Lettre aux… personnes qui vont au cinéma (avec moi)

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Ça pourrait être toi et moi. Sauf qu’en vrai je préfère l’écran

A toi,

Toi qui a accepté de m’accompagner voir le dernier Xavier Dolan alors que les critiques sont calamiteuses. Toi qui te retrouves à faire la file pour le dernier 50 nuances de Grey alors que tu n’as pas vu les deux premiers. Toi qui accepte un ciné parce que tu veux me faire plaisir, me plaire, me mettre dans ton lit, ou les trois à la fois. Sache que si tu t’engages à aller au cinéma avec moi, temple du 7ème Art que je vénère et idolâtre, tu devras respecter un bon nombre de règles.

Pour certains, la première impression est déterminante. Pour moi, c’est ta capacité ou non à te pointer en avance au cinéma. Gare à toi si tu oses me faire piétiner devant mon sanctuaire, l’oeil furieux vissé à ma montre. Si tu arrives pile à l’heure de la séance (21h), il est fort probable que pour gagner du temps j’ai déjà acheté les places en te maudissant dans ma tête sur trois générations. Si tu arrives en retard en t’excusant, rassure-toi, tes excuses n’y changeront rien. Tu auras perdu 100 points mais gagné la note du restaurant, du bar et tutti quanti. Tu te permets d’afficher une démarche nonchalante accolée à 10 minutes de retard ? Et ce, soi-disant parce qu’il y aurait  « 15 minutes » de pub « lol » ? Autant me cracher dessus. Sache que c’est mon respect, ma considération et mon estime que tu perds avec ces 15 minutes. Sans compter qu’avec ton inconscience, on va sûrement hériter des places dans les coins ou aux premiers rangs. Joli travail.

Judging you so, so, so hard babe

Car vois-tu, j’adore les pubs au ciné. J’ai encore ce souvenir ému de la pub Guerlain, petit chef d’oeuvre de presque 6 minutes, niché au fond de mon coeur. Tout est plus beau, vibrant et touchant dans une grande salle noire. Bien sûr, tu as le droit de me glisser quelques mots pendant ce prologue commercial. Mais pitié, évite de te lancer dans des grandes envolées émotionnelles sur ta vie, sur les problèmes avec ton mec, sur la leucémie de ta soeur ou sur tes intrigues d’open-space. Aussi passionnant sois-tu, il est fort probable que tu aies droit à a des grommellements préhistoriques en guise de réponse. A des coups d’oeil furtifs au mieux, de peur de paraître malpolie. Bref, je vais me sentir obligée de faire des allers-retours visuels entre l’écran et toi et c’est fort désagréable. Et ce qui vaut pour les pubs, vaut, vien évidemment, pour les bandes-annonces. Même si oui, bien sûr que je l’ai déjà vue celle-là. Oui, c’est vrai, je n’irais sûrement pas voir ce film avec Thierry Lhermitte, mais… mais… laisse-moi.

Mais tu vas te taire oui ?

Sinon, j’espère que tu ne penses même pas à consulter ton smartphone en plein film. En un mot : vulgaire. Oh, j’oubliais, si tu es un homme et que tu veux gagner des points, rien de plus simple : met ta main sur ton genou pendant la séance ou prend-la-moi (la main). En romantique biberonnée aux romances US, ce genre d’attention me donne juste envie de t’épouser.

Autre chose, pas la peine d’insister, il est inenvisageable d’aller voir un film en VF. Sache que je te jugerais très fort si tu le proposes. Tu veux prendre la poudre d’escampette à peine le film fini ? N’y pense même pas, à 9 euros la place, tu penses bien que je veux me prélasser dans l’émotion post-film jusqu’à ce que l’employé nous assassine du regard, lui et sa balayette-pelle-mobile. Autrement dit, ne compte pas me presser : je ne partirais pas tant que je n’aurai pas vu le nom de baptême de TOUS les stagiaires au générique. De même, rien n’est pas plus désobligeant que quelqu’un qui sort de la salle comme si de rien était, façon sociopathe, sans échanger sur le film, sans une parole, sans une émotion. A la manière d’un touriste qui rêve d’un burger au sortir d’une visite du musée sur la Shoah. Bref, finalement, si tu aimes vraiment le cinéma, tu sais tout ça, alors : invite-moi.

Love.

Une fille Perchée

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Pourquoi je déteste les débuts d’une relation

Tout… va… bien

« Mais c’est merveilleux les débuts d’une relation ! C’est ce qu’il y a de meilleur ! » dixit 99% des gens. Vous l’aurez deviné : je suis le 1% restant. Car oui, j’ai la chance d’avoir rencontré un garçon qui me plaît énormément. Et oui, si j’écris cet article un samedi soir et que jai eu l’idée de ce sujet cela veut dire que tout ne se passe pas comme prévu.

L’angoisse de l’incertitude
Pour les filles comme moi qui bénéficient de la formule 3en1 (névroses-angoisses-sensibilité), autant dire que se rendre à l’évidence qu’on aime BEAUCOUP quelqu’un est loin d’être rassurant. Est-ce que je lui ai plaît « vraiment » ? Est-ce qu’il me considère comme sa copine ? Comment est-ce qu’il voit l’avenir ? Est-ce qu’il est fiable ? Pourquoi il ne me donne pas de news alors qu’on était censé se voir ? 314 questions sans réponse par minute. Voilà le lot quotidien d’une angoissée à fond sur un mec. Alors oui, pour certains c’est trop génial cette espèce de doute qui plane en permanence lors des débuts. Rien n’est acquis blablabla c’est excitant blablabla. Vous me direz « bah si tu es rongée de questions, pourquoi ne pas les lui poser ?  » La blague. Si les mecs ne prenaient pas leurs jambes à leur cou dès qu’on les interroge sur les sentiments, l’avenir ou le statut d’une relation ça se saurait. Pas besoin d’avoir inventé l’eau chaude pour le savoir. Et puis tant qu’à boycotter sa propre relation, autant mettre les pieds dans le plat hein. « Hey, excuse-moi hein, mais vois-tu, je suis assez sensible, alors sache que tu vas devoir souvent me rassurer ».

Trop de questions trop de questions trop de questions

La montagne russe des émotions
Pour une émotive, les débuts d’une relation sont très compliqués à gérer. Personnellement, je change d’humeur 100 fois par jour. Le plus souvent, c’est tout blanc ou tout noir. Le coeur qui s’accélère à en perdre les pédales, les hormones en rave party, la douleur étranglante du manque… autant dire que le commencement d’une histoire me plonge dans une essoreuse à salade à taille humaine. A cela s’ajoute une pression professionnelle qui, actuellement, rajoute du kérosène sur les braises de mes émotions. Alors oui, les papillons dans le ventre c’est coolos. Mais je suis prête à y renoncer easy si on m’enlève aussi l’aigreur du manque de l’autre ou encore la fébrilité lorsque le ton monte légèrement entre lui et moi (est-ce que cette légère brouille par SMS va impacter notre relation naissante ?).

Je l’adore mais je vais mouriiiiiiiiirr ouaaaiiss

La volonté d’impressionner l’autre
En perfectionniste control freak en puissance, je dois avouer que tout dans ma vie quotidienne est réglé façon troisième Reich. Du coup, quand je rencontre quelqu’un qui m’attire follement, j’en profite pour m’auto-rajouter une bonne portion de pression. Même si la personne en face de moi est complètement décontract’ voire je-m’en-foutiste de son côté. Que voulez-vous, c’est instinctif chez moi. Conséquence : j’en deviens coincée de la fesse tellement je veux être au top. Gestuelle réfléchie, anecdotes triées sur le volet, mimiques étudiées, choix orienté de la playlist, jusqu’à la disposition de mes affaires près de mon lit. Tout doit être par-fait. Je veux que l’homme soit épaté, sous le charme, qu’il tombe amoureux, que sais-je. En un mot, c’est épuisant. Je n’ai qu’une envie : faire avance rapide dans la relation pour être charmeuse certes, mais en grenouillère pilou-pilou.

Tout est pensé vous dis-je. TOUT.

La difficulté de faire confiance
Quand on atteint un certain seuil kilométrique et qu’on est encore seul(e), cela veut souvent dire qu’on en a essuyé des désillusions, des échecs et que son coeur ressemble à un tableau de Picasso. En ce qui me concerne, mon expérience et l’état actuel du marché ont rudement éraflé ma confiance envers l’autre sexe. Résultat, quand je m’entiche d’un nouveau garçon, je le scrute en chien de faïence un bon bout de temps avant de baisser la garde. Le problème, c’est qu’au moindre faux pas du (gentil) garçon, au moindre malentendu, je fais deux pas en arrière. Cela suffit pour que le doute, tel un herpès géant (#poète), vienne s’implanter dans ma tête. C’est ainsi qu’après un léger accrochage par SMS vendredi soir, j’ai passé la journée du samedi (aujourd’hui donc) à me ronger les sangs car monsieur ne me donne plus de nouvelles. Peut-être qu’il est simplement débordé. Peut-être qu’il boude. Si c’est le cas, comment faire confiance à un mec qui se mure dans le silence au moindre accroc ? Bref, j’ai besoin de preuves, qu’on montre plusieurs fois patte blanche pour être sûre que je n’ai pas affaire à un escroc ou à un clown.

Alors oui messieurs dames il y a un côté touchant dans les débuts. Mais à 29 ans, on a plus envie de se planter. On est épuisé des sites de rencontres, de la peur de l’échec, du jeu cruel de la séduction (à prendre ou à laisser). Alors, vivement le milieu.

Love,

Une fille perchée

De la difficulté de… gérer un post-traumatisme attentats

Moi, grande courageuse des attentats MDR

Je ne suis ni victime, ni une traumatisée. Je n’ai connu personne de touché. Et pourtant, je n’ai pas trouvé d’autres mots pour signifier cette sensation qui me paralyse lorsque des circonstances type « attentats » se produisent. Syndrome post-traumatique ? Beaucoup trop fort. Mais… quoi d’autres ?

13 novembre 2015 : attentats de Paris. 
Parisienne, je ne suis qu’à une poignée d’arrêts de métro du lieu tragique. Bien sûr, je suis ébranlée par cet événement sanglant. Surtout qu’il a lieu dans une zone que je connais très bien : celle de mon ancien boulot de pigiste. Toute la nuit, les hélicoptères vrombissent au-dessus de mon appartement. BFM tourne en fond. Le lendemain matin, avec une copine, on tente de trouver un Sephora ouvert pour se changer les idées. On est à côté de nos pompes, mais je ne connais aucune victime : j’ai de la chance.

Le sens des réalités donc

14 juillet 2016 : attentats de Nice. 
Je vis à Cannes. Avec mon BFF parisien (descendu pour son anniversaire), on décide d’assister au feu d’artifices à Nice avec un ami Belge. Niveau timing, on est serré. On part de Cannes à l’arrache pour se rendre sur la Promenade des Anglais. On doit rejoindre une amie sur place. Mais on arrive trop tard, le feu d’artifices est terminé. Tant pis, on rejoint les rangs de la foule d’enfants, de vieillards, de familles, de touristes le long du bord de mer. On est pressés, mais la foule est compacte, et doubler s’avère compliqué. Puis, un bruit. Et la foule derrière nous commence à courir. Perso, je marche, soupirant devant cette paranoïa collective post-13 novembre. Les gens continuent de courir. Mon ami belge me saisit par la main et me force à galoper à mon tour. Les gens partent dans tous les sens. Certains laissent leur poussette voire une tong en plein milieu de la promenade. On se retrouve devant la grille très haute d’un jardin public. Mes amis grimpent. Je reste en bas. Je suis en robe longue blanche et… je n’ai pas de culotte. Je ne suis pas terrorisée bizarrement, au contraire : une puissante dose d’adrénaline se répand en moi. Je me sens invulnérable. A ce moment précis, on ne sait pas encore ce qui se passe. Des kamikazes ? Un tireur isolé ? Je reste prostrée dans un angle près de la grille. Mes amis me hurlent de grimper. Au bout de la petite rue, une voiture de police à l’arrêt avec des policiers planqués derrière en gilet par balles. Je ne bouge pas. Je reste coincée. Avec le recul, je me dis que j’aurai été maligne si un tireur avait débarqué à ce moment précis.

Bref. On réussit à rentrer à Cannes. Je vais bien. Je ne suis pas en larmes. Je ne fais pas de cauchemars. Au contraire, avec mon BFF, on n’arrête pas de déconner. Demain, c’est mon premier jour de travail.

Grimper avec une robe longue hippie ? Serioulsy ?

5 mars 2017 : exercice « alerte intrusion »
Je suis professeur dans un collège. Un nouvel exercice vient s’ajouter à la suite de la fameuse « alerte incendie ». L’exercice « alerte intrusion » consiste à appliquer une procédure de sécurité avec sa classe en cas d’intrusion d’un tireur dans l’établissement. Ce jour-là, je suis avec ma classe de troisième. L’alerte sonne. Je suis prévenue. On ferme les rideaux, on éteint les lumières et on bloque les portes contre des tables. Les élèves et moi-même sommes par terre, dans le noir. L’établissement est plongé dans le silence, si ce n’est cette sonnerie qui vrille les tympans. Un « acteur » passe dans le couloir, tambourine contre les portes pour simuler la dite intrusion. Enfin, un haut-parleur nous annonce que l’exercice est terminé. Les élèves rigolent. Moi, je suis presque tremblante. J’ai le coeur affolé et une envie de pleurer qui me surprend. Je réalise pour la première fois que je ne suis pas si indemne que je le crois.

Sauver les apparences sauver les apparences sauv…

15 décembre 2018 : manifestation des Gilets Jaunes
Samedi, 15h. Comme beaucoup, je n’ai pas d’autres choix que de profiter de ce samedi pour faire mes achats de Noël. Le temps est horriblement humide et froid. Je croise quelques Gilets Jaunes, épars. L’atmosphère est calme mais suffisamment instable pour voir les seuls magasins qui m’intéressaient fermer leurs portes. Je peste. Je change de quartier. Je traverse une grande avenue envahie de Gilets Jaunes (entre casseurs, manifestants, ivrognes, punks et lycéens des quartiers, difficile de faire la part des choses). j’expérimente pour la première fois le gaz lacrymo dans les yeux. Des hurlements agressifs retentissent ici et là.
J’atteins la FNAC avec, devant, les mignonnes maisonnettes du marché de Noël. Soudain, des bruits de tirs. Des projectifs fumants, à haute altitude, fendent l’air. Une marée de manifestants se rabat. Une bande de filles court et manque de me faire tomber. Je me rabat dans un coin. Des gens encagoulés dont ne voit presque pas les yeux passent, ici et là, la démarche belliqueuse. Deux manifestants se querellent avec un propriétaire d’une maisonnette qui ferme les volets de son stand. Des hommes passent en aboyant. Un autre s’écrit qu’ils seront là tous les jours. Je rentre chez moi. Je pleure toute la soirée.

Comment je vois les Gilets Jaunes depuis

Je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça, moi qui n’ai pourtant pas peur de la foule. Est-ce que c’est lié à ce maigre « vécu » ? Est-ce que c’est lié à la paranoïa collective ? Au monde actuel ?  Est-ce que d’autres personnes connaissent cela ?

Love,

Une fille perchée

De la difficulté de faire son deuil amoureux en 2018

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L’image que je renvoie VS ce que je ressens à l’intérieur de moi

Moi et le médecin c’est fini. Il n’y a pas grand choses à rajouter. Un soir, la conversation a naturellement dérivé sur la question de l’épanouissement de chacun. Et j’ai craqué. Je lui ai expliqué oklm, dans son sofa très je-suis-médecin-propriétaire-et-j’ai-du-goût, que j’y arrivais pas, que j’y arrivais plus. Moi et ma dignité on est quand même restés debout : tandis que j’énoncais avec un sérieux de sphinx mes raisons, les larmes coulaient lentement sur mes joues dans un effet très tragédie racinienne.

Pas moi concrétement

Un échec à encaisser
Je ne vais pas vous mentir. Le lendemain matin (la fameuse nuit d’adieu qui n’est jamais une bonne idée vous savez ?), je suis repartie la queue entre les jambes. Il était 7h30 du mat, le ciel était humide. Un vrai film français (mais j’avais pas d’imper). Car 6 mois de relation, même s’il n’y a pas d’amour et que c’est toi qui rompt, c’est 6 mois de relation. C’est 312 messages, 23 coups de fils, 45 images échangées (statistiques à la grosse louche), et autant de rires, de restos, de cinéma et d’amis rencontrés. Alors oui, moi et ma dignité on est rentrés à la maison la tête basse retrouver la solitude. Un échec n’est jamais bon.  Ni pour l’ego, ni pour le coeur, ni pour ta housse d’oreille que tu vas devoir changer plus souvent (if you know what I mean).

Oreiller morve et larmes salées (air connu)

Faire son deuil en 2008
Je me rappelle des ruptures d’il y a 10 ans (hou le coup de vieux). On chialait notre race pendant des semaines. On s’enfermait pendant des heures dans notre chambre. On regardait par la fenêtre l’oeil torve en écoutant en boucle une playlist de chansons tristes. On écrivait dans notre journal intime. On faisait la gueule des jours et des jours. On faisait genre on n’a pas faim. Bref, on prenait notre mal en patience : on savait que ça allait durer plus d’une journée.

Moi, en 2008, écoutant le 1er album de Kyo

Faire son deuil en 2018
Le médecin me manque terriblement. Et même si je sais que j’ai pris la bonne décision, j’éprouve ces vagues de « manque », de mélancolie, parfois, en pleine soirée avec des potes. Tu sais, ces moments gênants où tu as juste envie de lui envoyer « tu me manques » à 00h33 ? Et pourtant, malgré cet état de tristesse tout à fait légitime, je me suis remise par réflexe sur… Tinder. Et ce, 2 jours après la rupture. Non pas pour me taper un mec, mais par automatisme. J’ai ouvert l’application comme j’aurai pris un paquet de Kleenex dans un tiroir. BIzarrement, ce réflexe ne m’a pas fait du bien, au contraire : il n’a fait que me renvoyer en pleine figure mon « manque » pathologique (au sens toxicologique de l’addiction néfaste) d’affection, de reconnaissance du sexe opposé. Les applications de rencontres ont remplacé la bouffe, les chansons déprimantes de Saez, le journal intime caché au fond du tiroir de la table de chevet. Si jadis on acceptait volontier de se morfondre dans des rêveries mornes en regardant le plafond, aujourd’hui l’idée même de rester allongé dans un lit à ne rien faire – si ce n’est penser à son échec amoureux – paralyse, angoisse, effraie. Il faut s’occuper l’esprit, se bouger, ne surtout pas se poser, vivre ou ressentir son deuil.

Et si je me masturbais pour éviter de penser à mon coeur saignant ?

Catalogue 2.0
2 jours après ma rupture, je suis retournée sur Adopte un Mec avec mon faux-compte, par curiosité. Et devinez quoi ? Le Médecin était de retour. Ce qui veut dire qu’après 6 mois de relation, il lui aura fallu 2 jours pour dégainer sa carte bleue et entrer son code à 3 chiffres pour renouveler son abonnement. Autant dire que je me suis sentie cloche. Cloche d’avoir eu l’infime espoir qu’il réfléchisse sur nous, sur son comportement, qu’il me recontacte pour me dire que je lui manquais, et que ça valait le coup qu’il se sorte les doigts pour s’investir dans notre relation. Mais non non. Lui et ses traumas se sont dit  « Fuck, ça fait 5 ans que toutes les meufs me larguent pour la même raison, mais je vais pas travailler dessus, non, je vais plutôt continuer sur ma lancée et aller serrer des petites poules sur Adopte ». Normal. On est 2018, pourquoi s’embêter ? Il n’y a qu’a rentrer 3 numéros pour rencontrer une femme open et consentante. Pourquoi s’enquiquiner à reprendre le brouillon d’une relation, à la retaper, à la customiser, à travailler dessus, quand on peut en avoir une toute neuve à choisir en direct de son sofa ?

Je n’ai pas jugé le Médecin même si ça m’a fait mal. Mais je crois que ce qui me fait le plus mal aujourd’hui, c’est ma génération, cette génération Y qui remplace un être humain par un autre, superpose ses émotions comme des tranches de cheddar dans un burger. Cette impression d’être quelqu’un puis d’être personne, d’avoir l’impression d’avoir compté mais en fait non. D’être remplaçable… en un swipe.

Love,

Une fille perchée

Moi et… le professeur

Le conflit israélo-palestinien ? Une petite bousculade à côté de ma vie amoureuse

Jamais je n’ai eu aussi peu de temps à consacrer à ma vie amoureuse. Entre ma formation, mes cours, mon mémoire, et mes devoirs à la maison, autant dire que je n’ai pas le temps d’aller à la pêche au gros (vous m’aurez comprise). Alors, comment j’ai réussi à attirer dans mes filets un prof sans lever le nez de l’écran gras de mon Macbook ? Mystère. Et je ne parle pas de Mr Chénard, ton prof de lycée bedonnant en velours côtelé qui sentait le tabac froid. Non. Je parle de l’hilarant prof-divorcé-un-enfant (aoutch) qui bosse dans le même bahut que moi. Rewind.

De début septembre…
Lui et moi on est les deux poissons frais nouveaux de l’établissement. Et même s’il est sympa, ma politique au travail est stricte : pas de fricotage entre collègues. Surtout pas pendant mon année de stage où je joue ma titularisation. Surtout pas dans le milieu des profs, où coucheries, ragots, infidélités et guerres intestines alimentent les pauses café. Qui plus est, même si l’individu est vraiment drôle, il a en sa possession de bien vilaines cartes (divorce, enfant, maison à la campagne, références rances et… déo Axe). Bref, tout ça fait que je ne le calcule pas du tout, en bûcheuse concentrée sur le travail que je suis. Et puis, je suis déjà dans une relation amoureuse épineuse qui me donne du fil à retordre. Me lancer dans une relation avec un collègue ? Oubliez l’huile sur le feu, donnez moi un bidon de kérosène que je m’immole de suite.

Trop sérieuse pour marivauder vous dis-je

… à octobre…
Sauf que Mr le Prof a commencé à… m’envoyer des mails cordiaux. Pour cause : il veut s’assurer que je ne me noie pas dans le travail. Charmant. Je suis suspecte vis-à-vis de ses intentions mais après tout, j’ai tendance à me méfier de tout le monde. Soit, je ne m’enflamme pas. Après tout, ses mails sont très pro. J’y réponds. Parce que moi aussi je suis pro. Mais je reste sur le fil du rasoir, autant éviter les sous-entendus inconvenus (parce que je suis pro j’ai dis). Un mail, deux mails, trois mails. Cette correspondance dure toujours à l’heure où j’écris. D’ailleurs, on est passés à Whatssapp. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est toujours très amical. Et c’est ça le plus excitant et le plus perturbant dans l’histoire. Ce flou total. Parfois, je me dis que ce père célibataire trompe sa solitude after-work avec un peu de compagnie virtuelle, ni plus ni moins. D’autres fois, je me dis que derrière ce papa solo se cache un mec qui ne sait absolument pas s’y prendre pour draguer.

Quand il rentre en salle des profs en m’ignorant royalement

… à  novembre.
Le plus bizarre dans l’histoire, c’est qu’il m’adresse à peine un mot au bahut. A vrai dire, il me calcule à peine. Oh, on échange bien ici et là quelques bribes de conversation. Mais c’est toujours entre deux portes entrouvertes. Et puis les vacances de la Toussaint arrivent. Et on s’organise une soirée cinéma. J’appréhende. Parce qu’on a jamais eu de grandes discussions IRL lui et moi. Parce qu’on s’est jamais vus dans le cadre privé, yeux dans les yeux. Au début, je le sens timide. Moi aussi. Et puis, plus la soirée se déroule, plus les langues se délient. Le parallèle avec le Médecin est troublant. Mr le Prof est plus bavard, plus confortable à l’oral, plus drôle aussi. Mais Mr le Prof ne comprend pas mon second degré. C’est un bon gars de la campagne qui ne parle pas mon langage. Celui qui altèrne englisicismes, mots soutenus, et formulations à la mode. D’une certaine manière, cette soirée m’éclate le coeur et me ramène à cette lapalissade : être avec quelqu’un c’est accepter ses qualités et ses défauts. Le quitter, c’est prendre le risque de trouver quelqu’un d’autre avec d’autres qualités, mais pas celles qu’on voulait VRAIMENT, et des défauts parfois… pires. Quelqu’un sait où est le bidon de kérosène ?

Love,

Une fille perchée

L’amour : quand et comment ?

Moi en pleine analyse de mon coeur

Tomber amoureux. Pour certains – et comme le suggère le mot « tomber » – ça doit être immédiat. Si on ne ressent pas dès les premiers instants, les premières heures avec la personne, les battements d’ailes de l’amour en soi, on oublie. Pour d’autres, le « sentiment d’amour » est conçu comme l’achèvement ultime, l’apogée d’une relation qui se construit petit bout par petit bout. Et pour moi ? Et ben, c’est un beau bordel.

L’amour… au coup de foudre
Si je reviens sur mes deux grandes histoires d’amour (2 ans et demi chacune), force est de constater qu’elles ont toutes les deux commencées sur les chapeaux de roues. Avec le premier, on était confidents, BFF fusionnels sur MSN (te moque pas stp) pendant des années avant de se rencontrer IRL. Pour cause, il habitait Paris et moi Nantes. Et pourtant, dès l’instant où on s’est vu gare Montparnasse, ça a été l’évidence. Pour ma seconde relation (aux alentours de 23 ans), une rencontre random dans un bar, un samedi soir. On couche ensemble la première nuit. Je ne me fais pas d’espoirs. Et pourtant, une semaine après, on se revoit et… j’ai des papillons dans le ventre et plus d’appétit. Quant au dernier coup de foudre, c’était l’année dernière. La claque. Conclusion ? Ces trois relations, passionnelles car intensément amoureuses dès le début, m’ont laissé exsangue, sèche comme le désert de Gobi. Car non, contrairement à ce que croit votre pote Magalie et sa grande histoire d’amour fraîche d’1 mois, c’est pas parce qu’on ressent « vite » de l’amour que la relation va forcément être un succès (et bim dans ta face la frimeuse).

Tope-là mon pote

L’amour… progressif
« Pour moi l’amour vient au fur et à mesure. Tu sais c’est le fameux premier ‘je t’aime’. Moi avec Théa, je suis tombé amoureux d’elle au fil du temps. » me confie Charlie, 30 ans. Même avis pour Aurore, 34 ans : « Avec le temps, c’est sûr. Des fois les gens n’arrivent pas à être à l’aise dès le début, et c’est quand ils sont eux même que tu en tombes amoureux ». Dans une société dominée par le swipe où on expulse la moindre personne qui ne rentre pas dans nos cases, est-ce qu’il y aurait finalement encore de la place pour le temps ? Pour cette volonté de voir évoluer en papillon cette larve d’amour ? Cela voudrait-il dire qu’il n’est pas « obligatoire » de tomber instantanément amoureux du mec qui nous renverse du café brûlant sur notre chemise blanche comme dans les films ? « Je pense que devenir amoureux c’est quelque chose qui s’apprend. J’ai besoin de bien connaître la personne. » renchérit Julien, 27 ans.

Quand j’essaye d’écouter mon coeur mais que je pige qu’dalle

L’amour… à 30 ans. 
J’ai bien compris qu’à 30 ans notre vision de l’amour est beaucoup plus chiante saine et solide qu’à 20 ans. On apprend à se méfier du tsunami dévastateur dans sa poitrine, de ce coeur qui bat trop fort pour en être agréable. On a appris, à force de se casser la binette et de morver sur son téléphone, qu’intensité n’est pas – forcément – synonyme de bonheur. D’acc, et maintenant ? Non parce que moi, j’ai mon horloge biologique qui hurle. Ça veut dire que je dois accepter que l’amour « sain » serait une amitié construite s’articulant autour de projets communs cartésiens (l’achat d’une baraque, un week-end airbnb en Bretagne) avec des morceaux de sexe dedans ? Les questions cognent dans ma tête. Est-ce que l’attachement avec le Médecin se transformera un jour en amour ? Est-ce que, avec le temps, mon coeur battra un petit peu plus vite (pas trop d’intensité, malheureuse !) en le connaissant mieux ? Pire : est-ce que je passe complètement à côté d’un mec bien et que je m’en rendrais compte plus tard, seule dans ma grenouillère en pilou-pilou avec les rides du lion me dévorant le visage ? Pour mon amie Julie, 33 ans, « si t’as pas de sentiments au bout du 1er mois, c’est foutu ». Génial. 

Vision de l’enfer selon Dante

L’amour… avec lui ? 
Parfois, on se chamaille tous nus dans le lit. On se pousse, on rigole, on échange des regards complices. Au cinéma, on est main dans la main dans le noir. Quand on regarde un one-man show, il se délecte de mes éclats de rire très francs, lui qui est tellement dans la retenue de ses émotions. Il m’apporte souvent des pâtisseries délicieuses quand il vient chez moi. Dans ces moments-là, j’ai l’impression que je l’aime. Presque. Enfin, je crois. Parce que je suis bien, tout simplement. C’est le confort exquis de quand on commence enfin à bien connaître la personne : la complicité naît, on sait comment faire plaisir à l’autre. Et pourtant… le doute. Je ne vois que les côtés négatifs. Il n’est pas affectueux, il n’est pas sensuel, il n’est pas démonstratif, il n’est pas bavard, il n’est pas…  Pourquoi est-ce que j’ai tout le temps d’être avec lui alors ? Je l’aime ? Je l’aime pas ? Et si je le quittais pour me rendre compte – trop tard, évidemment – qu’en fait ses côtés négatifs étaient peu importants ? Cette question m’obsède. Trouverais-je un autre homme canon, bonne situation, charismatique, ayant les mêmes penchants culturels, cette même lumière psychologique ?

L’angoisse…

Love,

Une fille perchée

Moi et les… toilettes

Toujours aussi séduisante Nicole.

Elle est sérieuse là ? Elle va VRAIMENT nous écrire un article sur les chiottes ? Et ouais les gars. Parce que je suis une fille. Et parce que c’est un tabou qui fait – sérieusement – des ravages. Alors oui, vous lecteurs mecs qui balancez des blagues scato depuis que vous avez l’âge de parler, ça vous dépasse. Vous avez été nourri au South Park, aux blagues « tire sur mon doigt » et aux concours de pets. Mais pour celles qui ont grandi sous le joug du « sois sexy, glamour, délicate et ne mentionne jamais que ton corps peut produire des choses qui ne sentent pas la rose » ben c’est pas la même.

Une fille, des toilettes : ce tabou tenace
Pour beaucoup de femmes, le degré de confort dans une relation se mesure à l’usage qu’elles font des toilettes de monsieur. Pour faire simple, faire popo chez l’homme symbolise le point d’accomplissement d’une relation, la preuve ultime qu’on se sent en totale confiance avec son partenaire, bien dans sa tête, bien dans son corps. L’autre jour, une amie me parlait justement (devant son mec rencontré 3 mois auparavant) du soulagement que ça avait été le jour où elle a levé ce tabou avec lui (elle a une maladie digestive). En ce qui me concerne, même si j’ai un gros blocage psychologique avec ça, je me souviens avec émotion de la manière dont mon ex, sexy mais aussi très nature, avait de décomplexer la chose en me balançant des « Noooonn chérie, va pas dans les toilettes maintenant, je crois que j’ai un problème : je suis pourri de l’intérieur ». Grossier et vulgaire ? Décomplexifiant surtout. Bien sûr, en 2018, jamais au grand jamais, Hollywood ne nous montrera Scarlett Johansson parler de sa victoire fécale autour d’un mojito avec ses copines. Etrangement, la série Sex and the City abordait justement le sujet tel quel en… 1999. Et Carrie de confier à Miranda, Charlotte et Samantha, sa petite victoire en sirotant un cosmo.

Saison 2 épisode 11 – « Je crois que c’est bon signe, je me sens assez à l’aise chez lui pour faire la grosse commission »

L’angoisse n°1 : quand je suis chez un mec
Perso, la seule et unique chose à laquelle je fais attention quand le mec me fait visiter son palace, c’est les toilettes. Il pourrait bien vivre sous l’escalier à la manière d’Harry Potter que j’en aurai rien à secouer. Je veux savoir : quelle taille elles font, où elles sont situées par rapport à la chambre et aux pièces de vie, si elles sont propres et si elles sont intégrées à la salle de bain (plus facile de noyer le poisson, on peut se brosser les dents, se remaquiller toussa toussa). Bref, autant dire que quand je fais le tour du propriétaire, je me transforme en inspecteur des impôts version porcelaine.

Mon angoisse quand il me fait visiter chez lui

L’angoisse n°2 : il a des toilettes séparées, minuscules, et mal placées dans l’appartement
Tu sais ces toilettes qui ressemblent plus à un placard avec un trou ? Celles où une fois à l’intérieur tu as le visage à 10 centimètres du mur d’en face ? Ah, cette merveille sensation d’oppression, ce délectable sentiment d’être emmurée vivante. Tu es là, assise, concentrée, incapable de te détendre à cause de cette claustrophobie qui t’assaille. Du coup, rien ne sort. Et pourtant ma grande, va falloir y aller, car le mec dans la pièce à côté a mis exprès « pause » sur VLC. Rien que pour toi. Ce qui fait que non seulement il n’a pas toute la soirée, mais qu’en plus le silence règne dans l’appart. T’as pas intérêt à te rater. Vite, penser à quelque chose de déstressant. Genre un ruisseau, une fontaine, la Seine, les putains de chutes du Niagara, n’importe quoi. Aaaah voilà… STOP. Arg, c’est quoi cette résonance ? Angle d’attaque à reconsidérer. Mon dieu, c’est sûr, il a entendu ce clapotement aquatique. Ok du calme, rapproche ton bassin du bord sans en foutre partout. Ça coulera sans bruit.

Il va m’entendre je le sais !

L’angoisse n°3 : les toilettes sont presque dans la chambre
Le pire du pire. Le cauchemar absolu. Car non seulement le Médecin a les toilettes citées plus haut, mais en plus elles sont pour ainsi dire dans la chambre. EN FACE DU LIT (je vous jure). Ce qui occulte totalement l’idée d’un levé nocturne. Pourquoi ? Parce que le silence serait absolu. Parce que l’autre se réveillera obligatoirement et profitera non seulement du bruit, mais aussi de la lumière en dessous la porte. Résultat, quand l’heure approche d’aller sagement se coucher, j’élabore un plan mental de la situation. Option n°1 : on est partis pour faire l’amour. Auquel cas, après qu’il reste au lit. Je peux donc faire pipi sous la douche (oh ça va, on l’a tous fait !). Option n°2 : on va faire dodo bientôt. Il faut que m’éclipse pendant le film sans lui demander de mettre pause. Dans tous les cas, je prête une attention trèèès particulière à ne pas trop boire dans la soirée car m’éclipser me gêne toujours énormément.

Quand j’ai pas bu de l’après-midi exprès

L’angoisse n°4 : quand on mange ensemble
J’avais une copine qui me disait qu’elle allait jamais au resto avec un mec car elle avait peur d’avoir envie de faire popo après. D’ailleurs, quand j’habitais avec elle et qu’un de ses mecs venait, elle me demandait de mettre la télé pendant son action décisive dans les waters. En ce qui me concerne, j’adore les restos, donc hors de question de me priver. En revanche, je fais attention à ne pas me goinfrer si je dors avec le garçon. De même, quand je cuisine, je limite les aliments à risque (autant dire que je fais l’impasse sur la choucoutre, vous m’aurez COMPRISE). Si c’est pour passer la soirée en mode grossesse de 4 mois, merci bien. Surtout que moi, j’ai beaucoup de chance la-dessus. En effet, quand je dors, mon corps, ce sale gosse impertinent, en profite pour jouer la macarena et faire ce que bon lui chante sans me consulter avant. Ce qui, selon l’humeur, veut aussi bien dire me faire parler dans mon sommeil, donner des coups à mon compagnon de literie, ou encore laisser filer une flatulence, oklm. Autant dire qu’à chaque fois que je dors avec mon mec, je suis impatiente de connaître la surprise du chef. 

C’est fini. Plus jamais il ne me verra en nana sexy bouhouhou

L’angoisse n°5 : le mystère masculin
A chaque fois que je suis sortie avec un mec, sa capacité à gerer ses humeurs intestinales constituait pour moi une véritable source de fascination. Et vas-y que je te mange deux burgers, une glace, de la saucisse et du café tranquilou pipou, sans souci. Jamais, absolument jamais, je n’ai surpris l’un de mes ex avoir un moment de détente gazeux. Jamais un bruit aux waters, jamais 36 minutes enfermés dans cette boite à chaussures de l’enfer. Jamais. A croire que ce sont eux, finalement, les vraies princesses. En attendant, je ne dirais pas non à un peu de leur magie…

Love,

Une fille perchée

Moi et… le Médecin (suite)

Cliché (rare) de ma vie amoureuse

Septembre. L’heure de faire ses comptes et de dresser l’état des lieux de cet été. Juin, juillet, août, septembre même. Le temps a filé. Je suis partie 1 mois en Thaïlande et au Laos. Mr Médecin est parti en tout 10 jours en vacances durant cette période. Beaucoup de distance, de rebondissements, de rapprochement et d’éloignement. Une véritable phrase de « crash test » pour qui commence à sortir avec quelqu’un à l’aube des grandes vacances.

Juillet : turbulences au Laos
Qu’on se le dise : partir 1 mois loin de son mec (ou de sa nana) c’est pas l’idéal, surtout en début de relation. Ce serrement douloureux dès qu’on le/la voit pas 24h, cette trouille que l’autre se transforme en chien(ne) au bout d’une semaine… De ce côté là, autant dire que j’étais pas en mode « YOLO totale confiance » avec Mr le Médecin (j’avais mes raisons). Mais tant pis, le train de la vie n’attend pas, c’est pourquoi je suis partie 1 mois avec mon BFF en Asie.
Sauf qu’au bout de 4 jours à Bangkok, le tsunami, le tremblement de terre, la grosse tatane dans la figure : Mr Médecin dragouille mon faux-profil Adopte, OKLM. Profil que j’avais checké par ennui entre deux plats de noodles thaï. En pauvre cloche grande optimiste que je suis, j’ai décidé de pousser la discussion plus loin. Après tout, tchatcher virtuellement c’est pas de l’infidélité non ? (une pauvre cloche je vous dis). Et c’est ainsi qu’avec mon BFF on a passé le reste du séjour à jouer double-jeu sur Adopte un Mec. Mon but était simple : voir si Mr Médecin ne faisait « que parler » virtuellement pour tromper l’ennui (et pas que l’ennui apparemment ! Tu l’as ?) ou s’il était près à passer à l’action et à proposer un rencard à mon faux-profil. La tchatche a duré plusieurs jours. Le suspense aussi… jusqu’à ce qu’il tombe dans le piège à loup : « ça te dirait de goûter les meilleurs muffins de la ville avec moi ? ». WAIT. La même phrase d’accroche qu’il a utilisée avec moi ? SERIOUSLY ?

4 jours après mon départ. QUATRE JOURS.

Début août : atterrissage en urgence à Nantes
Of course, je lui ai dévoilé (une partie) du pot-au-rose à mon retour. Je lui ai dis qu’une copine l’avait vu sur Adopte. Je savais qu’il l’avait draguée. Simple, efficace. Le message était clair : je ne voulais plus avoir affaire à lui. Simple, basique. Je m’étais préparée à ce qu’il soit blessé dans son orgueil pour s’être fait choper aussi sottement, et qu’il mette le cap vers d’autres nenettes, en tchatcheur égocentrique pur jus. Après tout, on n’était pas amoureux et il avait déclaré une allergie sévère aux conflits. Sauf que. Au début, il a nié, évidemment. Et puis il s’est emmêlé les pinceaux, mal à l’aise, triste, mais surtout étrangement angoissé à l’idée de me perdre (si si !). Un petit chiot qu’on abandonne sur le parking d’une aire d’autoroute. J’étais pas mieux. En phobique de la solitude, j’ai passé l’éponge en faisant un pacte avec moi-même : « ok tu restes avec ce mec. Mais dorénavant tu le considères comme un sex friend en attendant de trouver mieux. » C’est moche, je sais. Mais la confiance était rompue.

Le nouveau moi

Mi-août : oeil pour oeil, dent pour dent
En nana chamallow biberonnée aux comédies romantiques, j’ai dû me faire violence. Mais j’ai réussi : je me suis détachée. Et ça a marché. J’ai espacé mes SMS, je m’arrangeais pour ne plus faire passer Mr Médecin en priorité, j’étais peu motivée quand il proposait qu’on se voit. Bref, j’ai joué la bitch. J’ai même dragué à côté (sans pour autant passer le cap de l’infidélité). Et puis, il y a eu ce soir. On s’est retrouvés par hasard à la même soirée, chacun avec ses amis. Il m’a dit bonsoir, je l’ai moyennement calculé. Parce que j’avais mon rôle de garce frigide à tenir vous comprenez. Parce que l’endroit pullulait de BG et que je voulais pas griller mes chances aussi (une bitch je vous dis). Vexé comme un pou, Mr Médecin a craqué : il en pouvait plus de mon attitude. On a pris un temps pour se retrouver dans la soirée pour s’expliquer. Et lui, Monsieur-j’arrive-pas-a-exprimer-mes-émotions, de me dire qu’il en pouvait plus de mon éloignement, qu’il ne voulait pas me perdre, qu’il regrettait et tutti quanti. Autant dire que s’éloigner de ses potes en pleine soirée pour avoir ce genre de discussion c’était pas le genre de la maison. J’étais émue.

Bitch à l’extérieur, émue à l’intérieur

Fin août : le piège se referme
J’ai décidé d’abandonner mon rôle à Oscar. Parce que je m’étais attachée bordel ! 4 mois que je connaissais l’animal. Parce que derrière tous ses défauts, j’avais percé un grand mal-être qui, même s’il faisait la taille du Brésil, était touchant. J’ai aussi vu les efforts qu’il avait mis en place pour se rapprocher de moi. Lui qui n’était pas affectueux, il essayait de m’embrasser plus souvent. Lui qui ne parlait jamais de ses blocages émotionnels, voilà qu’il s’ouvrait sur ses angoisses existentielles, son enfance. Oublié les bullshits également. Il a reconnu qu’il avait très mal supporté cet été, la distance, la ville vide, et qu’au moment où je suis partie, bah, mine de rien, ça faisait qu’un mois et demi qu’on se connaissait et que « voilà voilà ». En parano, j’ai quand même checké quelques fois mon faux compte Adopte (il n’a jamais su que c’était moi) : pas de connexion depuis des semaines.

Quand il me fait des confidences

Septembre : re-décollage incertain
Bref, contre toutes attentes, tout ça nous a rapproché. Mais en un sens, c’est pire. Car plus il met de l’énergie à essayer de se « soigner » et à faire des « efforts » pour être tendre, pour ne pas me perdre, plus je me rends compte que l’entreprise est peu naturelle. Me faire des câlins, me dire ce qu’il ressent, la moindre chose « normale » réclame chez lui un travail évident. Et ça brise – un peu – le coeur. Je me retrouve aujourd’hui face à la décision inéluctable de le quitter. Parce que je ne veux pas être le genre de femme qui est en permanence sur le dos de son mec pour qu’il change. Parce que j’attends toujours… de l’amour, senti, ressenti et partagé. Mais pour cela, il va falloir que je souffre un peu. Moi aussi.

(à suivre)

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… de faire face à son ressenti

Evaluer la situation avec bienveillance, toujours.

Qu’est-ce que le couple sinon une stratégie d’évitement visant à éviter à tout prix de se retrouver seul, et donc en cohabitation H24 avec soi-même ? Sympa ce petit moment de solitude avec son verre de vin devant Netflix. Du temps pour soi, rien que pour soi. Alors pourquoi ce besoin d’aller sur les réseaux « sociaux », de discuter avec Untel sur Messenger quand bien même le film est intéressant ? et qu’on apprécie d’être peinard sans coloc qui critique ta série.

Un mec vous plaît. Un mec, actuellement, me plaît. Et je me prends tellement la tête à me poser des questions sur comment il me voit, comment il nous voit, sur ce qu’il pense, ressent, éprouve vis-à-vis de moi, de lui, de l’avenir, que j’en oublie la question la plus importante au monde : est-ce qu’il me plaît vraiment à MOI ? A croire que tomber sur une personne pas trop névrosée, potable (et qui veut de vous) quand on approche la trentaine (tic tac tic tac) est suffisant. Les trois quarts du temps, tout semble évident. Le mec est tellement irrésistible, sympa et drôle, que franchement, aucun doute, on est folle de lui et il nous rend heureuse. Les trois quarts du temps.

Des doutes. Des questions. Des angoisses

Remonter le passé
« Qu’est-ce que Samuel vous apporte ? ». Voilà la question que m’avait posée la psy il y a quelques années, alors que je tentais de sortir la tête de l’eau de la relation la plus destructo-passionnelle que j’ai jamais eue. Une question bête que tout le monde devrait se poser à propos de son conjoint, de ses amis, et même de son boulot. Qu’est-ce que Samuel m’apportait à ce moment là ? Visiblement pas le bonheur, puisque j’étais effondrée chez le psy. Visiblement pas l’estime de moi-même, vu qu’il était dans une stratégie de passif-agressif. Du bon sexe, à la limite, des « petits moments sympa », quelques sorties, mais rien, finalement, qui justifiait les 40 balles que je lâchais chaque semaine chez la psy alors que j’étais au chômage. Qu’est-ce que le mec que je fréquente m’apporte ? Est-ce qu’il me donne confiance en moi ? Est-ce qu’il me rend heureuse ? M’aide à épanouir ? Est-ce qu’il m’apporte du rire, de la joie, m’aide à me connaître, à me construire peut-être… ? Voilà les questions qui devraient nous driver.

J’adore mon mec, il me rend très heureuse ptdr

Miser sur le bon cheval
Of course, on n’est pas dans une stratégie de rendement capitaliste. Et on ne peut pas exiger de la personne que l’on fréquente depuis 3 semaines qu’elle fasse entrer en bourse notre capital bonheur. Mais quand même. Plus on apprend à connaître la personne, plus on doit être en mesure de savoir deux choses : si elle s’investit pleinement dans la relation (si on est juste là pour réchauffer son dimanche soir NEXT) et si elle vous apporte quelque chose d’intéressant que l’on pourra faire fructifier à l’avenir. Si la personne est positive, optimiste, si elle vous encourage pour votre concours ou si elle arrive à vous faire rire quand vous racontez votre sale journée par exemple, alors là bingo. Bref, dans tous les cas on parle d’investissement pour l’avenir. Vous me suivez ?

Quand je m’interroge sur l’investissement-rendement de l’entreprise masculine que je suis

1°) Est-ce qu’il s’investit pleinement dans la relation ?
Dernièrement, je suis obnubilée par la question suivante  : est-ce que ce mec est fidèle ou est-ce qu’il dragouille encore sur Adopte ? J’ai poussé mon obsession jusqu’à créer un faux compte Adopte un Mec (#shameonme). J’ai bien pensé laisser l’affaire entre les mains d’une copine (ce qui aurait été moins malsain) mais d’un point de vue logistique cela aurait été trop complexe. J’ai donc ouvert la boite de Pandore virtuelle. J’ai innocemment visité sa page car je ne voulais pas pousser le vice trop loin. Bien sûr, il m’a charmé. Bien sûr, il m’a abordé (tu m’étonnes vu le profil de bombe que j’ai créé). C’était il y 10 jours. Ecoeurée, je n’ai pas répondu… jusqu’à il y a 5 jours. Et depuis, étrangement, rien. Le Médecin, bien que connecté, n’a pas poursuivit la conversation. Certes, ce n’est pas parce qu’il ne me parle plus à moi, qu’il ne parle pas à d’autres nanas à côté. Mais jusqu’où, dans ce cas, aller dans la paranoïa ? La stratégie ? La folie finalement ?  Parallèlement, le Médecin s’est rapproché de moi. Sans être devenu un grand bavard, des efforts affectifs (et sexuels) ont été mis en place. En grande naïve, je ne peux m’empêcher de relier ce « rapprochement » (cet attachement ?) à son abandon de tout effort de séduction sur la plateforme.

Quand je reçois un message mignon de lui (véridique)

2°) Est-ce qu’il apporte quelque chose d’intéressant ?
A force de me concentrer sur son ressenti, j’en ai oublié le mien. Comme si ce qu’il éprouvait pour moi était finalement plus important que ce que je pouvais ressentir pour lui. Et c’est là où les choses se corsent. La première question réglée (du moins j’en ai l’impression), la deuxième me reste en travers de la gorge. Comme si jusqu’à là j’avais adopté la stratégie de l’autruche. Le Médecin m’apporte des bons moments. Mais est-ce qu’il me fait rire ? Pas vraiment. Est-ce que je me sens totalement à l’aise avec lui ? Est-ce que je suis moi-même ? Est-ce qu’on a de grandes conversations qui me transcendent ? Bof. Je fais partie de ceux qui accordent du temps au temps, persuadée qu’il faut être patient(e) avant de vraiment découvrir quelqu’un et de se laisser aller. Oui, mais au bout de combien de temps ? Est-ce que je ne m’acharnerais pas avec lui juste parce que je n’ai trouvé personne d’autre ? (merci l’angoisse).


Je passe des bons moments avec lui, vraiment

Le renversement des rôles
Le comble du comble. Convaincue du double jeu de Mr le Taiseux je me suis remise à… fréquenter Tinder. Sans vergogne jusqu’à aujourd’hui. Ok, je suis complètement paumée avec Mr le Médecin, reconnaissons-le. Après avoir craché sur son attitude volatile, me voilà moi-même dans le rôle détestable de la nana qui reluque les plats des voisins de table. Alors que le Médecin n’a jamais été aussi proche de moi et qu’il s’ouvre de plus en plus #culpabilité. Quand bien même, je ne me vois pas jusqu’à avoir des rencards avec d’autres mecs. Même s’il n’ont jamais été aussi nombreux à me parler sur l’appli (loi de Murphy bonjour). Alors quoi ? Couper court immédiatement à son éclosion naissance après avoir tant attendu ? Rompre l’attachement déjà créé avant que le doute ne se transforme en évidence et nous fasse mal à tous les deux ? La période qui vient s’annonce compliquée. Parce qu’il part une semaine en Espagne et moi bientôt 1 mois en Asie. HELP.

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… de faire confiance à un mec d’un site de rencontre

(le titre de la chanson. Tu l’as ?)

1 mois avec le médecin. Mais est-ce que je peux vraiment dire « avec » ? Aussi triste que cela puisse paraître, ça fait belle lurette que je n’ai pas fréquenté aussi longtemps un mec. Et quand je dis « sortir », je pense sorties (théâtre, resto, ciné, bar, etc) et non pas uniquement coucheries. Mais à quel moment peut-on aborder la fameuse question « Et sinon, toi et moi, on est quoi ? On est ensemble ou bien… ? ». Un sujet d’autant plus épineux lorsque la rencontre est issue d’un match fortuit entre un homme et une femme sur un catalogue en noir et rose (Adopte un Mec donc).

La claque
Bien évidemment, je ne suis pas retournée sur le site depuis ma rencontre avec Mr le taiseux. Mais ce soir là, je décide de retourner sur son profil Adopte pour vérifier que la relation recherchée par Monsieur est bien « sérieuse ». Et là, c’est le drame. Le Médecin a bloqué mon profil. Découverte rendue possible par l’usage du compte masculin du coloc n°1. Pire que ça, je me rends compte qu’il est en ligne sur le site. En PLS dans le salon, j’ai le mérite d’avoir réponse à ma question : le garçon cherche du sexe. Et vous voulez savoir le meilleur ? Il a renseigné « recherche de CDI amoureux » sur son profil #vomi.

LE DRAME

Mettre les pieds dans le plat : une spécialité de la maison
Je déteste tourner autour du pot. Je suis plutôt du genre à poser tranquillement mes couilles sur la table à aborder le sujet de front, avec diplomatie et tact certes, mais yeux dans les yeux. C’est pourquoi j’attends le bon moment. Il arrivera à point nommé au restaurant, alors que je livre un duel acharné avec un confit de poivrons.

Lui (détaché) : « Au fait, mes potes de la troupe de théâtre que tu as croisés l’autre jour m’ont demandé si t’étais ma copine haha »
Moi (surprise, oscar de la meilleure actrice) : « Ah ? C’est marrant tiens… et tu leur a répondu quoi HAHA ?
Lui (se trémousse sur son siège, en taiseux mal à l’aise) : « Bah oui… enfin… on a pas signé de contrat mais.. je considère qu’on est dans un début de relation oui ».
Moi (étonnée, vaguement contente) : « Oh… d’accord. Oui oui. Mais un début de relation exclusive ? »
Lui (ferme) : « Oui. »

Autant dire que cette nuit-là, je m’endors dans son lit et savoure le sommeil de l’innocent… jusqu’au drame le lendemain matin.

Ce gif est parrainé par Skyblog

La claque, volume 2
Question sexe, je n’ai jamais été du matin. Je le fais gentiment comprendre au Médecin qui me demande, malgré tout, de me coller à lui (nue). Je lui fais donc des câlins pendant que lui reste stoïque. Soit. Il finit par se lever, sortir de la chambre, et aller sur l’ordi dans le salon. Et là, le drame : la sonnerie de notification d’Adopte un Mec retentit, suivie de quelques mots amusés du Médecin que je ne comprends pas. En drama queen assumée, je commence à ramasser mes fringues épars, vénère suite au beau discours de la veille au soir. Je surgis dans le salon pour faire mes adieux en tragédienne grecque :

Lui (en caleçon sur le fauteuil, tombe des nues) : Euuhh, je peux savoir où tu vas comme ça ?
Moi (debout, en colère mais très calme) : Excuse-moi mais tu trouves pas ça abusé ? Tu me sers un beau discours hier soir et dès que tu te lèves tu vas sur Adopte un mec ? Sérieusement ?
Lui (retrouve sa timidité de taiseux maladroit) : Quoi ? Mais n’importe quoi… je comprends pas.. c’est pas sympa ce que tu fais, vraiment. Je faisais juste ça pour t’embêter.
Moi (confuse) : m’embêter ? Je comprends pas là.
Lui (intimidé et mal à l’aise) : bah oui tu m’as énervé. T’as pas arrêté de me chauffer ce matin, pour rien. C’est frustrant pour un mec. Alors je suis allé sur le site pour t’emmerder. Je savais que t’entendrais.

Je raccourcis la discussion. Pour faire bref, je lui ai lancé mon regard suspicieux voire incendiaire. Et puis… j’ai décidé de lui laisser le doute, même si son comportement était plus que discutable. Parce que j’étais déjà attachée à lui. Parce que j’avais pas envie de le perdre bêtement si, vraiment, ce qu’il disait était vrai.

Je suis faible, laissez-moi

{ATTENTION LANGAGE SEXUEL}

The discussion
La relation a suivi son cours. Le problème de communication sexuel aussi. jusqu’à hier soir. On se chauffe, je descends tout en bas, as always, pour jouer du pipeau façon gorge profonde. Ce qu’il préfère (moi pas, je vais finir par lui vomir dessus si ça continue). Et vu que je m’ennuie vite, j’arrête. Les préli c’est bien, mais quand c’est partagé et pas trop long. Et là, Mr Taiseux ne bouge plus et ferme les yeux. IL FERME LES YEUX. Genre JE DORS. Comme à chaque fois que je sens le malaise, j’entame un long monologue (« ça va ? T’es sûr ? Arrête, je vois bien que non. Parle-moi. Je vois bien qu’il  y a un problème. Garde pas tout pour toi, etc ») épuisant. Il finit par m’avouer qu’il adooooore les préli (plus que la pénétration) et que je m’arrête toujours trop tôt. Je monte sur mes grands chevaux : et mes préli à moi ? Ils sont où (BORDEL) ? Et le Médecin de m’avouer, mal à l’aise, qu’il n’arrive pas cerner ce que j’aime (ah la fucking communication!). Je profite des confidences sur l’oreiller, lumière éteinte, pour lui demander très clairement s’il me désire vraiment, car franchement, vu le processus routinier du sexe entre nous, on dirait presque un examen colorectal. J’en profite pour lui demander si, du coup, il ne serait pas bloqué sur une vieille histoire.

Pas nous concrètement.

Dénouement nocturne
« Mais je te désire tout le temps ! Mais avec tes propos de l’autre jour, j’ai tellement peur que tu crois que je te considère comme un plan cul que j’ose pas te sauter dessus ». J’en reste pantoise et un brin émue, je l’avoue. Et si son blocage de la parole, son silence permanent était causé par cette réflexion ? Si cette retenue verbale était la conséquence de cette peur de me décevoir, d’envoyer le mauvais message ? Je me sens perplexe, perdue et pleine de doutes. C’est pourquoi, après concertation avec plusieurs ami(e)s, j’ai décidé de lui tendre un piège. 

(à suivre)

Love,

Une fille perchée