qu’une personne peut ressentir lors d’une rencontre subite avec une personne inconnue. Il paraît être quelque chose d’unique et de formidable, c’est du moins ce que ressentent les personnes qui se disent avoir été frappées de la fameuse « décharge électrique » de l’amour.» Merci Wikipedia pour la définition la plus mensongère de l’humanité avec celle du mot « passion » (pour rappel, du latin « passio » : souffrance, maladie, indisposition). Explications.

Quand le cinéma me vante « la passion » et le « coup de foudre »

Jeudi. 21h, centre ville de Nantes (ambiance Morandini t’as vu)
Rencard Tinder dans un pub irlandais de mon choix (tip : idéal pour casser le côté « rendez-vous-convenu-avant-mariage-arrangé »). Je m’y rend détendu du slibard, rompue à l’exercice, et pour cause, 98% du temps le mec est moins excitant que sur l’appli. Un peu comme quand t’ouvres la boite de ton McChicken, et qu’en lieu et place du rondouillard burger annoncé sur l’affiche de l’abri bus, se niche un petit sandwich anémique. Je repère le mec au coin de la terrasse. Je m’approche. Et là, la gifle. La flèche de Cupidon me tranche les deux ventricules. Je suis soufflée, mais, grâce au ciel, pas encore consciente de la tempête Harvey en moi. En témoigne ma verve, infatigable ce soir-là. Tranquille, j’enquille les Guinness. Je dissèque ce Christian Grey en puissance, sans nul doute le plus beau mec rencontré à ce jour. En dépit des effluves de houblon, j’ai (encore) assez d’esprit pour saisir que le garçon a pas mal de cadavres dans le placard. Ce qui, en soit, veut dire deux choses : primo, Mr Grey a une carapace contre les émotions de la taille du Brésil. Deuxio, il va me briser le coeur.

Aperçu de ce qui se passe dans ma tête

Minuit, l’heure du crime. Il me raccompagne au parking. Détachée, je lui file une affectueuse accolade (rappelez-vous, je n’ai pas encore conscience du pétrin où je me suis fourrée) et la belle bête d’en profiter pour me retenir par la main et m’embrasser avec fougue. Car même s’il travaille demain, Mr Grey veut que je dorme chez lui et qu’on « fasse des papouilles » (pas de crac-crac car il « a pas de matos »). J’hésite, méfiante, avant de filer main dans la main (!) à ma perte chez lui. S’ensuivra une nuit torride (sans sexe promis juré) agrémenté de discussions, de rires et… de promesses gratuites. Car oui, Mr Grey, plutôt sobre, me tartine de compliments et me parle beaucoup au futur (« il faut que je te fasse découvrir ce resto », « il faut qu’on aille là », « on se voit demain ? »). Le lendemain matin, les pupilles dilatées et le loup de Tex Avery en pleine rave-party dans mon corps (merci le flot d’hormones), je rentre chez moi.

Le coup de foudre, cet état merveilleux

Vendredi.
Impossible de me concentrer sur mon travail. J’ai l’estomac noué. Pas d’appétit. Une nervosité folle me ronge les viscères. Les heures s’égrènent avec une lenteur qui me donne envie de me jeter du velux. Je me rend compte pour la première fois de ce « quelque chose d’unique et de formidable » (Lolilol Wikipedia) et qui – ô hello ! – n’est VRAIMENT pas agréable, mais plutôt affolant, douloureux, pathologique et paralysant. Grâce au ciel, une soirée programmée avec un ami et son cousin m’offre une diversion (chouette night qui se terminera par la drague lourde de ce dernier).

24h sans Mr Grey. RAS.

Samedi.
Mon Mr Grey me propose par sms d’aller à la plage dimanche. On convient des détails logistiques par message (il viendra me chercher en début d’après-midi). J’esquive les infarctus quand je vois son nom apparaître sur mon smartphone. Mes entrailles jouent des claquettes (je ne vous fais pas un dessin hein) et mon appétit est toujours aussi absent. Un ciné est également au programme ce samedi soir. Pour faire la nana sexy qu’a confiance en elle (attention bullshit), je choisi le film (les Proies), le ciné et l’heure. Une fois installés dans la salle obscure, je le sens pourtant moins chaud-patate-câlin que le jeudi soir, mais je passe outre. Jusqu’au drame. Jusqu’au moment où il me questionne sur ce que j’ai fais hier soir :
Moi (grande gueule) : J‘ai fais une soirée avec deux potes. C’était cool, même si la fin était relou…
Mr Grey (pas né de la dernière pluie) : Ah ouais… Bon je vais pas poser de question, car je sens que la réponse ne va pas me plaire.
Moi (consciente d’avoir signé son arrêt de mort) : Ah… ?
(silence mortel)
Moi (Miss France de la connerie) : bah c’était juste relou car son cousin me draguait lourdement vers la fin. Il est sympa, mais bon c’était l’alcool (donner une excuse au cousin et prendre sa défense : miss UNIVERS de la connerie).
Mr Grey (glacial) : Mmfh ouais c’est bien ce que je pensais.
Moi (à deux doigts de balancer « Mais non c’est pas ce que tu crois je te jure ») :
Le film débute. Quelques papouilles, toutefois, devant ce navet fini (histoire d’enfoncer les clous de mon cercueil). Les « au revoir » se limitent à des baisers chastes dignes d’un couple de mormons. « Je te tiens au courant pour demain ». Le coeur dans les baskets, mon intuition flaire la tragédie.

Allégorie de ma prestation au cinéma avec Mr Grey

Dimanche.
Toujours pas d’appétit. Je prépare mes affaires de plage – ignorant copieusement mon intuition – , impatiente d’être en début d’après-midi. Midi. 13h. 14h. 15h. Wait. C’est jusqu’à quand le début d’aprem ? J’ai le coeur dans un étau chauffé à blanc. Je ne veux pas être celle qui envoie le premier message. Mais si je ne veux pas croupir par 30° chez moi un dimanche, il faut que je prenne les devants. Je réfléchis donc à une tactique non-agressive tout en prévoyant un plan B pour la fin de journée (je ne réfléchi pas trop mensonge). Compréhensive bien que bouillonnante, j’adopte par sms l’attitude de la fille « Tu me file un lapin, que dis-je, un lièvre ? Mais c’est pas grave mec, no souci, moi aussi j’ai une vie de toute façon, allez bisou lol ! ». 1h plus tard, Mr Grey me répond : « Rolala j’ai vu mes potes dans la soirée, je me suis couché à 10h et j’ai raté le réveil. Désolé !! ». La disquette est tellement monstrueuse, que la colère remplace temporairement l’amour. Assommée, je ne répond rien. Le soir, je me rends chez mon ami. « Tu n’aurais pas maigri ? ». C’est ce quelque chose d’unique et de formidable.

Mardi.
Mon intuition (BITCH) me susurrait qu’il ne m’enverrait plus rien. Depuis dimanche, effectivement nada. Pas de happy end. Il ne reste que moi et mon coup de foudre inutile, mais, hélas, toujours palpitant. Une pause dans ma recherche de l’Amour s’impose. Car rien n’est plus douloureux que de le trouver… et de ne pas le partager.

Love,

Une fille perchée