Lettre… aux backpackers

« Regarde Chéri, on voit les paysans là-bas. Téma ces ploucs PTDR »

Chers backpackers,

Je ne vous aime pas. Ou plutôt je ne vous aime plus. Oh bien sûr, comme tout rejeton de la génération Y, j’ai été branchée road trip, expérience Erasmus et voyages à l’autre bout de la Terre. Moi aussi j’ai voulu augmenter mon nombre d’amis sur Facebook en rajoutant à la pelle des Maria Consula Alvarez et des Chan Mai-Yolin (et accessoirement balancer des « Happy birthday James, hope everything is okay for you in NY! »). Moi aussi j’ai voulu rageusement exciter l’envie de mes followers avec des photos 100 fois retouchées d’un trip sauvage à Tambouktouroad assorties de légendes Pinterestienne. Revenir en royaume de France et de Navarre en balançant fièrement du « Mon pull ? Oh je l’ai acheté dans une petite boutique de L.A »et renseigner un touriste perdu dans un parfait english chiné à Brooklyn-t’as-vu.

Coucou, j’ai des vêtements Quechua dégueu mais JE SUIS HEUREUX

Et puis, j’ai arrêté de bouger. A force de trop remuer, j’ai chopé la nausée. Le cocktail à base de jetlag permanent et de mal pays ne m’a pas fait du bien. Le virus du voyage m’a salement possédé, et à l’heure actuelle je tente encore de m’en sevrer. J’ai ôté mes lunettes de soleil et j’ai pris du recul. Et c’est là que mon dégoût des voyageurs a commencé. Je déteste quand vous, voyageurs, YOLO de la vie, monopolisez la discussion en soirée. Quand, le torse bombé, vous énumérez un à un vos voyages comme on dissèque la liste des effets secondaires d’un médicament. Et ce, avec une fausse modestie en plus, genre c’est-mon-quotidien-quoi, galvanisés par ce parfum d’envie libéré par la foule de vos auditeurs, ignorant royalement que dans le lot, il y en a sûrement beaucoup qui ne pourront jamais se permettre ce treck de 8 mois en Asie.

Soirée de retrouvailles. Prise 1.

Parce que oui, derrière votre discours de gauchiste-hippy- sans-le-sou se cache un Picsou en puissance, voire le compte bancaire de François Fillon (avouez). Droits au chômage chipés par-ci par-là, argent de papa et maman, mais surtout économies intouchables travaillées à la sueur de votre front des mois plus tôt. Car le backpacker, même s’il est peut-être votre ami, est surtout un crochu fini. Une pince qui n’hésitera pas à refuser sorties et petits verres pour payer son aller (pas de retour of course, YOLO ou quoi ma gueule ?) à 800 boules pour un voyage qu’il effectuera tout seul, sans personne et surtout sans vous. En attendant vous, vous souriez, faut bien, vous n’allez pas le voir pendant 8 mois votre poto. Alors vous profitez, patient, même quand il dissèque pendant 10 minutes comme chaque samedi soir la carte du bar (« tu te rends compte qu’avec 10 euros tu peux vivre une semaine en Bolivie ? ») et balance du « Un menu à 20 euros ? C’est cher quand même ! ». Son compte en banque affiche 4 chiffres, le tien avoisine les 2 numéros les mauvais jours, mais c’est okay, au pire c’est cadeau. Il part bientôt non ?

Nan nan t’inquiète ce chinois crasseux à 5 balles me va très bien.

Mais là où je vous déteste le plus, c’est quand vous revenez de voyage, vous et vos poignets garnis de bracelets dégueulasses (fait-mains par des paysans for sure) qui dissimulent 6 kilos de crasse en dessous. Car votre retour c’est le moment où vous nous cassez les oreilles avec vos expériences « uniques », vos « c’est tellement différent là-bas, c’est la vraie vie, tu sais pas toi », et vos « attends, je t’ai pas raconté le truc de ouf qui m’est arrivé là-bas ! ». Le pire c’est quand on sait qu’on va se taper plusieurs soirées de retrouvailles avec vous, avec des potes différents, forcément, ce qui signifie se ramasser le même compte-rendu étalé sur 3h15 de soirée encore et encore. Ce qui veut dire, aussi, finir par bouffer toutes les chips de la table basse pendant votre interminable récit, et finalement se dire que les récits de Backpack’ pourraient être utilisés comme torture à Guantánamo.

Quand quelqu’un balance « Alors, ce voyage ? »

Une fois le sachet de chips récuré, c’est souvent le moment où, très en verve, vous vous lancez de toute votre hauteur, weed ou cigarette roulée à la main, sur le sujet de la situation en France, pays de votre coeur. Car faut pas croire, c’est pas parce que vous étiez au fin fond de la Mongolie ou dans un temple en Inde (avec Wifi faut pas déconner non plus) pendant 10 mois, que vous n’avez pas scroller Twitter et lu vos notifs Libération entre deux thés à la menthe. Et vous voilà, citoyen impliqué, mais surtout franchouillard privilégié, à défendre le Smicard et l’orphelin, et à vous lancer dans des diatribes mélanchonistes quand bien même vous naviguez hors du système 6 mois par an en pompant jusqu’il faut pour payer vos piña colada à Cancun. Votre voix compte comme une autre. Oh bien sûr, je ne vous jette pas la pierre. Pour cause, je jubile d’avance à l’idée d’imaginer votre tronche de six pieds de long une fois que vous devrez de nouveau travailler comme « les vrais gens dans la vraie vie ». Quand le souvenir de vos voyages s’accrochera aux trois pauvres photos exposées sur Tinder, mais surtout quand vous redeviendrez… vous-mêmes.

Sans rancune,

Love.

Une fille Perchée

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Pourquoi les mecs sont allergiques au sérieux

Homme du XXIème siècle comparant des femm.. euh des bouteilles de lait dans un supermarché (photo non contractuelle)

« j’ai très envie de toi. Quand est-ce que tu viens me voir à Cannes ? C’était bon tous les deux haha mmhh… ». SMS. 7h du matin. Les mains crispées sur le volant, je vais à un entretien d’embauche. Baptiste, lui, suinte l’alcool à l’heure où d’autres sifflent de la Ricoré. Baptiste, 30 ans, mon sexfriend de Cannes parti faire le tour du monde 10 mois avant de revenir au bercail. Baptiste qui n’est jamais tombé amoureux de sa vie. Baptiste qui a la maturité émotionnelle d’un sachet de salade. Visiblement le garçon n’a pas avancé d’un iota en 10 mois : il court toujours après le sexe facile. Consommer, rien construire, swiper. Pourquoi les mecs d’aujourd’hui ne veulent-ils plus rien construire ? Pourquoi cette allergie au sérieux ? Parce que ce n’est pas parce que je fais la grève de l’amour que je ne dois pas continuer mon mémoire mes recherches sur l’homo-sapiens XY du XXIème siècle, j’ai mené mon enquête. Mes victimes ? Des individus à trois jambes triés sur le volet (célibataires, inconnus, amis, en couple, etc).

Moi, évangéliste humble de l’amour

« Je ne veux rien construire car j’ai besoin de temps »
En féministe un peu à cran, on a tendance à oublier que les hommes aussi ont des sentiments (je vous jure). Seulement voilà, notre société est telle, qu’il faut gratter avec vigueur les mots « virilité », « masculinité exacerbée », « queutard » et « regarde-ce-que-je-peux-faire-ma-bite » pour découvrir s’il nul n’est découvert des… émotions. L’excellent docu « The Mask You Live In » (disponible sur Netflix) explore très justement cette pression silencieuse exercée dès l’enfance sur les hommes. Montrer qu’on est fort, ne pas pleurer, taire ses émotions (signes de faiblesse)… Discours martelé aux petits garçons qui font oublier aux nanas que derrière ces vannes sur leur teub, ces discours primates sur le nombre de filles « levées » le week-end dernier, se cachent un petit être à la sensibilité émotionnelle excisée.

Vous avez le droit d’avoir des émotions les mecs. On vous écoute.

« Je voulais rien de sérieux car j’ai été traumatisé par ma dernière relation longue de 3 ans. J’avais besoin de cicatriser. À présent, je suis prêt » me confie Charly, un ami célibataire, beau garçon, intello, et au volant de sa start-up toute neuve. Charly est du genre à avoir la langue bien pendue. À part quand il s’agit de lever un tabou : celui de son ex qui a fait mal à son petit coeur de babtou fragile. Sa période de batifolage a lui aura duré 6 mois. 6 mois entre les jambes de gonzelles pour alléger le trauma. Une durée plutôt modeste quand on a l’impression que 97% des mecs sur internet sont à la recherche d’une relation 0% depuis un quart de siècle.

Deux mecs visiblement traumatisés par leur ex-copine. HASHTAG GROSSE CARAPACE DE BG TASVU

« Je sors d’une relation de 8 ans. J’ai besoin de respirer ! » explique joyeusement Arnaud, un inconnu rencontré sur  Happn. Arnaud, 34 ans, a le profil type du jeune-vieux qui se frotte les mains à l’idée de réintégrer la meute des célibataires (troupe que l’on associe dans l’imaginaire collectif à la vingtaine). Quelle joie de s’éloigner du forfait labrador-Scénic-Picasso ! Pauvre Arnaud. Il ne le sait pas encore, mais son enthousiasme de puceau va se casser les dents : les règles de séduction ont changé en 8 ans. BONCHANCE. Arnaud est l’échantillon représentatif de ces mecs qui ne veulent pas de sérieux après une relation longue. Qui veulent, en résumé, s’envoyer des filles dont ils ignorent le nom (et s’en contrefoutent) à foison, péter sous la couette en toute liberté, laisser trainer des cadavres de bières sur le carrelage et décommander à la dernière minute – et dans le total irrespect – des soirées en homme sans attaches qu’ils sont. Une relation de couple supposant, comme chacun sait, se coltiner une copine fémino-hystérique (surtout quand elle a ses règles) qui met le feu à tes fringues (surtout quand elle a ses règles) si t’oublie sa date d’anniversaire et te harcèle de textos si tu lui as pas souhaité une bonne journée. Être célibataire après une relation longue, c’est faire rugir le tigre trop longtemps domestiqué en eux, c’est libérer le Moi primitif, celui de fertilisateur de femelles en pagaille (#missiondivine).

Les mecs qui sortent de relation longue sur Tinder #letempsdelinnocence

« Le but dans ce monde, c’est la quantité. Construire, c’est quelque chose qui se réussi ou s’échoue. C’est stressant. Baiser sur Tinder c’est comme digérer : c’est journalier, automatique, facile, pas besoin d’y penser, pas besoin d’y travailler. C’est juste au moment d’expulser que c’est un peu pénible. » résume William, mon BFF, 27 ans et en couple. La feignantise, la grosse flemme, le poil dans la main donc. Et si Roméo s’était tapé Juliette avant de dire « allez, on s’appelle, ciao » ? Et si ton grand-père allemand n’avait pas attendu secrètement pendant des mois avant d’épouser ta grand-mère française ? (WAIT) Et si mon 1er grand amour à 300 km ne m’avait pas envoyé des missives pendant 1 an avant qu’on se retrouve ? La vie est déjà tellement dure, alors pourquoi faudrait-il en rajouter hein ? Pourquoi prendre la peine de concocter soi-même un dîner et en être fier quand on peut se faire livrer du graillon dans du papier d’alu collant et se noyer dans sa culpabilité ? Le fait est que les plus belles histoires d’amour naissent dans l’effort, la patience et la persévérance (amen).

Repose en paix, lettre d’amour, vestige des années 2000′
« Je pense que c’est la société qui a changé, évolué dans ce sens. Société de consommation, gestion du temps, on est plus difficile, on tolère moins, on se fait chier plus vite. » conclue Julien, une connaissance de 29 ans célibataire. Ce geek timide, plutôt porté sur le sérieux, m’a transmis sa vision de la chose. Mais peut-on vraiment prendre au sérieux les informaticiens, êtres évoluant dans un aquarium de lumière bleue, le regard fixé à son ordinateur dans sa cuisine dont les murs revendiquent une collection de mangas ?  
Métaphore des relations amoureuses en 2017

« Avant de construire il faut vivre ses expériences, s’amuser, bref, vivre avant de s’engager. Cela permet d’avoir moins de frustrations à ce niveau, d’être plus fidèle et tourné vers l’autre. Être en couple dans tous les cas c’est quand même une vie un peu plus chiante. » Baptiste, 30 ans. Terminer cette étude avec l’énergumène qui m’a donné envie d’écrire cet article me paraissait évident. Sans surprise, c’est avec lui que je me suis le plus disputée quand je lui ai demandé son avis sur la question. Sa vision effrayante de la chose est malheureusement partagée silencieusement par un bon nombres d’hommes. Bien sûr, ces derniers ne le reconnaitront pas de façon aussi flagrante et hideuse. Mais c’est un fait : pour beaucoup de mecs, être officiellement avec une fille signe tout simplement la fin de la liberté. L’instauration d’une routine aliénante (changer la litière du chat, les plateaux/télé, l’achat d’un appart, t’as nettoyé les chiottes ?…). D’où cette jouissance presque maladive de la vie (soirées à foison, voyages, conquêtes féminines, etc).

Cimer les clichés

Être en couple c’est un frein à l’égoïsme, au rêves individuels, à l’égocentrisme à l’épanouissement personnel. Une vision du couple (et plus scandaleusement de la femme) rance, héritée souvent d’un schéma parental dépassé (maman engueule papa quand il rentre tard) ou décanté à partir des clichés dégueulés de la société. Exemple : le cliché de la copine ultra jalouse qui espionne le portable de son mec et lui fait une grosse scène, caricature affligeante que l’on retrouve aussi bien dans les clips qu’au cinéma.
Bien sûr faire changer d’avis Baptiste, quelqu’un qui n’a jamais connu l’amour, est compliqué. Cela revient à vouloir redonner la vue à un aveugle en lui offrant des lunettes. J’aurais quand même essayé de bousculer ses convictions à lui, le grand voyageur qui est rentré à Cannes parce qu’il se sentait… seul.

Love,

Une fille perchée

J’ai testé pour vous… le coup de foudre

Coup de foudre. 6 jours plus tard.

« Le coup de foudre est un phénomène qu’une personne peut ressentir lors d’une rencontre subite avec une personne inconnue. Il paraît être quelque chose d’unique et de formidable, c’est du moins ce que ressentent les personnes qui se disent avoir été frappées de la fameuse « décharge électrique » de l’amour.» Merci Wikipedia pour la définition la plus mensongère de l’humanité avec celle du mot « passion » (pour rappel, du latin « passio » : souffrance, maladie, indisposition). Explications.

Quand le cinéma me vante « la passion » et le « coup de foudre »

Jeudi. 21h, centre ville de Nantes (ambiance Morandini t’as vu)
Rencard Tinder dans un pub irlandais de mon choix (tip : idéal pour casser le côté « rendez-vous-convenu-avant-mariage-arrangé »). Je m’y rend détendu du slibard, rompue à l’exercice, et pour cause, 98% du temps le mec est moins excitant que sur l’appli. Un peu comme quand t’ouvres la boite de ton McChicken, et qu’en lieu et place du rondouillard burger annoncé sur l’affiche de l’abri bus, se niche un petit sandwich anémique. Je repère le mec au coin de la terrasse. Je m’approche. Et là, la gifle. La flèche de Cupidon me tranche les deux ventricules. Je suis soufflée, mais, grâce au ciel, pas encore consciente de la tempête Harvey en moi. En témoigne ma verve, infatigable ce soir-là. Tranquille, j’enquille les Guinness. Je dissèque ce Christian Grey en puissance, sans nul doute le plus beau mec rencontré à ce jour. En dépit des effluves de houblon, j’ai (encore) assez d’esprit pour saisir que le garçon a pas mal de cadavres dans le placard. Ce qui, en soit, veut dire deux choses : primo, Mr Grey a une carapace contre les émotions de la taille du Brésil. Deuxio, il va me briser le coeur.

Aperçu de ce qui se passe dans ma tête

Minuit, l’heure du crime. Il me raccompagne au parking. Détachée, je lui file une affectueuse accolade (rappelez-vous, je n’ai pas encore conscience du pétrin où je me suis fourrée) et la belle bête d’en profiter pour me retenir par la main et m’embrasser avec fougue. Car même s’il travaille demain, Mr Grey veut que je dorme chez lui et qu’on « fasse des papouilles » (pas de crac-crac car il « a pas de matos »). J’hésite, méfiante, avant de filer main dans la main (!) à ma perte chez lui. S’ensuivra une nuit torride (sans sexe promis juré) agrémenté de discussions, de rires et… de promesses gratuites. Car oui, Mr Grey, plutôt sobre, me tartine de compliments et me parle beaucoup au futur (« il faut que je te fasse découvrir ce resto », « il faut qu’on aille là », « on se voit demain ? »). Le lendemain matin, les pupilles dilatées et le loup de Tex Avery en pleine rave-party dans mon corps (merci le flot d’hormones), je rentre chez moi.

Le coup de foudre, cet état merveilleux

Vendredi.
Impossible de me concentrer sur mon travail. J’ai l’estomac noué. Pas d’appétit. Une nervosité folle me ronge les viscères. Les heures s’égrènent avec une lenteur qui me donne envie de me jeter du velux. Je me rend compte pour la première fois de ce « quelque chose d’unique et de formidable » (Lolilol Wikipedia) et qui – ô hello ! – n’est VRAIMENT pas agréable, mais plutôt affolant, douloureux, pathologique et paralysant. Grâce au ciel, une soirée programmée avec un ami et son cousin m’offre une diversion (chouette night qui se terminera par la drague lourde de ce dernier).

24h sans Mr Grey. RAS.

Samedi.
Mon Mr Grey me propose par sms d’aller à la plage dimanche. On convient des détails logistiques par message (il viendra me chercher en début d’après-midi). J’esquive les infarctus quand je vois son nom apparaître sur mon smartphone. Mes entrailles jouent des claquettes (je ne vous fais pas un dessin hein) et mon appétit est toujours aussi absent. Un ciné est également au programme ce samedi soir. Pour faire la nana sexy qu’a confiance en elle (attention bullshit), je choisi le film (les Proies), le ciné et l’heure. Une fois installés dans la salle obscure, je le sens pourtant moins chaud-patate-câlin que le jeudi soir, mais je passe outre. Jusqu’au drame. Jusqu’au moment où il me questionne sur ce que j’ai fais hier soir :
Moi (grande gueule) : J‘ai fais une soirée avec deux potes. C’était cool, même si la fin était relou…
Mr Grey (pas né de la dernière pluie) : Ah ouais… Bon je vais pas poser de question, car je sens que la réponse ne va pas me plaire.
Moi (consciente d’avoir signé son arrêt de mort) : Ah… ?
(silence mortel)
Moi (Miss France de la connerie) : bah c’était juste relou car son cousin me draguait lourdement vers la fin. Il est sympa, mais bon c’était l’alcool (donner une excuse au cousin et prendre sa défense : miss UNIVERS de la connerie).
Mr Grey (glacial) : Mmfh ouais c’est bien ce que je pensais.
Moi (à deux doigts de balancer « Mais non c’est pas ce que tu crois je te jure ») :
Le film débute. Quelques papouilles, toutefois, devant ce navet fini (histoire d’enfoncer les clous de mon cercueil). Les « au revoir » se limitent à des baisers chastes dignes d’un couple de mormons. « Je te tiens au courant pour demain ». Le coeur dans les baskets, mon intuition flaire la tragédie.

Allégorie de ma prestation au cinéma avec Mr Grey

Dimanche.
Toujours pas d’appétit. Je prépare mes affaires de plage – ignorant copieusement mon intuition – , impatiente d’être en début d’après-midi. Midi. 13h. 14h. 15h. Wait. C’est jusqu’à quand le début d’aprem ? J’ai le coeur dans un étau chauffé à blanc. Je ne veux pas être celle qui envoie le premier message. Mais si je ne veux pas croupir par 30° chez moi un dimanche, il faut que je prenne les devants. Je réfléchis donc à une tactique non-agressive tout en prévoyant un plan B pour la fin de journée (je ne réfléchi pas trop mensonge). Compréhensive bien que bouillonnante, j’adopte par sms l’attitude de la fille « Tu me file un lapin, que dis-je, un lièvre ? Mais c’est pas grave mec, no souci, moi aussi j’ai une vie de toute façon, allez bisou lol ! ». 1h plus tard, Mr Grey me répond : « Rolala j’ai vu mes potes dans la soirée, je me suis couché à 10h et j’ai raté le réveil. Désolé !! ». La disquette est tellement monstrueuse, que la colère remplace temporairement l’amour. Assommée, je ne répond rien. Le soir, je me rends chez mon ami. « Tu n’aurais pas maigri ? ». C’est ce quelque chose d’unique et de formidable.

Mardi.
Mon intuition (BITCH) me susurrait qu’il ne m’enverrait plus rien. Depuis dimanche, effectivement nada. Pas de happy end. Il ne reste que moi et mon coup de foudre inutile, mais, hélas, toujours palpitant. Une pause dans ma recherche de l’Amour s’impose. Car rien n’est plus douloureux que de le trouver… et de ne pas le partager.

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… de trouver l’Amour en 2017

Degré de drama queen soûlée de la life : 100%

Sortez les mouchoirs, les femmes et les enfants d’abord, c’est l’instant réflexion angoissante du dimanche. Selon les chiffres globaux, il naît plus de garçons que de filles. 7 milliard d’humains sur Terre. 66 millions en France (et ouais ma gueule). J’ai testé en tout et pour tout, 3 applications de rencontres dans ma vie. J’utilise Tinder tous les jours et… j’ai jamais autant galéré à trouver quelqu’un de bien.

Moi, le dimanche, quand je repense à mes babtous fragiles du bahut

Nostalgie émotionnelle
Âaa tendre époque du lycée où tel un oisillon je n’avais qu’à tendre le cou pour qu’un mec me tombe dans le bec. Perso, je me contentais de chiller avec les friends, rebelle dans mes guenilles de gothique girly, hors des codes, oklm. Et Jérémy, Sebastien, et autre Nicolas faisaient des pieds et des mains pour sortir avec moi, et ce, pendant des semaines. Entre les petits mots doux, les oeillades entre les intercours et les sms échangés sous la table, autant dire que rien n’était compliqué. C’est aussi l’époque où je n’ai jamais autant reçu de fleurs (si si). Les mecs étaient émotionnellement innocents et sentimentaux. Ça balançait du « Je t’aime » à la vitesse d’un éternuement, ça livrait son coeur en pâture poèmes sans gêne. C’était beau, c’était pur, les mecs avaient 16 piges et ça promettait la vie entière à deux, sans blabla. On était heureux, fidèles, fou amoureux, le sexe n’existait pas – tout à fait – encore. Le stalking non plus d’ailleurs, ce qui fait qu’on se regardait beaucoup, dans les yeux ou de loin, sur le terrain d’EPS. Pas d’écran interposé. Naturellement. Et puis il y a eu Benoît, mon premier grand amour. Lui à Paris, moi à Nantes, un week-end sur deux. 3 ans et demi de relation et une trentaine de lettres postales échangées. Bref, le bon vieux temps quoi.

5 minutes avant qu’Aladdin propose d’être un couple libre

Love tendances & bullshit modernes
« Non mais moi je ne crois au pas aux relations exclusives. Avec mon ex par exemple, on s’était mis d’accord pour aller voir chacun de notre côté tant que c’était que sexuel » me balance fièrement un rencard Tinder (que je n’ai pas revu of course) près des quais. Polyamour, sexfriend, couple libre… Autant de poudre de perlinpinpin pour ceux qu’ont les pétoches de s’engager et qui, sous prétexte de liberté et de bonheur individuelle, te vantent leur formule magique comme s’ils avaient trouvé le vaccin contre le sida. Sur le papier pourtant, ce YOLO de l’amour paraît tellement cool que ça en est alléchant. Et puis je réfléchis. Et je me demande comment sur le long terme tu peux établir une relation solide (voire construire une famille) en te demandant combien de fois ton mec a trempé son biscuit cette semaine, s’il s’est bien protégé, etc. La vraie question qui me turlupine étant, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Traduction : pourquoi s’emmerder dans des systèmes-psycho-sentimentaux-sexo-liberté-égalité-fraternité-de-couple quand tu peux juste être en couple avec quelqu’un que tu kiffes et faire en sorte que ça roule ?

Quand un mec me raconte sa théorie de couple libre et qu’intérieurement je m’en balek

Les hommes, ces princesses modernes
« C’est trop facile pour vous les nanas. Vous êtes plus nombreuses que les mecs sur Tinder, vous ramez moins ». Qui n’a pas jamais entendu ce cri de souffrance d’un pauvre demoiseau ? Certes, Tinder est un vivier intéressant pour ferrer une diversité de poissons, et pour cause : l’appli est gratuite (traduction : elle ne se résume pas aux cassos réduits à rentrer leur cryptogramme de CB car ils n’arrivent pas à se caser). Et pourtant, à voir le comportement blasé/princier d’un bon nombre d’hommes sur Tinder, c’est à se demander qui rament le plus. À ma droite, le mec qui se contente d’un morne « Hey » (zéro effort) balancé à 10 filles en attendant que ça mord. À ma gauche, la nana qui doit slalomer entre des mines interpesonnelles mecs qui cherchent, au choix : un plan fesse régulier, à baiser une ou deux fois les veilles de lundi (ou parce qu’ils sont de passage dans la ville), une troisième personne pour un plan à trois. Et puis il y a ces mecs mous de la gâchette qui répondent aux messages une fois par semaine ou qui font le premier pas par message puis cessent soudainement tout contact verbal sans te dématché pour autant (la race des pisse-froid). A cela s’ajoute la dernière catégorie, de loin la plus frustrante, et que j’appelle les « Têtes de gondole ». Ces produits hommes sublimes qui semblent s’être trouvés là par un miracle photoshop et qui semblent te susurrer à travers ton smartphone « on ne touche qu’avec les yeux ». Si par chance, tu obtiens un rencard (et/ou que tu passes à la cocotte), il est fort probable que cela ne se produise qu’une seule fois avant que l’individu s’évanouisse dans la nature te laissant seule, déprimée, enragée, frustrée, et déjà beaucoup trop à fond sur lui bien sûr (non non tu n’as absoluuuument pas envoyé les faire-parts de mariage à tous tes BFF après ton compte-rendu de premier rencard).

Quand le mec parfait décide de te faire comprendre subtilement « qu’en fait non »

« You is smart. You is kind. You is important »
« Je m’inquiète pas pour toi, tu es belle, intelligente, drôle, tu trouveras » (dixit un parterre d’amis-non-rémunérés-pour-dire-ça). Est-ce que je peux rajouter que je ne suis absolument pas relou comme nana ? Mater un combat de boxe à la télé, faire du camping sauvage à Pérosguirec sur un coup de tête, bouffer du burger sale ou pratique le sexe sale aussi (en même temps ou pas), autant dire que je suis, sans me vanter, la fille la plus easy-going du monde. Je ne harcèle pas de sms, je n’ai rien contre les soirées 100% testostérone (même si j’ai aucune confiance), j’ai un humour de poissonnière et la coquetterie d’une Marie-Antoinette. Et puis j’ai compris. C’est pas moi le problème. Moi je suis ready, droite dans mes Vans et sûre de ce que je veux. Je ne suis pas trop exigeante ni quoi que soit, so do you. Et c’est bien là le souci. On passe notre temps à culpabiliser à cause de ces bites molles, à nous remettre NOUS en question. So girls, get your shit together and… be patient. Simplement.

Love,

Une fille perchée

Tinder : l’application qui rend barjo

Moi à l’assaut de la populace tinderienne

D’après les chiffres de l’INSEE, environ 7 personnes sur 10 sont sur taindé. Ok, je viens de l’inventer, mais t’y a cru. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu connais plus de potes qui ont l’appli d’installée sur leur smartphone (en première page souvent) que le contraire. C’est coolos, c’est funny, bref c’est la boîte de chocolats parfois périmés de Forrest Gump : tu sais jamais sur quoi tu vas tomber.

Moi et mes potes quand on compare nos plus belles prises

Tinder, ce monde merveilleux (lolilol)
D’abord, tu ris beaucoup. Que ça soit quand tu reçois le superlike de Pierre-André-qui-fait-peur-dans-sa salle-de-bain sous lumière jaunâtre avec sa chaîne en argent (et gros plan sur ses cheveux plein de gel si tu es chanceuse) aux screenshots que tu partages allègrement avec tes potes façon contrebande de cartes Panini à la récré. Mais Tinder, c’est surtout des chouettes rencontres que tu n’aurais jamais pu faire autrement. Grâce à la petite flamme j’ai ainsi pu, entre autres : prendre un bain de minuit avec un Espagnol, faire une session peinture avec un neuropsychiatre, me balader à Madrid avec un Vénézuelien, découvrir le Kansas avec un Palestinien (???), rencontrer Bastien et Charles (devenus d’excellents potes), faire un dîner Erasmus avec un Syrien, etc (liste non exhaustive). Bref, autant dire que Tinder, question roulette russe, ça se pose là.

Tellement moi (et toi aussi)

Tinder, je t’aime moi non plus
Non mais Tinder je l’ai désinstallé, ça m’a soulé. Ça prend trop de temps, faut faire la discussion et tout, et puis il n’y a que des cassos. J’ai laissé tomber, j’ai pas la tête à ça en ce moment. J’ai pas besoin d’une appli pour rencontrer des gens. Je préfère sortir. 100% des gens qui ont déclaré ces propos m’ont envoyé une semaine plus tard « j’ai un rencard avec ce mec Tinder samedi prochain, mais je sais pas trop… t’en pense quoi ? ». Ce que j’en pense ? Que tu es comme tout le monde. Tantôt tu t’auto-saoule avec ta détermination à trouver une pépite d’or à force de remuer la vase, tantôt tu te dandine les pupilles dilatées devant ce mec digne d’une publicité Invictus. Finalement, le résultat est le même : tu finiras toujours par swiper machinalement en matant Netflix, à lever les yeux au ciel à chaque « hey ! » et à glousser quand, au bout du compte, quelqu’un arrive à te sortir une blague pas trop dégueu. Parce que c’est plus fort que toi, tu jetteras toujours un oeil à l’appli lorsque tu es dans une nouvelle ville (pour une étude sociologique officiellement, pour jauger le potentiel de la faune officieusement).

Ma vision de Tinder

Tinder, champion du monde de la frustration géographique
Juillet et août, ces mois formidables où tout le monde se balade à droite à gauche avec sa puce son GPS Tinder allumé. Et vas-y que je flashe sur le sublime Thibault-à-3km un jour, Thibault-à-300km le lendemain (RTT expirés, retour à l’open-space parisien obligé). De même, entre les touristes de passage (coucou Paris et Nice), les trop beaux partis (coucou les business traveller) et les bagpackers (coucou les pics de randonnées en Amérique du Sud), pas facile de cibler le bon gibier. Si en plus de cela on souligne le fait que Tinder c’est 87% de matière grasse (traduction : les mecs qui veulent que des plans fesses), autant dire que tu as tout intérêt à avoir la patience d’un moine bouddhiste. C’est ainsi qu’en toute innocence je me suis rendue jeudi dernier à un Tinder date à Nantes. J’avais pourtant pris soin de passer le terrain au peigne fin : Alphonse, prof d’histoire sans histoires, mais surtout sans photos de voyages. Début de soirée : Alphonse m’apprend qu’il vit à Dunkerque et qu’il rêve d’être prof à l’étranger. Fin de soirée : on est scotché façon vieux couple qui se connaît depuis toujours. FAIL.

Le stalking et moi (si j’avais une moustache)

Tinder, ce nouvel outil pour stalker
Après un week-end main dans la main à Nantes, Alphonse part en Écosse, prochaine étape de ses vacances avant la rentrée. Les « au revoir » sont dignes d’un film romantique. J’ai le coeur gros, lui aussi. Le début d’une belle histoire ? Les jours passent et monsieur le prof m’envoie des sms. Joie et espoir : même à 900 km il pense à moi. Du coup, je vais sur son profil Tinder pour zieuter sa frimousse. Mais mais… il a modifié sa bio ? Ok il a rajouté trois pauvres mots mais… qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu’il a modifié ses photos aussi ? Pourquoi prend-il la peine de garder contact avec moi si c’est pour chasser en terre de Mel Gibson ? Bien sûr je me suis bien gardé de partager cette info gênante sur l’homme-de-ma-vie-qui-s’ignore (traduction : j’ai envoyé un message groupé à tous mes potes pour comprendre le pourquoi du comment). Résultats des courses, la moitié d’entre eux me conseille de l’oublier quand l’autre moitié m’incite à mettre les pieds dans le plat et lui demander ce qu’on est. Quelque chose me dit que pour le stalking ou pour la chasse, ma liaison est Tinder n’est pas finie. Affaire à suivre…

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… d’accepter son âge

Non non aucune identification, je ne sais pas de quoi vous parlez

« De 20 ans à 30 ans. C’est la période où toute ta vie se décide ». Je me rappelle encore ce jour où un ami m’a dit ça. Sur le coup, cette petite phrase m’avait fait pas mal réfléchir. Même si en soi, elle résume le même discours qu’on nous martèle depuis qu’on est venu au monde : « Arrête de te plaindre, tu es dans la meilleure période de ta vie (la jeunesse), profite ! ». Consciente de ça, j’en ai profité (j’en profite ?).

Une définition de la « jeunesse »
Question chiffres, c’est pourtant bien vague. À partir de quand, dans les faits divers par exemple, faut-il écrire « une femme victime de… » et non pas « une jeune femme victime de… » ? Jusqu’à quel âge peut-on parler de « jeune maman » ? Passe-t-on directement au stade « vieillesse » une fois passée « la jeunesse » ? Et puis d’un point de vue beaucoup plus philosophique, jusqu’à quand pourrais-je porter des crop top et des jupes (un poil) trop courtes sans qu’on ricane sur mon passage ?

Moi quand je regarde mes grosses cernes de vioque dans le miroir

Le choc des 27 ans
20 ans. Le seul et vrai cap dans la vie qui marque le début des festivités (les 18 ans sont un leurre). Je papillonne joyeusement entre mes histoires de coeur et un avenir professionnel bordé de rêves. 25 ans. Fraîchement diplômée, j’évolue à Paris. J’encaisse mes premières désillusions, et ce, à tous les niveaux de ma vie. Pourtant, la fameuse crise du quart de siècle ne me frappe pas : j’en ai sous le capot. 27 ans. Je suis submergé. Pour la première fois de mon existence, je ressens la vitesse vertigineuse des 7 années qui se sont écoulées. J’ai l’angoisse au ventre devant tous mes échecs. Ma vie va de mal en pis : pas de boulot (je suis retournée vivre chez mes parents), plus d’appart, pas de mec. Bref, je suis en PLS. J’ai qu’une envie : m’ouvrir les veines et les badigeonner de javel. Je me sens comme un sachet de gruyère à peine ouvert et verdoyant avant l’heure (de péremption).

L’angoisse de l’âge
Je développe des névroses digne d’un film de Shyamalan. Je checke systématiquement (ou presque) l’âge des nouveaux acteurs/actrices à succès ou des gens en croisant les doigts mentalement pour qu’ils soient plus jeunes que moi (ou du même âge). La panacée ? Quand je découvre qu’une actrice carrément swag est un peu plus vieille. Et puis il y a tous ces films où les protagonistes, dans la trentaine, un peu looser mais attachants, s’épanouissent malgré leur grand âge. La preuve que ma vie n’est pas finie et qu’il suffit de LA rencontre, quelques secondes, pour ne pas finir vieille-folle-aux-chats-jusqu’à-crevaison. En attendant, j’évite de demander l’âge des gens en soirée comme avant. Par crainte d’un « et toi ? », vous l’aurez compris (réconfort ceci dit, je ne suis pas tombée dans le mortifère « tu me donnes quel âge hi hi ? »). Quant à sortir avec un mec plus jeune, inutile d’y penser, même s’il n’est question que de quelques mois (raisonnement de vieille conne t’as vu). Reste que rien n’est plus rassurant qu’une discussion avec un collègue de galère du même âge, essayant, lui aussi bien péniblement, de trouver les bonnes pièces au puzzle de sa vie. Un peu comme lorsqu’à l’école on te distribue une sale note mais que ouf, tu n’as pas la pire note de la classe.

L’horloge biologique : tic… tac… tic…
Chacun son choc. Perso, c’est quand j’ai su que j’allais être marraine du premier enfant de mon frère (30 ans), fiancé à une nana plus jeune que moi (bon d’accord de 7 mois). Un bombe qui m’a rappelé l’épisode des 30 ans de Rachel dans Friends. Déprimée, Rachel réalise que niveau timing elle a interêt à rencontrer l’homme de sa vie maintenant là tout de suite si elle veut concrétiser ses plans de vie : se marier avant d’avoir ses trois enfants. Ironie du sort, me voilà en 2017 à me poser la même question. Car oui, moi aussi je veux me marier et avoir trois mouflets. Problème : si on additionne ma situation géographique instable (en lien avec une reconversion professionnelle en zigzag) à la phobie viscérale des hommes à vouloir s’engager, autant dire que j’ai encore beaucoup de nuits à regarder le plafond devant moi.

Quand je réfléchis à la dimension inexorable du temps qui passe (grosse ambiance)

Oublier les échecs, valoriser les expériences
Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dis que j’avais le choix : ruminer sur mes regrets, mes échecs, m’écrouler sous le poids des « et si… ? » (« Et si j’avais choisi ces études-ci plutôt que celles-là ? » ; « Et si je n’avais pas perdu autant de temps avec ce type ? »). Ou accepter quelque chose que je ne peux de toute façon pas changer : mon âge. Ok, je ne suis pas là ou j’aurai aimé être dans ma vie. Mais est-ce que j’ai perdu mon temps pour autant ? Certes, j’ai passé 3 ans et demi dans une relation toxique. Mais je n’ai jamais autant appris sur moi-même que durant cette période-là. Certes, j’ai vécu la pire expérience de ma vie professionnelle sur la Côte d’Azur. Mais j’ai aussi réalisé un rêve : participer au Festival de Cannes. J’ai vécu dans 3 villes, j’ai réalisé 3 merveilleux voyages en solo aux USA, je me suis fais des nouveaux amis. Mieux que ça : j’ai relevé des challenges et je me suis étonnée moi-même.

Quand j’essaye de faire taire mes angoisses intérieures (manière douce)

Accepter le temps qui passe
Bref, ça va beaucoup mieux et je suis très heureuse, allez, bonne journée ! évitons les bullshit, accepter le temps qui passe, ménager ses frustrations, ses échecs et le chou est un travail personnel de tous les jours. Certains jours j’y arrive, d’autres pas. Dans tous les cas, je reste 7 jours sur 7 convaincue d’une chose : lutter contre une angoisse (son âge) mobilise négativement une énergie qui pourrait être utiliser dans quelque chose de plus constructif (comme apprendre le point de croix PTDR). Reste cette prière de la Sérénité de Marc-Aurèle (utilisée chez les Alcooliques Anonymes soit dit en passant) qui m’inspire au jour le jour : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence. » Amen.

Love,

Une fille perchée

De la difficulté… de gérer son appétit

« Peinture morte de ma vie sexuelle », huile sur toile, 2017. France.

Si tu as ouvert cet article dans l’espoir d’y trouver des astuces bikini et autres tips coupe-faim, rassures-toi, tu as bien fait. Puisqu’on va parler gestion d’appétit sexuel (déso pas déso), ou comment ne pas devenir zinzin qu’on tu as une fourmilière qui te chatouille le bas des reins (prix de la poésie contemporaine 2017).

État des lieux (image non contractuelle)

La Honte et la Faim (prix Goncourt)
La Prude que je suis (et oui faut pas croire) se dandine toujours un peu, mal à l’aise, quand mes hormones commencent à crier famine. Et quand je réalise que ça fait « seulement » 1 mois que je n’ai pas ravitailler la bête du Gévaudan (qui a décrété que ça devait être un petit animal mignon ?), j’ai littéralement eu envie de cacher mon visage dans mes mains. C’est plus fort que moi : je me sens sluty, horny, voire carrément sale d’avoir de telles envies, surtout quand mon projet sentimental (trouver l’homme de ma vie – je suis une fille modeste) ne colle pas forcément avec le dessein de la Bête, qui, elle, a juste envie de frotti-frotta, de danser collé-serré avec un petit camarade sur du Francky Vincent.

Un Tinder guy avec des potatoes et un McFlurry SVP
Pour beaucoup, le période de « vaches maigres » n’existe pas. Ma foi, si toutes ces appli de fast food sexuel (poke Tinder) existent, c’est bien pour remédier à la faim (sexuelle) dans le monde non ? Certes. Sauf que l’idée d’échanger ses fluides corporels avec le premier venu (plaisir d’offrir), de coller ses muqueuses à celles d’un parfait inconnu ne m’émoustille pas des masses, désir volcanique ou pas. Parader en tenue d’Eve, exposer ses petits boutons d’épilation foireuse, faire gigoter sa peau d’orange ou encore s’asseoir sur le visage de « Manu-32 ans-à-3-km-de-vous » ne m’excite pas davantage. En clair, je fais partie de ces femmes qui ont besoin de confiance pour faire crac-crac mais surtout pour s’accrocher aux rideaux.

Me: I want to wait my soul mate, to make love with my person
Also me: fuck a Tinder guy

Le conflits d’intérêts de la zone génito-cérébral (selon Bernard-Henri Lévy)
Cerveau VS hormones. La guerre ouverte. »On commence toujours par convoiter ce qu’on a sous les yeux » dit Hannibal Lecteur dans le Silence des Agneaux. Vrai. C’est fou comme ce cher Charles (que j’ai friendzoné il y a quelques mois alors que j’étais repus) me parait attirant ce soir. Mmmh… j’en ferais bien mon quatre heures. Non. Oui. NON. Et son torse ? Tu as vu son torse ? Est-ce qu’il est vraiment attirant ou est-ce que ce sont les hormones qui parlent ? Le manque, c’est comme l’alcool. Ça rend tout le monde plus beau, plus désirable, ça file des parasites à mon radar. Du coup, tous les individus masculins semblent naturellement parés d’un beau filtre Instagram, même si en réalité on est plus proche du filtre Snapchat un peu dégueu.

Ne me juge pas Oprah stp

La tentation de reprendre un vieux sex friend
Il est là, tout chaud, tout près, il n’attend que ça. C’est confortable comme le vieux pyjama en pilou-pilou de chez Papa et Maman. Problème : tu as travaillé des semaines et des semaines à « revirginiser » votre relation branlante, convaincue de pouvoir transformer en pote un sexfriend qui n’attend qu’une chose : être en couple avec toi (relation malsaine bonjour). Cerveau VS hormones, round 2. Que faire ? Utiliser ce « bon copain » pour assouvir un besoin physique (mais faire taire sa conscience être une lady et le prévenir avant) ou jouer la carte de l’élégance, soit renoncer à cette « main » tendue par peur d’entretenir l’espoir chez le pauvre garçon ?

Moi quand j’essaye de distraire la bête du Gévaudan

Se faire l’amour à soi
Pour l’instant je n’ai pas céder aux hurlements déchirants de la Bête. En prude effarouchée que je suis, je m’auto-médique, ou plutôt je mise sur la solution placebo : l’amour propre (au littéral comme au figuré). C’est beau comme du Romantisme du XVIIIème siècle, même si en vrai, je rêve plus de Saderies en bonne et dû forme. De nature généreuse, je (me) donne sans attendre en retour, 7 jours sur 7, certaine de ne pas être déçue de la marchandise, et ça vaut le coup : orgasme garanti en moins de 10 minutes (pour 9 femmes sur 10, test clinique). Qui dis mieux ?

Love,

Une fille perchée